Tour de France 2021 : Poulidor en rêvait, son petit-fils Mathieu Van der Poel l’a fait

CYCLISME Le prodige néerlandais s’est imposé en patron ce dimanche dans la côte de Mûr-de-Bretagne, s’emparant au passage du maillot jaune qui avait fui son grand-père toute sa carrière

Jérôme Gicquel
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Mathieu Van der Poel s'est imposé ce dimanche au sommet de la côte de Mûr-de-Bretagne, s'emparant au passage du maillot jaune.
Mathieu Van der Poel s'est imposé ce dimanche au sommet de la côte de Mûr-de-Bretagne, s'emparant au passage du maillot jaune. — STEPHANE MAHE / AFP / POOL
  • Mathieu Van der Poel s’est imposé ce dimanche lors de la deuxième étape du Tour de France au sommet de la côte de Mûr-de-Bretagne.
  • Le prodige néerlandais s’est emparé au passage du maillot jaune, chipé à Julian Alaphilippe.
  • Il a rendu hommage à son grand-père Raymond Poulidor, qui n'avait jamais pu porter le maillot jaune.

De notre envoyé spécial à Mûr-de-Bretagne,

L’histoire est magnifique et va nourrir encore la légende du Tour de France. Quarante-cinq après la fin de carrière de Raymond Poulidor, décédé en novembre 2019, son petit-fils Mathieu Van der Poel lui a rendu le plus beau des hommages ce dimanche. Pour sa première participation sur le Tour, le prodige néerlandais s’est imposé en patron devant Pogacar et Roglic au sommet de la côte de Mûr-de-Bretagne, un doigt levé vers le ciel.

Il y avait bien sûr l’émotion de remporter sa première victoire d’étape sur la Grande Boucle. Mais il a surtout réussi à décrocher un maillot jaune qui avait toujours échappé à papy Poupou, l’éternel second mais maillot jaune dans le cœur des Français. « Tu peux imaginer un scénario comme ça mais le réaliser, c’est juste incroyable, a-t-il lâché en pleurs à l’arrivée. J’imagine comment il aurait été fier, on aurait fait une super photo ensemble. C’est tellement dommage qu’il ne soit pas ici avec nous ».

Une attaque pour grappiller des secondes, une autre pour atomiser tout le monde

Pour arracher son succès et déposséder pour huit secondes Julian Alaphilippe de sa tunique jaune, le prodige néerlandais a livré une masterclass tactique. Il a d’abord placé une première banderille dans la première des deux montées de la côte de Mûr-de-Bretagne pour empocher huit secondes de bonification. Dans la montée finale, il a ensuite remis le couvert à 600 mètres de la ligne d’arrivée, écœurant, comme Alaph’ la veille, tous ses adversaires.

« Je savais que c’était ma dernière chance aujourd’hui de m’emparer du maillot jaune et qu’il fallait pour cela aller chercher les secondes de bonification », a indiqué le coureur de la formation Alpecin-Fenix, estimant avoir couru « de manière assez opportuniste ». Le jeune Néerlandais avait aussi les cannes qui lui avaient fait tant défaut la veille dans la montée de la Fosse-aux-Loups. « Je n’étais pas à 100 % samedi et il y avait aussi peut-être un peu de stress, a-t-il assuré. Mais j’ai tout de suite senti aujourd’hui dès le début de l’étape que j’étais bien en jambes. »

Alaphilippe avait les jambes lourdes

A l’inverse, Julian Alaphilippe, qui avait atomisé tout le peloton samedi à Landerneau, a eu les guibolles lourdes. « Mathieu a été le plus fort tout simplement, il est allé chercher l’étape et le maillot jaune, et il le mérite », a indiqué le coureur français, pas plus déçu que cela de perdre sa tunique. « Je porte désormais le maillot vert, je crois que j’ai porté tous les maillots distinctifs depuis le début de l’épreuve », s’est-il marré à l’issue de l’étape.

Deuxième du général, le coureur français aura l’occasion de reprendre ce maillot jaune qui lui va si bien mercredi lors du chrono entre Changé et Laval, un exercice qu’il maîtrise bien mieux que son pote et rival néerlandais.