Equitation : « Serge Lecomte est le seul à pouvoir nous sortir de la crise du Covid », avancent les soutiens du président de la Fédération

INTERVIEW Jean-Luc Vernon, membre du bureau fédéral de la FFE, répond aux critiques d’Anne de Sainte-Marie, l’adversaire du président sortant aux élections du 18 mars

Propos recueillis par Julien Laloye
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Serge Lecomte en compagnie de l'ancienne ministre des Sports Laura Flessel, en 2018.
Serge Lecomte en compagnie de l'ancienne ministre des Sports Laura Flessel, en 2018. — GUILLAUME SOUVANT/SIPA
  • Serge Lecomte, président de la Fédération française d'équitation sans discontinuer depuis 2004, s'est porté candidat à un dernier mandat après avoir longtemps hésité.
  • Jean-Luc Vernon, l'un de ses plus proches soutiens, explique les raisons de ce revirement à 20 Minutes.

Le D-day approche pour l’élection à la présidence de la Fédération française d’équitation, la troisième de France en nombre de licenciés, et chaque prise de parole compte pour retourner ou confirmer un vote. Ainsi, notre article sur la challengeuse Anne de Sainte-Marie a gentiment courroucé le camp du président sortant Serge Lecomte, qui tenait lui aussi à défendre son bout de gras avant la fate fatidique du 18 mars. C’est Jean-Luc Vernon, dirigeant du club hippique de Meudon et membre du bureau fédéral, qui s’y colle, prompt à rappeler « l’œuvre remarquable de Serge Lecomte », candidat pour un cinquième mandat de rang. « Un autodidacte, qui fait les choses avec sincérité et avec ses tripes ». Entretien.

Pourquoi Serge Lecomte a-t-il finalement décidé de se représenter pour un nouveau mandat ?

C’est une décision collégiale. Dans son équipe, il y a des gens qui ont l’expérience du fonctionnement des institutions fédérales et qui avaient l’envergure pour être candidats eux-mêmes. Dans un monde sans Covid, plus apaisé, c’est peut-être ce qui se serait passé. Mais la crise nous est tombée dessus et le seul pour nous sortir par le haut du Covid avec toutes ses connexions institutionnelles et économiques, c’était Serge Lecomte. On parle d’un homme qui a réussi l’unité fédérale, qui a démocratisé la pratique du cheval pour arriver jusqu’à 700.000 licenciés, qui a changé le système électoral pour donner le pouvoir aux clubs. On s’est tous mis d’accord pour lui demander d’y retourner, ce qu’il a accepté.

N’avez-vous pas mis du temps à prendre au sérieux la candidature d’Anne de Sainte-Marie ?

Quand Anne de Sainte Marie a commencé sa campagne, il est vrai qu’on ne s’est pas inquiétés outre mesure. C’est la première fois qu’on voyait quelqu’un se lancer en campagne aussi tôt avec un profil qui n’est pas issu du sérail, de gens qui avaient déjà l’expérience fédérale. On était dans cette routine. Et puis quand on est aux manettes, on est dans la gestion du quotidien, Il n’y a pas de calcul électoral. La FFE est un gros bâtiment qui ne se manœuvre pas facilement. Il est illusoire de croire qu’on va pouvoir gérer la Fédération sans expérience.

Le dégagisme à la mode dans les Fédés ne vous a pas fait peur ?

La Fédération d’équitation ne fonctionne pas comme une fédération lambda. Dans d’autres sports, on a vu un dégagisme compréhensible parce qu’il y a pu exister du laxisme chez certains présidents, qui ont surtout cherché la fonction plutôt que l’action. Dans notre cas, je ne suis pas certain que le dégagisme, qui est un phénomène dont on a parlé avec Serge Lecomte, ait autant de poids. À la dernière AG, 80 % de voix ont approuvé le rapport moral et financier. Tous les présidents de Fédé ne peuvent pas en dire autant.

Que répondez-vous à ceux qui estiment que les relations difficiles avec le ministère des Sports sont un handicap pour Serge Lecomte ?

C’est faux. On ne peut pas imaginer que la Fédération obtienne les dérogations qu’elle a obtenues auprès du gouvernement malgré la situation sanitaire avec des relations qui ne seraient pas apaisées. Serge Lecomte connaît les dossiers par cœur, ça aide. On voit d’ailleurs que notre adversaire n’a pas grand-chose à redire sur notre bilan, même si le discours est joli.

Pourtant, le ministère des Sports a bien demandé une inspection générale sur le fonctionnement de la FFE, non ?

Quand on va agiter auprès du ministère le fait que nos statuts ne sont pas conformes, on revient un peu en arrière à l’époque Lamour [l’agrément ministériel avait été provisoirement retiré à la FFE par le ministre chiraquien en 2005]. La Fédération est encore attaquée au motif que les centres équestres, qui sont des entreprises commerciales, ont trop de poids dans les instances. Mais ce sont eux qui font vivre l’équitation ! Les inspecteurs ont eu les renseignements qu’ils sont venus chercher, on attend sereinement le résultat de cette enquête.

Anne de Sainte-Marie reproche à Serge Lecomte une certaine légèreté sur la question des violences sexuelles. La Fédération en a-t-elle fait assez sur ce point ?

C’est devenu un sujet de campagne qui a été agité dans le seul et unique but de déstabiliser Serge Lecomte, et c’est bien dommage. La FFE a toujours pris les choses en main et traité les cas quand ils sont arrivés. Depuis la mise en place de la cellule d’écoute en février 2020 et le lancement d’une large campagne de sensibilisation « N’en parle pas qu’à ton cheval », la Fédération a reçu 28 signalements concernant 24 personnes différentes. Des sanctions disciplinaires ont été prises et les cas remontés au ministère. À ce sujet, il faut que tout le monde fasse son travail. On attend toujours les retours des services de l’État sur les dossiers qu’on a fait remonter.

Une plainte a été déposée dans la dernière ligne droite contre la liste d’Anne de Sainte-Marie pour une intrusion dans les fichiers informatiques de la Fédération. Estimez-vous que la campagne a été tronquée ?

Il est en tout cas osé de dire d’avancer, comme le fait la candidate, que cette intrusion n’a pas influé dans la campagne. Les données qui ont été subtilisées, elles ont forcément servi à élaborer une stratégie que n’ont pas pu utiliser les candidats. Une plainte a été déposée au pénal et le procureur décidera des suites à donner. C’est un sujet important sur le fond et sur la forme. On nous a rabâché qu’on n’était pas dans la transparence et le jeu démocratique, mais là, c’est l’arroseur arrosé, si je puis dire.