JO Tokyo 2021 : Le show Aït-Saïd, ce bon vieux Pita et la flamme allumée par Osaka, on vous raconte la cérémonie d’ouverture

JEUX OLYMPIQUES La première cérémonie à huis clos de l’histoire des JO n’a pas empêché les athlètes de profiter du moment

Julien Laloye
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La délégation française à son entrée dans le stade olympique de Tokyo, le 23 juillet 2021.
La délégation française à son entrée dans le stade olympique de Tokyo, le 23 juillet 2021. — Odd ANDERSEN / AFP
  • Naomi Osaka a allumé la flamme olympique au stade Olympique un an après la date prévue.
  • D’abord plus sobre que d’habitude, la cérémonie d’ouverture s’est lâchée sur la fin malgré le huis clos.
  • Quatre-vingts athlètes tricolores ont pu défiler derrière Clarisse Agbegnenou et Samir Aït-Saïd, les deux porte-drapeaux de l’équipe de France.

De notre envoyé spécial à Tokyo,

Cinq ans ont passé depuis que Shinzo Abe faisait le mariole habillé en Mario à la cérémonie de clôture des Jeux de Rio pour prendre le relais de la flamme olympique. Le Premier ministre japonais a été renvoyé chez lui entretemps, et il devait s’en féliciter vendredi soir devant sa télé.

Traditionnellement festive, la cérémonie d’ouverture des JO de la pandémie s’est presque cachée pour avoir lieu, même si le défilé des 206 pays représentés a ramené un peu d’innocence, comme les animations technologiques sur la fin. Mais voir ces 6.000 athlètes, pourtant heureux comme des gamins, saluer des tribunes aussi vides que silencieuses – 900 invités et un peu plus de 3.000 accrédités sur un stade de 68.000 places –, quelle tristesse. On vous résume ce qu’on a vu en direct du stade olympique.

Une manifestation hostile devant le stade

On s’est amusés à regarder un peu les passants pendant notre long trajet en bus depuis le centre des médias jusqu’au quartier de Yoyogi, où a été rénové le vieux stade olympique. Résultat ? Beaucoup d’indifférence, un bras d’honneur, quelques coucous, et un petit gamin trop content de nous voir avec son drapeau des JO 2020. Ce fut une petite surprise, donc, de voir plusieurs centaines de personnes massées devant les grilles, pour dire leur mécontentement d’accueillir ces JO en plein état d’urgence sanitaire. Un brouhaha clairement audible une fois à l’intérieur lors des rares temps morts musicaux.

La musique justement

Si l’on avoue sans problème une faillite totale de connaissance sur la culture manga/jeux vidéo japonais, il semblerait que la bande originale de la cérémonie a particulièrement plu aux amateurs, qui ont distingué un grand nombre de références à leurs titres préférés : Final Fantasy, Kingdom Hearts, Monster Hunter, Sonic… Comme quoi virer le compositeur principal et le directeur de la cérémonie deux heures avant le gong n’a pas eu de conséquences trop fâcheuses, encore que la mièvrerie Imagine pour la 25 millième fois, bon, faut pas être trop regardant.

LA bonne idée

Difficile de présenter une vision objective d’un show de presque quatre heures, mais disons que dans la montée en pression de la cérémonie, d’abord très sobre et puis plus inventive sur la fin, on a particulièrement apprécié l’idée du Times Up version JO, avec deux figurants chargés de faire « deviner » chacun des 50 sports olympiques en un minimum de temps. De quoi réveiller les âmes après le discours soporifique de Thomas Bach. La terre dessinée dans le ciel de Tokyo par 1.800 drones valait aussi le détour, évidemment.

Le point fashion police

L’interminable défilé des athlètes, qu’on a suivi d’un œil, a permis encore une fois d’apprécier la diversité des tenues imaginées par les différentes fédérations. Si on a toujours un petit faible pour les nations qui assument leurs racines, notamment en Afrique, il va de soi qu’on est plutôt ici pour dire du mal. Donc, comment passer sous silence le vert clair caca de pigeon de la délégation allemande, ou cet immonde camembert Trivial Poursuit sur le ventre imaginé par Emporio Armani pour la délégation italienne ? Mention également à la tenue rose Desigual de la Belgique. Qui ? Comment ? Pourquoi ? Le coupable mérite un châtiment exemplaire.

L'équipe italienne qui défile au stade olympique de Tokyo.
L'équipe italienne qui défile au stade olympique de Tokyo. - David J. Phillip/AP/SIPA

Pita et son problème d’huile de Jojoba

L’inoubliable Pita Taufatofua, porte-drapeau des Tonga qui avait fait fondre les murs de convention à Rio, n’a pas pris de gras pendant l’olympiade. Et après s’être habillé un peu plus chaudement pour les Jeux d’hiver 2018, pour lesquels il avait réussi l’exploit de se qualifier en ski de fond, Pita a remis la main sur son pot d’huile de Jojoba. Dommage d’avoir été privé des cris hystériques du public japonais à son entrée, ça aurait valu son pesant de cacahuètes.

Et nos Bleus dans tout ça ?

On a attendu un moment avant d’apercevoir nos deux porte-drapeaux Clarisse Agbegnenou et Samir Aït-Saïd, puisque la nation qui accueille les JO suivants ne défile qu’en avant-dernière position, juste avant le pays hôte (et derrière les Etats-Unis, dans le cas présent). Soulignons la belle mobilisation de nos athlètes, qui ont défilé à plus de 80 malgré le contexte – une partie de la délégation n’a pas encore été autorisée à venir au Japon – et pour certains des compétitions qui commencent dès le samedi matin tôt. Le gymnaste Aït-Saïd fait partie de ceux-là, mais ça ne l’a pas empêché de claquer un salto du plus bel effet en passant.

Bonus track : La flamme olympique allumée par Naomi Osaka

Son nom était cité parmi les favorites dans la presse locale, et le décalage au lendemain de son premier tour en tennis sentait le gros indice qui tâche. La numéro 1 mondiale, qu’on avait quittée épuisée mentalement à Roland-Garros au point de se retirer du tournoi au deuxième jour, a retrouvé un pays qui l’aime et un rôle prestigieux : il est très rare que le veinard qui allume la flamme en dernier soit un sportif en activité.