Losc : Marcelo Bielsa se défend ce vendredi devant les prud’hommes de Lille

FOOTBALL L'entraîneur argentin, licencié du Losc en novembre 2017, réclame 18,6 millions d'euros à son ancien club

Francois Launay
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Marcelo Bielsa sous le survêtement du Losc
Marcelo Bielsa sous le survêtement du Losc — FRANCOIS LO PRESTI / AFP
  • Le coach s’exprimera ce vendredi en visioconférence depuis Leeds dans le litige qui l’oppose au Losc.
  • Licencié du club nordiste en novembre 2017, il lui réclame 18,6 millions d’euros d’indemnités.
  • Le litige se base sur la nature d’un pré-contrat qui, selon Bielsa, lui permettrait de toucher des indemnités même en cas de licenciement pour faute grave. Ce que réfute le Losc.

Marcelo Bielsa est un homme qui ne lâche rien. Plus de trois ans après son limogeage du Losc, l’entraîneur argentin veut toujours régler ses comptes avec le club nordiste. L’actuel coach de Leeds, qui reconnaît avoir vécu la pire expérience de sa carrière à Lille, veut s’imposer sur le terrain judiciaire face à son ex-employeur.

Ce vendredi après-midi, Bielsa s’exprimera d’ailleurs depuis Leeds à l’audience du conseil des prud’hommes de Lille consacrée à ce litige. Après avoir hésité à se déplacer dans le Nord pour donner sa version des faits, il est finalement resté en Angleterre, contexte sanitaire oblige. « El Loco » parlera vingt minutes juste après la plaidoirie de son avocat et avant celle de l’avocat du Losc.

Licencié pour faute grave en novembre 2017, l’entraîneur argentin réclame 18,6 millions d’euros brut à son ancien club au titre d’indemnités de licenciement et de préjudices subis en termes d’image et de notoriété. Du jamais vu en France où les licenciements d’entraîneurs se règlent le plus souvent à l’amiable.

Un pré-contrat qui offrait un parachute doré en cas de rupture anticipée

Mais le coach est bien décidé à aller au bout de son combat judiciaire. En février 2018, il avait même saisi le tribunal de commerce de Lille pour que le club nordiste soit placé en redressement judiciaire. Il avait été alors condamné à 300.000 euros d’amende pour procédure abusive.

Devant le conseil des prud’hommes, Bielsa, qui touchait à Lille 560 000 euros brut par mois à répartir avec l’ensemble de son staff, espère avoir plus de réussite. Pour avoir gain de cause, le coach se base sur un pré-contrat signé le 14 février 2017, soit trois mois avant sa présentation officielle, entre l’entraîneur et Victory Soccer, la holding du Losc et propriété de Gérard Lopez, patron du club à l’époque. Avec des clauses avantageuses en cas de rupture anticipée quelle qu’en soit la raison et même si une faute grave était retenue contre lui.

Le Losc estime que le seul contrat valable est celui déposé à la LFP

Mais ce contrat n’a pas été déposé officiellement à la Ligue de football professionnel. Pour le Losc, le seul contrat valable, qui ne comporte pas la fameuse clause avantageuse en cas de départ, est celui signé entre les deux parties le 1er juillet 2017 et déposé quelques jours plus tard devant la LFP. « Le contrat signé le 1er juillet et homologué par la Ligue est le seul contrat de travail qui existe dans cette affaire » rappelait ainsi Me Bertrand Wambeke, l’avocat du Losc, en mars 2018. De son côté, la défense de Bielsa estime que le pré-contrat vaut contrat de travail et est donc entièrement valable.

Reste à savoir quelle nature juridique donnera le conseil des prud’hommes à ce pré-contrat. Pour se faire une opinion, les juges vont sans doute assister à un lavage de linge sale en public. Avec des témoignages pro ou anti-Bielsa qui devraient ressortir à l’audience tout comme ses rapports conflictuels avec Luis Campos à l’origine de son départ. Quoi qu’il arrive, aucune décision ne sera rendue avant, au mieux, le mois de juin. Au vu des sommes en jeu, le feuilleton n’est pas près de s’arrêter plus de trois ans après le départ de Bielsa du Losc.