JO 2024: Billetterie, crise et grands chantiers... Tony Estanguet a fait le point devant le Sénat

JEUX OLYMPIQUES Le patron du comité d'organisation a rassuré les sénateurs sur de nombreux points, alors que la crise sanitaire - et économique - se prolonge

N.C. avec AFP

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Tony Estanguet, le patron des JO 2024, en discussion avec Jean-Michel Blanquer lors de la 6e édition de la Semaine olympique et paralympique, le 2 février 2021.
Tony Estanguet, le patron des JO 2024, en discussion avec Jean-Michel Blanquer lors de la 6e édition de la Semaine olympique et paralympique, le 2 février 2021. — ISA HARSIN/SIPA

Alors que les JO de Tokyo vont se tenir sans spectateurs étrangers, le président du comité d'organisation des Jeux olympiques et paralympiques 2024 de Paris, Tony Estanguet, a confié mercredi aux sénateurs que les organisateurs planchaient sur «différents modèles» concernant la billetterie même s'il encore «trop tôt» pour en «arrêter» un.

Interrogé au Sénat sur l'organisation des JO 2024, alors que ceux de Tokyo doivent se tenir cet été dans des conditions de sécurité sanitaire drastiques, Tony Estanguet s'est montré rassurant: «le projet est très ambitieux, malgré le contexte on continue à porter cette ambition».

Peut-être moins de spectateurs, mais moins de dépenses

Néanmoins, à un peu plus de trois ans de l'évènement, il n'a pas caché que le comité d'organisation Paris 2024, planchait sur plusieurs scénarios quant à la billetterie, qui constitue un tiers des recettes, aux côtés des sponsors et d'une contribution du Comité international olympique (CIO).

Sur la billetterie, «on a commencé à regarder les conséquences» des mesures prises à Tokyo. «Il est bien évidemment trop tôt pour Paris 2024 d'arrêter un modèle sur le programme de billetterie». Mais, a-t-il ajouté, «ce qui est intéressant malgré tout, c' est que quand on réduit le nombre de spectateurs, en face on réduit un certain nombre de dépenses, les dépenses liées à la sécurité, à la restauration, les transports... ».

«Il y a une cartographie des risques sur lesquels on travaille avec notre comité d'audit», a-t-il confié. «Probablement, comme à Tokyo, on va avancer dans les prochains mois et années sur différents modèles, en fonction du contexte», a-t-il détaillé. «Pour l'instant, on est parti sur un taux de remplissage à 85%», a-t-il rappelé.

«Pas de signal d'alerte»

Questionné par des sénateurs sur l'impact de la crise, Tony Estanguet a rappelé qu'une première salve d'économies a été réalisée fin 2020 (300 millions d'euros). Le budget du comité d'organisation a été réajusté en décembre à 3,9 milliards d'euros.

Des chantiers encore en question

Sur le volet des sponsors, attendus autour de 1,1 milliard d'euros, Tony Estanguet a assuré qu'il n'y avait «pas de signal d'alerte». «On a sécurisé 53% de l'objectif fin 2020», a-t-il dit. «Notre objectif est de sécuriser les deux tiers des revenus fin 2021», a-t-il ajouté. Un rapport provisoire de la Cour des comptes ayant fuité dans la presse à l'automne 2020 s'inquiétait de surcoûts. «Nous attendons toujours le rapport définitif, il pourrait arriver dans les prochaines semaines», a-t-il dit.

Egalement auditionné, le directeur général de la Solideo (société de livraison des ouvrages olympiques), Nicolas Ferrand, chargé de construire les ouvrages pérennes, a réaffirmé qu'ils avaient «du temps» et «pouvaient absorber des aléas» . «Les enveloppes financières que nous avons prévu devraient suffire, car nous n'avons pas besoin d'accélérer les travaux», a-t-il dit. La Solideo a une enveloppe d'argent public de 1,4 milliard d'euros (sur 3,2 milliards).

Parmi les sujets en cours de réflexion, car les grands chantiers sont lancés en 2021, Nicolas Ferrand a cité: «le dernier kilomètre vers les sites», «la place du vélo pour les spectateurs» ainsi qu'un «débat pour savoir si l'on pousse l'hydrogène». Interrogé sur la question des transports publics, alors que plusieurs chantiers - qui ne dépendent pas de la Solideo - promis pour les JO ne semblent pas être prêts à temps, il a dit que sur «la ligne 16 on est inquiet pour aller jusqu'au Bourget, mais je n'ai pas plus d'éléments». «La ligne 14, sur la desserte de Pleyel à Orly, on devrait y arriver».

A l'occasion de cette audition, le président de la commission Culture et Education, Laurent Lafon (Union centriste), a annoncé la création d'une mission d'information sur les Jeux parisiens.