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Les Pépites vertes, le média des jeunes qui veulent bosser pour la planète

CLIMAT Claire Pétreault a créé un média, Les Pépites vertes, afin de valoriser l'action de jeunes professionnels en faveur de l'environnement 

E. C.
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Avec Les Pépites vertes, Claire Pétreault tend le micro aux jeunes professionnels engagés.
Avec Les Pépites vertes, Claire Pétreault tend le micro aux jeunes professionnels engagés. — Claire Pétreault

Ils sont éco-anxieux mais ne savent pas par où commencer. Selon une étude réalisée par OpinonWay pour 20 Minutes et AXA Prévention, les 18-24 ans sont seulement 57 % à penser que chacun a un rôle à jouer dans la lutte contre le réchauffement climatique. De toutes les tranches d’âge, ils sont ceux qui doutent le plus de leur capacité à être acteurs de la transition écologique. Paradoxal ? Pas tant que ça. « Les étudiants se sentent mal outillés. Et surtout, ils ne se sentent pas légitimes, c’est le mot qui revient tout le temps », analyse Claire Pétreault. Pour les aider à s’orienter, cette entrepreneuse de 26 ans a fondé Les Pépites vertes, un média qui donne le micro aux jeunes professionnels engagés.

Comment décrocher un job au service de la transition écologique ? Faut-il aller dans un grand groupe ou une start-up ? Dans le public ou le privé ? Les questionnements se multiplient au moment d’entrer sur le marché du travail, constate la créatrice des Pépites vertes : « Notre ambition est de montrer qu’il y a une multitude d’options et qu’on n’est pas obligé de travailler dans une asso ou une ONG pour avoir un impact ». Depuis un an, à travers un podcast, des vidéos et des articles, elle met donc en lumière des jeunes actifs qui se bougent partout en France.

« On ne créera pas un monde résilient si on est tous CEO de start-up »

Il y a par exemple Alexandre, artisan boulanger engagé en Loire-Atlantique et Marine, cheffe de projet à Arcachon, dans une entreprise qui veut décarboner le transport maritime grâce à une aile de kite-surf. Ou encore Théophile, 21 ans : « Il a abandonné sa formation en ferronnerie d’art pour se lancer dans une alternance au sein de la Ligue pour la protection des oiseaux à Angers, où il a signé son CDI, raconte Claire Pétreault. J’adore cette trajectoire : il représente une certaine maturité et une audace vraiment admirable à son âge. »

Le défi ultime des Pépites vertes ? Prouver que le secteur peut être accessible à tous. « On ne créera pas un monde résilient si on est tous CEO de start-up ! », clame Claire Pétreault. Salariés de grandes entreprises, de PME, fonctionnaires, artisans… « On a la volonté de montrer des parcours très différents. Il y a beaucoup de personnes issues de grandes écoles dans ce secteur, reconnaît-elle. On contrebalance donc en allant chercher activement d’autres formations comme des BTS, des IUT, des universités, voire des gens qui n’ont pas le bac. » Pour faciliter l’orientation pro, le site met à disposition un annuaire qui permet de trier les témoignages par type d’entreprise, formation et secteur : énergie, biodiversité, éducation, finance, agriculture…

Concrétiser le sentiment d’urgence

L’enjeu est aussi de « donner la parole à une jeunesse qui n’a pas d’espace médiatique pour la prendre », estime Claire Pétreault. « Il y a un vide de discussion entre les générations en ce moment, qui fait que personne ne se comprend ». Côté aînés, le sentiment d’urgence exprimé par les jeunes est parfois minoré, balayé d’un revers de main. Et chez les jeunes, « il faut aussi travailler la patience, car dans l’urgence, on ne prend pas forcément les bonnes décisions ».

« Parfois j’ai le sentiment qu’on est foutus, poursuit-elle, mais l’instant d’après, je vois tous ces personnes qui s’activent dans leur taf et je me rends compte qu’on en train de faire tout ce qu’on peut. C’est dans l’action qu’on peut surmonter tout ça ! » C’est justement l’objectif des Pépites vertes : « montrer qu’on peut agir concrètement, sans greenwashing, et être payé pour ça ». De quoi se retrousser les manches, et mettre KO le sentiment d’impuissance.