Vendée Globe 2020 : Ruyant est reparti mais Bestaven a fait le trou en tête… Le journal de la course

VOILE Stoppé dans son élan à cause d’un bateau qui prenait la flotte, Thomas Ruyant a finalement pu repartir mais Bestaven est désormais loin devant

A.L.G.

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Thomas Ruyant a cédé pas mal de terrain à Bestaven mais le Dunkerquois a au moins pu reprendre la course.
Thomas Ruyant a cédé pas mal de terrain à Bestaven mais le Dunkerquois a au moins pu reprendre la course. — JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Il ne se passe pas un jour ou une nuit sans qu’une galère ne frappe l’un des bateaux engagés sur le Vendée Globe 2020. Mercredi, c’était au tour de Thomas Ruyant de constater de sérieux dégâts dans la soute avant de son monocoque. Un pépin qui lui a coûté pas mal de sueurs froides et, forcément, pas mal de bornes de retard de plus sur le leader Yannick Bestaven. On vous explique tout ça et tant d’autres choses encore.

Le classement à 9h

1. Yannick Bestaven (Maître Coq IV) à 11.905 milles nautiques de l’arrivée

2. Thomas Ruyant (LinkedOut) à 101,4 milles nautiques du leader

3. Charlie Dalin (Apivia) à 134 milles nautiques du leader

4. Jean Le Cam (Yes we Cam !) à 489,8 milles nautiques du leader

5. Damien Seguin (Groupe APICIL) à 500 milles nautiques du leader 

Ruyant se gare, Bestaven s’envole

Ruyant, donc. Sur les coups de 21h30-22h, mercredi, on a appris que la soute avant de son LinkedOut était remplie d’eau. Le Dunkerquois, qui dormait au moment où son navire s’ouvrait à l’océan, a immédiatement arrêté le bateau et s’est mis à la cape, bout au vent, ce qui n’est jamais une bonne nouvelle puisque c’est l’équivalent marin d’un rangement sur le bas-côté sur autoroute… Un principe de précaution nécessaire avant de mettre en route ses pompes à bord.

Finalement, « peu après minuit, il annonçait à son équipe à terre être en mesure de reprendre prudemment sa route, sous grand-voile et J3, tout en poursuivant l’assèchement des compartiments avant », nous explique les organisateurs de la course. Mais avec tout ça, le skippeur a vu s’envoler Yannick Bestaven, qui navigue désormais à plus de 120 milles nautiques devant lui. Ruyant, qui naviguait déjà avec son foil bâbord en moins, « procédera à un examen complet du bateau pour réaliser un diagnostic définitif expliquant ce subit envahissement ».

La barre symbolique des 50 % passée par les leaders

Depuis quelques heures maintenant, les bateaux de tête ont officiellement achevé la première moitié de cette course en solitaire autour du monde. Après 38 jours de navigation, ils ont déjà parcouru 12.200 milles, soit 19.634 km.

La remontada tranquilou de Beyou

On l’avait presque oublié, mais Jérémy Beyou, contraint de faire demi-tour​ pour rentrer aux Sables d’Olonne dès les premières heures de course il y a plus d’un mois, est tranquillement en train de nous faire sa petite remontada à lui. En tête du groupe de l’arrière de la flotte, le Finistérien était tout heureux d’expliquer lors de la captation de 5h sa joie de ne plus se retrouver seul en mer. « Ça fait du bien d’avoir du monde autour, en plus ça joue bien, ça navigue bien. Ils se positionnent bien par rapport aux phénomènes, et j’ai même l’impression que ça revient pas mal par l’arrière. J’essaie de trouver un bon rythme sur le bateau, de prendre soin de lui, de faire attention. Il me le rend bien donc c’est cool ! », a-t-il expliqué. Si tout se passe bien, Beyou devrait doubler le cap Leeuwin d’ici une semaine.

Une bataille à cinq pour la quatrième place

Bien que 8e à l’heure où nous écrivons ces lignes, Louis Burton, qui a lui aussi dû faire face à pas mal de pétouilles sur son monocoque, réussit à trouver de la motivation en sachant qu’il y a encore quelque chose de sympa à aller chercher au classement. « J’ai un bateau rapide, donc même à 75-80 % de son potentiel, j’arrive à ne pas trop me faire distancer. C’est motivant parce que devant notre groupe (Dutreux, Hermann, Seguin et Le Cam), il n’y a que trois bateaux [le trio de tête] et ça laisse envisager une quatrième place, ça donne envie, c’est ça qui me motive. »