FC Nantes-Bordeaux : Pour des Girondins « faibles mentalement », c’est vraiment très inquiétant

FOOTBALL Bordeaux a été giflé (3-0) par Nantes, ce samedi à la Beaujoire

David Phelippeau

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Le désarroi des Girondins sur un des buts nantais.
Le désarroi des Girondins sur un des buts nantais. — Sebastien SALOM-GOMIS / AFP
  • Bordeaux a été étrillé (3-0) à Nantes, ce samedi.
  • Apathiques, les Girondins n’ont jamais vraiment été en mesure d’inquiéter une équipe de Nantes (18e et barragiste), qui revient à deux points.
  • Jean-Louis Gasset a estimé que seule « la peur » peut expliquer une prestation aussi pathétique.

Dans des eaux troubles sur le plan extra-sportif, les Girondins de Bordeaux ne peuvent vraiment pas s’appuyer sur le sportif pour retrouver un peu de lumière. Victorieux (1-0) le week-end dernier de Rennes, les Bordelais ont rechuté de manière très brutale, ce samedi, à Nantes. Une défaite 3-0 contre un adversaire (18e) qui vient talonner à deux points désormais les hommes de Jean-Louis Gasset, à deux journées du terme du championnat. Avec un nul et deux victoires sur les quinze derniers matchs, Bordeaux n’en finit plus d’avoir la tête d’un potentiel relégué.

« C’était un non-match », a répété deux fois Jean-Louis Gasset, dans une salle de presse silencieuse et pendue à ses premiers mots. Un encéphalogramme quasiment plat sur le terrain. Face à des Canaris pourtant moins fringants qu’il y a une semaine à Brest (4-1), les Girondins ont traîné leur misère toute la partie. Ils n’ont jamais eu le supplément d’âme nécessaire à une formation jouant sa survie. « Au moindre accroc, on lâche. On ne joue pas un match pour se sauver, on les regarde et on attend. »

« Il y avait qu’un boxeur aujourd’hui… »

Sans brio mais en faisant preuve d’un incroyable réalisme, Nantes a asséné trois uppercuts. Bordeaux ne s’est jamais relevé. Pour poursuivre avec la métaphore pugilistique, Jean-Louis Gasset estime que sa formation « n’a même pas fait la guerre ». « Il n’y avait qu’un boxeur aujourd’hui, a lâché le technicien, complètement groggy et semblant (un poil) en manque de solutions. Aujourd’hui, on a été battus dans la technique, dans l’agressivité, dans la gestion du ballon… On est faibles mentalement. Les pertes de balle, les duels perdus, les replacements sur des contres, c’était trop gros ! » Les Girondins ont pourtant frappé dix fois au but, ce samedi – une fois seulement de moins que FCN –, mais n’ont cadré que deux fois… A l’image de ce centre en retrait de Hwang pour Sabaly, qui a complètement « foiré » sa reprise, juste avant la mi-temps.

Mais comment peut-on passer d’un Bordeaux déterminé, courageux – à défaut d’être brillant – contre Rennes, à un Bordeaux sans aucune âme, ni rébellion ce samedi ? « Il n’y a que la peur qui l’explique », analyse Gasset, qui sera le seul à s’exprimer car aucun joueur (comme trop souvent) n’est venu assumer devant la presse. A la décharge du technicien, « des joueurs cadres sont absents [Ben Arfa, Koscielny, Otavio] et on a perdu [Samuel] Kalu hier à la dernière minute de l’entraînement, sur le dernier sprint, il s’est fait mal à la cuisse ».

Bordeaux ne peut plus faire l’économie d’une immense remise en cause avant la réception de Lens dimanche. Gasset, toujours : « Quand on est dans une situation difficile et qu’on vit une saison encore plus difficile que prévu, il y a de l’abattement pendant quelques jours mais après, il faut rebondir et se dire qu’on va y arriver. » Sauf que là, franchement, on ne voit pas trop comment…