Vendée Globe : Bestaven s’envole, Dalin, Seguin et Ruyant se tiennent en deux milles… Le journal de la course

VOILE La victoire se dessine de plus en plus pour Bestaven mais c’est bien plus serré derrière

W.P

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Yannick Bestaven a de nouveau creusé l'écart avec ses poursuivants
Yannick Bestaven a de nouveau creusé l'écart avec ses poursuivants — Sebastien SALOM-GOMIS / AFP

Le journal du 7 janvier

Yannick Bestaven est dans son petit monde. Le leader du Vendée Globe arrive bientôt à la latitude de l’immense Rio de la Plata, entre Argentine et Uruguay, porté par des vents qui laissent croire que ses choix de navigation depuis le passage du cap Horn ont été payants. Mieux, il a profité d’une erreur de Charlie Dalin qui suit désormais le même itinéraire que Thomas Ruyant pour essayer de rattraper son coup et du vent par la même occasion. Tout à l’Est, Damien Seguin s'est mêlé à la bataille pour le podium. De retour à la 3e place, le skippeur de Groupe Apicil a passé quasiment 24 heures dans la peau du dauphin. Au pointage de 9 heures, les trois poursuivants se tenaient en deux milles. Chaud !

Le classement à 9h

1) Yannick Bestaven (Maître Coq IV), à 5.659 nm de l’arrivée

2) Charlie Dalin (Apivia), à 411 nm du leader

3) Damien Seguin (Groupe Apicil), à 412 nm

4) Thomas Ruyant (LinkedOut), à 413 nm

5) Louis Burton (Bureau Valléee II), à 511 nm

Jean Le Cam fait le bilan du Sud

Maintenant qu’il a pu se reposer un peu après le passage du cap Horn et profiter des eaux un peu moins glaciales du sud de l’Argentine, Jean Le Cam, actuel 7e (mais avec seize heures de bonifs) dresse le bilan des mers du sud. « Le Grand Sud ? Moyen moins, voire moins plus plus ! C’était la misère. Une mer tordue dans tous les sens. C’était une situation vraiment dingue. Je n’avais jamais vu ça. Il y avait des systèmes météo qui passaient nord-sud au lieu des dépressions habituelles d’est en ouest, avec des vents très opposés, ce qui donnait des mers hallucinantes. Je suis content d’être sorti de là. C’était la totale ! » Ce que le roi Jean ne dit pas, c’est que c’est aussi un peu grâce à ça que les foilers n’ont jamais pu prendre de vitesse pour le semer réellement.

Le Diraison comme à la plage

Il y en a qui ne sont pas encore sortis de la galère du Sud (13 au total + Sam Davies qui est hors course). Parmi eux, Stéphane le Diraison. L’actuel 19e du Vendée Globe sur Time for Oceans se bat toujours contre les eaux déchaînées du Sud et se prépare mentalement à prendre le bouillon dans les jours à venir.

« Dans 24 heures, vu ma position, je serai obligé d’encaisser le vent fort. C’est du 40 nœuds fichiers, ça veut dire 50 en réalité. Ce sera ma quatrième dépression. C’est la mer, le plus impressionnant. Les vagues sont hautes et courtes et déferlent. Il faut avoir une certaine vitesse quand même mais pas trop ! J’ai eu une déferlante qui a cassé dans le cockpit. J’ai entendu un grondement comme au bord de la plage, c’était comme si j’étais allé me baigner. »