XV de France : Les Australiens « vont essayer de nous faire mal » assure Fabien Galthié, à la tête d’une sélection bricolée

RUGBY Le XV de France, très remanié et inexpérimenté, affrontera ce mercredi l’Australie à Brisbane, pour le premier des trois tests d’une tournée de tous les dangers

Nicolas Stival
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Malgré les apparences et les circonstances, Fabien Galthié ne va pas reprendre du service derrière la mêlée des Bleus.
Malgré les apparences et les circonstances, Fabien Galthié ne va pas reprendre du service derrière la mêlée des Bleus. — François Mori / AP / Sipa
  • Le XV de France présentera « la meilleure équipe du moment » ce mercredi à Brisbane, lors du premier des trois tests face à l’Australie.
  • Ce n’est pas faux, sachant que les Bleus en tournée en Australie sont privés de l’immense majorité de leurs cadres, blessés ou ménagés.
  • Sous la houlette du capitaine Anthony Jelonch, le talonneur Gaëtan Barlot et l’arrière Melvyn Jaminet feront leurs grands débuts en Bleu comme titulaires. Cinq autres néophytes commenceront comme remplaçants.

Trois matchs à jouer en dix jours à l’autre bout du monde, au terme d’une saison spécial Covid et avec une équipe B, voire C. Posée comme ça, l’équation du XV de France en Australie est du genre insoluble. Ce lundi matin (en France), à l’avant-veille du premier test face aux Wallabies, le sélectionneur Fabien Galthié et le manager général Raphaël Ibañez ont toutefois fait bonne figure lors de la visioconférence de presse.

Depuis l’hôtel de Sydney où ils terminent la quatorzaine entamée depuis leur arrivée au pays de Nicole Kidman et Nick Kyrgios, Galthié a ainsi salué « la meilleure équipe du moment ». Alors que 21 non capés constituent cette délégation de 41 joueurs, privée des finalistes du Top 14 toulousains et rochelais, des blessés et des ménagés (Ollivon, Fickou, Serin, Haouas, Vakatawa, Willemse…), seuls deux bizuths débuteront à Brisbane, que les Bleus rallieront dès mardi : le talonneur Gaëtan Barlot (Castres) et l’arrière Melvyn Jaminet (Perpignan).



« Gaëtan a fait une très, très belle saison avec le CO après avoir été déjà très performant à Colomiers, a salué le patron des Bleus. Melvyn a explosé avec l’Usap en Pro D2 et il confirme son potentiel aux entraînements depuis deux semaines comme Gaëtan. » Galthié a ensuite égrené les qualités des cinq « finisseurs » (que l’on appelait remplaçants il n’y a pas si longtemps) néophytes à ce niveau (Etrillard, Walcker, Falatea, Vanverberghe, Iribaren).

Une motivation à l’ancienne ?

Le message est passé : l’heure n’est pas à la pleurniche, même si le séjour sous cloche dans une Australie où le Covid se réveille ne fait pas franchement rêver. Avec une équipe ainsi bricolée, sans repères collectifs, les bonnes vieilles méthodes ont parfois du bon. Du style (en version expurgée) : « les gonzes d’en face nous prennent pour des peintres, on va leur prouver ce qu’on a dans le ventre. » C’est sans doute ainsi qu’il faut saisir la saillie du sélectionneur français au sujet des Australiens, « qui vont essayer de nous faire mal car ils s’imaginent qu’on est une équipe jeune un peu inexpérimentée et qu’on va les regarder jouer ».

Franchement, on est bien en peine de dire à quel niveau vont s’élever ces Wallabies, qui sortent d’un Rugby Championship 2020 équilibré (deux nuls contre l’Argentine, une victoire et une défaite face à la Nouvelle-Zélande). Mais ils seront clairement favoris, comme l’avoue sans peine Galthié, dans une sortie assez étonnante.

« Ce sont les joueurs qui ont décidé de poser cette phrase en accroche durant toute cette tournée, une phrase assez simple : "Parce que cette tournée est une opportunité de confirmer et de grandir, nous avons l’intention de tout donner parce que nos forces sont l’insouciance et la volonté du challenger. Nous avons tout à gagner." » Après vérification, Emile Coué n’est pour rien dans cette initiative. Malgré l’appel d’air créé par l’absence de nombreux cadres bleus, l’inventeur de la méthode éponyme n’a pas été sélectionné pour ce périlleux périple aux antipodes.