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Les idées reçues sur le dopage: les cyclistes font des pompes la nuit

Les idées reçues sur le dopage: les cyclistes font des pompes la nuit

DECRYPTAGEEntre mâchoires qui se déforment et clitoris géants, l'hématologue Gérard Dine, éminent spécialiste du dopage, revient chaque jour sur les petites et grandes légendes urbaines de la triche médicamenteuse. Aujourd'hui, les insomnies des cyclistes...
M. Go.

M. Go.

Le témoignage a fait froid dans le dos. Dans son livre «Secret Défonce» qui a secoué le peloton en 2000, le cycliste Erwan Menthéour racontait comment «certains athlètes étaient obligés de se lever la nuit et de faire des pompes pour mantenir leur activité cardiaque à un niveau suffisamment élevé» à cause de la charge à l’EPO. Faire du sport en chambre afin de ne pas voir son cœur «exploser», la vie des cyclistes est-elle si compliquée que cela?

Mercredi sur 20minutes.fr, EPO et mode des cheveux péroxydés...


Toutes les idées reçues sur le dopage dans notre dossier


Alors docteur? «C’est tout à fait vrai. Ces problèmes sont apparus avec le dopage sanguin dans les années 90, et en particulier à cause d’une mauvaise utilisation de l’EPO. Ce produit augmente le taux de globules rouges (ce qui permet une meilleure oxygénation, ndlr) et donc la viscosité du sang, ce qui complique sa circulation. Du coup, les sportifs à qui on en injectait trop connaissaient des poussées de tension artérielle. Il fallait donc réguler la tension en pratiquant une activité physique continue (même la nuit en pratiquant du vélo d'appartement par exemple) et en avalant des anticoagulants comme l’aspirine.


Au début du dopage par transfusion, certains médecins se sont comportés en apprentis-sorciers. Ils apprenaient à utiliser l’EPO directement sur les cyclistes. Le pic de ce dopage irresponsable a été atteint en 1995 environ. Il a été largement pratiqué dans d’autres sports comme la course à pied. Des sportifs belges sont ainsi morts à cause d’un sang trop épais.»



Et maintenant? Dans les années qui ont suivi, les médecins ont appris à doser cette hormone et les nuits du peloton ont été plus calmes. A partir de 2000, cette EPO de première génération a peu à peu été remplacée par des produits plus aboutis, comme le Dynepo. Aujourd’hui, la mode est à la CERA, une EPO de synthèse de troisième génération dont la durée de vie est beaucoup plus longue, ce qui permet d'espacer les injections. C’est cette EPO qu’a utilisée Ricco, le cobra au venin frelaté, l’année dernière sur le Tour. Ces produits high tech, très difficilement détectables dans le sang, ont bien sûr bénéficié de l’expérience des nuits agitées du cobaye Menthéour qui écrivait à l’époque: «Si l'on m'avait dit: pour finir dans les cinq premiers du Tour de France, tu dois boire un litre de gazole par jour, je l'aurais fait.»