Bordeaux-PSG : Les Girondins doivent-ils être inquiets pour leur maintien en Ligue 1 ?

FOOTBALL Les Bordelais sont sur une série de cinq défaites en six matchs avant de recevoir Paris ce mercredi

Clément Carpentier

— 

Les Girondins de Ui-jo Hwang implore le ciel en ce moment.
Les Girondins de Ui-jo Hwang implore le ciel en ce moment. — Romain Perrocheau / AFP
  • Les Girondins accueillent le PSG ce mercredi (21h) au Matmut Atlantique avec l’objectif de mettre fin à une terrible série noire de sept matchs sans victoire.
  • Aujourd’hui, on parle beaucoup plus de course au maintien qu’à l’Europe à Bordeaux. Est-ce que cela est justifié ?
  • Si le calendrier et un vestiaire en morceaux peuvent inquiéter, les Marine et Blanc gardent une marge sur la zone rouge (huit points) et comptent sur l’expérience de Gasset pour s’en sortir.

D’Europe, il n’est plus question. Le top 8, objectif de la saison, presque plus personne ne l’évoque non plus. Aux Girondins de Bordeaux, on ne parle plus que de maintien en ce début du mois de mars. Il est loin le temps où certains se mettaient à rêver d’une fin de saison palpitante après une série de trois victoires et un nul en janvier. Aujourd’hui plus question de regarder vers le haut avant de recevoir le PSG, ce mercredi (21 h) au Matmut Atlantique, les yeux des dirigeants, des entraîneurs, des joueurs et surtout des supporteurs lorgnent vers le fond du classement de la Ligue 1.

Deuxième plus mauvaise équipe du championnat en février, les Marine et Blanc traversent la plus grosse crise sportive de leur saison au moment d’affronter l’ogre parisien. L’horizon est sombre. Alors les Bordelais, 11e avec 33 points, doivent commencer à s’inquiéter pour leur maintien en L1 ?

Une série noire interminable

Cinq défaites lors des six derniers matchs de Ligue 1. Sans oublier la piteuse élimination en Coupe de France face à Toulouse. Voilà la terrible dynamique actuelle des Girondins. Bordeaux n’avait pas connu une telle série noire depuis les sept défaites d’affilée en fin de championnat en 2019 avec Paulo Sousa ou encore les neuf défaites en douze matchs au cœur de l’hiver 2017 avec Jocelyn Gourvennec. Alors même si ces revers ne sont pas de la même nature - encourageants contre Lille et Lyon, décevant à Brest, honteux à Nîmes et cruel devant Metz – le constat est là avec une équipe en plein « doute » pour son entraîneur Jean-Louis Gasset et carrément « malade » pour Alain Roche, le directeur sportif.

Cette dynamique est ce qui inquiète le plus les dirigeants. Une peur renforcée par le calendrier à venir. Après Paris, il faudra se déplacer deux fois de suite à Dijon et Montpellier. Puis, les Bordelais ne vont recevoir que des équipes mieux classées (Monaco, Rennes et Lens) à part Strasbourg et surtout se déplacer chez des écuries qui joueront leur survie (Saint-Etienne, Lorient, Nantes et Reims). Alain Roche prévient :

Il va falloir avoir l’état d’esprit d’une équipe qui joue le maintien, sortir le bleu de travail, se retrousser les manches et un moment, ça va nous sourire. »

Un vestiaire plombé

L’autre inquiétude du moment, c’est l’état du vestiaire. Contre Metz, les joueurs ont « montré qu’il n’avait pas lâché » selon Roche mais jusqu’à quand ? Entre les joueurs en fin de contrat, ceux qui sont déjà partis dans leur tête, les différents clans ou encore le cas Ben Arfa, la situation est très tendue. Laurent Koscielny, le capitaine des Marine et Blanc, l’a parfaitement expliqué la semaine dernière avec des mots forts.

La situation est telle que Jean-Louis Gasset a tenté un coup de poker contre Metz en alignant uniquement « des joueurs qui seront là la saison prochaine. » C’est dire. Et il pourrait poursuivre sur ce terrain, quitte à lancer de très jeunes joueurs comme Mara et Sissokho face aux Lorrains. Toute la question étant de savoir comment réagira ce groupe si jamais il se retrouve avec seulement deux, trois ou quatre points d’avance sur la zone rouge ?

Une petite marge non négligeable

Pour l’instant, c’est la seule bonne nouvelle pour le club et les supporteurs quand ils regardent le classement de la L1 : Bordeaux a huit points d’avance sur le barragiste et neuf sur le premier relégable. C’est beaucoup et en même temps peu. Les plus optimistes inverseront la phrase. Et ils n’ont pas vraiment tort. D’une, il ne reste que onze matchs et de deux, certaines équipes derrière n’avancent pas très vite (Nantes ou Dijon par exemple). Si le match de Paris est à part, les Girondins ont donc dix matchs pour aller chercher trois victoires. Ça laisse une marge et c’est pour ça que Jean-Louis Gasset rabâche que « son équipe est déjà passée par des moments compliqués cette saison et a trouvé les ressources pour redresser la barre. » Il espère « une troisième séquence de résultats positifs » après celles de fin novembre et du mois de janvier.

Gasset a l’expérience pour lui

S’il est en difficulté dans son management depuis quelques semaines, l’ancien adjoint de Laurent Blanc est un des rares à rester serein pour le moment. Il laisse son capitaine ou Alain Roche monter au front. « Aujourd’hui, beaucoup de monde est négatif, explique Jean-Louis Gasset, mais il ne faut pas paniquer dans la conjoncture actuelle. On va être droit dans nos bottes, on va se battre jusqu’au bout et finir ce championnat comme il faut. » Il est persuadé que son équipe va stopper sa chute.

Jean-Louis Gasset espère se faire entendre.
Jean-Louis Gasset espère se faire entendre. - FRANCK FIFE / AFP

Il est vrai que l’entraîneur des Girondins a toujours fini par trouver le parachute à temps pour éviter le crash avec ses équipes. Même s’il n’est pas dans une opération commando pour le maintien comme à Montpellier en 2017 ou Saint-Etienne en 2018, il a l’expérience pour lui. Et cette saison, il a déjà réussi à remobiliser les troupes à plusieurs reprises. Alors pourquoi pas une fois de plus !