Dijon-Bordeaux : Pourquoi Jean-Louis Gasset est-il toujours l’homme de la situation aux Girondins ?

FOOTBALL Malgré une série de sept défaites en huit matchs, l’entraîneur bordelais n’est pas pour le moment menacé

Clément Carpentier

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Jean-Louis Gasset, l'entraîneur des Girondins de Bordeaux.
Jean-Louis Gasset, l'entraîneur des Girondins de Bordeaux. — David Vincent/AP/SIPA
  • Les Girondins se déplacent à Dijon ce dimanche (15 heures) pour tenter de mettre fin à une série de huit matchs sans victoire.
  • Malgré cette série noire, Jean-Louis Gasset peut toujours compter sur une direction derrière lui et un groupe qui ne semble pas l’avoir lâché.
  • Véritable patron du club depuis son retour cet été, il est de toute manière en position de force.

« Oui ! », la réponse d’Alain Roche fut nette, claire et surtout sans hésitation le 27 février dernier quand un journaliste lui demanda si son entraîneur, Jean-Louis Gasset, était toujours l’homme de la situation. Ce jour-là, les Girondins de Bordeaux venaient de s’incliner face à Metz pour la sixième fois en sept matchs devant les yeux de leur directeur sportif. Depuis, ils ont enchaîné une nouvelle défaite à domicile face au PSG (0-1) et se retrouvent à la 15e place de la Ligue 1 au moment de se déplacer chez la lanterne rouge, Dijon, ce dimanche (15 heures).

La situation n’est pas encore critique (huit points d’avance sur la zone rouge) mais la série noire « inquiète » fortement Alain Roche. Pour autant Jean-Louis Gasset est aujourd’hui loin d’être menacé, même en cas de défaite en Bourgogne ce week-end. « J’en suis persuadé », répond d’ailleurs cette semaine un dirigeant à 20 Minutes au moment de l’interroger sur les capacités du coach bordelais à sortir son équipe de cette galère. Alors pourquoi JLG ne risque toujours rien pour le moment ?

Parce que son groupe ne l’a pas lâché​

C’est peut-être le plus important pour l’ancien adjoint de Laurent Blanc dans ce genre de situation. Ses joueurs semblent toujours derrière lui. Après la défaite à Nîmes, il y a eu des doutes. Le bateau a sérieusement tangué entre la gestion du cas Ben Arfa, ses déclarations à propos de certains joueurs et un vestiaire pas loin d’imploser ces dernières semaines selon Laurent Koscielny. Mais son groupe lui a donné quelques réponses positives face à Metz et Paris, au moins dans l’état d’esprit et à défaut de trouver la victoire. Les joueurs ne l’ont pas lâché.

Loris Benito et ses coéquipiers n'ont pas lâché leur entraîneur, Jean-Louis Gasset.
Loris Benito et ses coéquipiers n'ont pas lâché leur entraîneur, Jean-Louis Gasset. - PATRICK HERTZOG / AFP

« C’est le problème du foot, quelques mauvais résultats et on remet tout en cause, rappelle son entourage, sans voir que le sort aurait pu être totalement différent contre Lyon, Brest, Metz ou Paris. Si sur ces matchs, il prend 3 ou 4 points, il n’y a pas de crise ! » Peut-être mais la réalité reste que les Girondins ont aujourd’hui dix matchs pour s’éviter une grosse frayeur. Et pour ça, il faudra montrer un état d’esprit irréprochable. Jean-Louis Gasset le sait et avoue lui-même que son plus gros boulot n’est pas de bien faire jouer son équipe mais « de conserver cet état d’esprit » au sein d’une équipe en grande souffrance.

Parce qu’il est le vrai big boss du club

Pour le moment, Jean-Louis Gasset ne risque pas aussi grand-chose car il est devenu le vrai patron des Girondins de Bordeaux depuis son arrivée l’été dernier. Frédéric Longuépée, le PDG, a disparu des radars pour ne pas jeter plus d’huile sur le feu avec les supporters. Il ne s’exprime plus publiquement. Alain Roche, lui, se fait discret sur l’actualité du club et ne s’exprime que sur le sportif. Il fait aussi bien attention de ne pas empiéter sur les prérogatives de son entraîneur. Cet hiver, il avait démenti toute divergence avec Jean-Louis Gasset sur le choix du remplaçant d’Otavio. « Il faut que les dirigeants soient proches de l’entraîneur, en soutien. On essaie de travailler au quotidien avec lui », disait-il récemment.

Très apprécié au club, l’ex-coach des Verts a les clés de toutes les portes du château du Haillan. C’est lui le vrai big boss des Girondins. Il est le seul à s’exprimer sur tous les sujets lors des conférences de presse, comme Paulo Sousa en son temps, et il n’hésite pas à dire ce qu’il pense sachant que sa parole est très écoutée. Il se dit même qu’il est en liaison directe avec les dirigeants de King Street, le fonds d’investissement américain propriétaire du club. Ses proches sont donc assez surpris des doutes émis sur son avenir : « Pourquoi ne serait-il pas l’homme de la situation étant donné que les résultats se sont joués à peu de choses ? Pourquoi ne le serait-il pas quand depuis le départ le deal, c’est une année de transition pour former son groupe la saison prochaine ? Pourquoi ne le serait-il pas quand on voit le contenu du match face au PSG ? »

Parce que les supporters sont derrière lui

Cela fait plus d’un an qu’on ne les voit plus avec le huis clos mais ils n’ont pas pour autant perdu leur voix. Encore moins à Bordeaux. Les supporters des Marine et Blanc tentent toujours de se faire entendre à l’image des rassemblements organisés par les Ultramarines avant Marseille et Metz. Le conflit entre eux et Frédéric Longuépée se poursuit. L’été dernier, le PDG des Girondins a essayé d’acheter la paix sociale en nommant Jean-Louis Gasset et Alain Roche. Ce retour de l’ancien adjoint de Laurent Blanc a été bien accueilli même s’ils réclament toujours la démission de Frédéric Longuépée.

Aujourd’hui, ils sont nombreux à toujours soutenir JLG malgré cette nouvelle saison décevante. Pour eux, c’est même le seul capable de sortir le club de ce marasme. Autant dire que se mettre à dos demain Jean-Louis Gasset voire le virer relèverait de la pyromanie de la part de la direction.

Ce n’est pas en divisant à cette heure que Bordeaux grandira, insiste l’entourage de l’homme à la casquette, comme à Strasbourg quand ça va mal, on ne remet pas en cause Laurey… Aux Girondins, ça doit être pareil et Jean-Louis [Gasset] est un maître qui va trouver les clés ».

Tout cela fait que pour l’instant celui qui a « toujours envie de me battre » a une sorte de totem immunité.