JO Tokyo 2021: Bras levés au ciel pour une 2e place, comment Van Vleuten a signé le plus beau fail de ces débuts de JO

CYCLISME La Néerlandaise, favorite de la course olympique en ligne en cyclisme sur route, ignorait qu’une coureuse avait déjà franchi la ligne quand elle a terminé sa course

W.P
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On tient le fail de ce début de JO 2021
On tient le fail de ce début de JO 2021 — Alex Broadway/SWpix.com/Shutters/SIPA

Les bras en croix, Anna Kiesenhofer suffoque et pleure de joie après avoir franchi la ligne d’arrivée au ralenti. Les yeux rivés vers le ciel, la nouvelle championne olympique de cyclisme sur route est seule dans son monde. Pour le peloton, elle n’existe pas. Littéralement. Si bien que, quand Annemiek Van Vleuten arrive à son tour, une minute et des brouettes plus tard, elle lève les bras, sûre de sa victoire. Un peu plus loin, elle sera félicitée par son staff et des adversaires. Le peloton croyait que cette légende du cyclisme, à qui il ne manque qu’un titre olympique, venait de réaliser son rêve. Sauf que non.

« Je ne savais pas, apparemment j’avais tort », a déclaré Van Vleuten à la télévision néerlandaise. Et de poursuivre : « j’ai des sentiments mitigés. Je suis fier de ma médaille olympique, car je n’en avais pas encore. J’ai fait une bonne course. » Mais la clim' est quand même là.

Pas d’oreillettes et un scenario fou

Deux éléments-clés peuvent expliquer ce fail total de Van Vleuten – et du reste du peloton. Le premier, c’est que les oreillettes sont proscrites des courses olympiques. On court à l’ancienne, avec les joies et désagréments que cela implique. C’est peut-être ce qui peut expliquer l’attentisme des Néerlandaises très (trop) attendues à l’arrière de la course et coupables d’avoir laissé trop d’avancer à un groupe de trois coureuses, dont Kiesenhofer, qui a fini par planter une banderille victorieuse à 40 bornes de l’arrivée.

On en vient au second point. Distancées, les deux partenaires d’échappée de l’Autrichienne ont fini par être reprises par le peloton, après quoi la fin de course s’est soudain animée. Juliette Labous a ouvert les hostilités avant d’être contrée par l’armada oranje. Avec du recul, cette lutte remportée par Van Vleuten suscitait trop d’enthousiasme pour n’être qu’un combat pour l’argent dans l’esprit des coureuses. Mais la Néerlandaise devra s’en contenter. Malgré son palmarès de Martienne, elle saura sûrement le faire. Il y a cinq ans, à Rio, elle abandonnait la course olympique sur une chute affreuse. Elle a donc vu pire.