Nice : Les footballeurs de la Côte d’Azur doivent-ils s’inquiéter après le home-jacking de Mario Lemina ?

CAMBRIOLAGE « Pour ce qu’ils représentent, ils sont une cible pour les malfaiteurs », analyse le procureur après le vol dans la villa de Mario Lemina, le milieu de terrain international de l'OGC Nice

Elise Martin
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Les joueurs de l'OGC Nice pendant un entraînement fin juillet 2021 (Illustration)
Les joueurs de l'OGC Nice pendant un entraînement fin juillet 2021 (Illustration) — L. Urman / Sipa
  • Après le cambriolage qui a touché le milieu de terrain Mario Lemina mais aussi ceux dont ont été victimes des joueurs parisiens ou marseillais, 20 Minutes fait le point sur la situation sur le Côte d’Azur.
  • Karine Jouglas, secrétaire départemental d’Alliance police nationale 06, donne ses conseils de prévention, préconisant notamment de ne pas trop s’exposer sur les réseaux sociaux et d’installer un bon système de sécurité.
  • Dans ce domaine, Julien Diane, gérant de Paca sécurité, partage son expérience sur ce qu’il est, selon lui, nécessaire d’avoir quand on possède une villa de luxe.

Depuis le début de l’année 2021, quatre joueurs du PSG ont été victimes de home-jacking. Une pratique qui consiste à cambrioler le domicile alors que le propriétaire, ou d’autres personnes, se trouvent à l’intérieur. C’est de cette manière que trois hommes ont agi dimanche soir, dans la résidence du milieu de terrain de l’ OGC Nice, Mario Lemina, dans les collines de la ville. Armés et cagoulés, ils se sont introduits chez le joueur absent, parti disputer un match en sélection nationale du Gabon pour la Coupe du monde 2022. Les malfaiteurs ont ligoté les personnes présentes avant de dérober 400.000 euros de biens de luxe, selon les premiers éléments de l’enquête de la police judiciaire de Nice.

Ce mode opératoire est courant. C’est ainsi que les cambrioleurs des joueurs parisiens ont procédé. Et que d’autres à Marseille s’en sont pris aux sportifs de l’OM. Ce sont d’ailleurs les deux équipes les plus ciblées en France d’après un article du Monde. « Les footballeurs, pour ce qu’ils représentent, sont évidemment une cible pour les malfaiteurs », constate Xavier Bonhomme, procureur de la République de Nice.

La Côte d’Azur réputée pour son luxe

Karine Jouglas, secrétaire départementale du syndicat Alliance police nationale 06, analyse : « Que ce soit des sportifs ou n’importe quelle activité qui peut attirer la convoitise, il faut avoir des réflexes de prévention contre ce genre d’événements. » Notamment dans la région. « La Côte d’Azur est réputée pour ces établissements de luxe, que ce soient les hôtels, les commerces ou les résidences. C’est un lieu très attractif, il est alors nécessaire de faire attention. »

D’un point de vue « police », elle indique qu’il y a « des éléments à prendre en compte », comme « ne pas afficher des signes de richesses sur les réseaux sociaux, qui peuvent susciter l’envie et ne surtout pas communiquer son adresse ou là où on se trouve. On peut même différer les posts qu’on veut publier ». Et aussi « inviter les propriétaires à ne conserver que très peu d’objets de valeurs chez soi et mettre, par exemple, de l’argent dans un coffre » ainsi que « placer des traceurs sur les véhicules de luxe ». Sans oublier de « ne pas s’arrêter devant chez soi si on a l’impression d’être suivi et se rendre au commissariat ou la gendarmerie la plus proche », et « de mettre en place un système de surveillance efficace ».

Les boutons « panique » comme solution au home-jacking

Julien Diane, gérant et président de Paca sécurité, est un connaisseur en la matière. Il a fait une carrière dans la sécurité en région parisienne avant de s’installer dans le Sud. Depuis la création de sa boîte en 2017, il a posé des systèmes de sécurité dans « une quarantaine de villas ». « On travaille beaucoup avec les résidences de luxe, il y a de quoi faire sur le territoire », précise-t-il. Pour lui, l’essentiel c’est « anticiper la sécurité ». Pour ça, les éléments de base sont d’avoir « un interphone connecté qui enregistre les images et d’avoir un bouton panique dans toutes les chambres ». Cet outil sans fil ou directement sur le téléphone permet « de déclencher une sirène d’alarme et en parallèle prévenir le centre de contrôle de sécurité qui peut demander aux forces de l’ordre d’intervenir ».

Pour les villas, « c’est 15 à 20 caméras de surveillance, il n’y a pas de limite. On peut même ajouter une protection périmétrique avec des barrières infrarouges ou alors des panics room et des générateurs de brouillard qui recouvre 80 m2 en huit secondes. » L’intérêt de ce gadget ? « On ne vole pas ce qu’on ne voit pas », affirme le gérant de la société. « Pour un système haut de gamme, ça peut aller de 30.000 à 100.000 euros, indique-t-il. Peut-être que celui du joueur de football n’était pas opérationnel à ce moment-là. Dans ce cas, j’invite vraiment à mettre en place les boutons panique qui peuvent sauver les victimes de home-jacking. »

Sur la Côte d’Azur, le parquet de Nice n’a « pas connaissance d’antécédents » de cas de cambriolages similaires chez des sportifs. Excepté « Dolberg, mais c’était différent ». L’attaquant danois de l’OGC Nice avait été victime du vol de sa voiture puis d’un cambriolage alors qu’il était en sélection nationale pour disputer la Ligue des nations en septembre 2020. Contactée par 20 Minutes, la direction du club n’a pas commenté.