FC Nantes-Dijon : Patrick Collot, ce coach éternel numéro 2 qui a tout d’un numéro 1

FOOTBALL Patrick Collot a remplacé Christian Gourcuff mardi. Dimanche à 15 heures, contre Dijon à la Beaujoire, l’ex-numéro 2 sera sur le banc dans le costume de numéro 1 du FCN

David Phelippeau
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Patrick Collot.
Patrick Collot. — FRANCOIS NASCIMBENI / AFP
  • Patrick Collot sera sur le banc nantais, dimanche, à la Beaujoire, pour la réception de Dijon, lanterne rouge.
  • L’Avignonnais, adjoint de plusieurs coachs en Ligue 1, est habitué à passer de numéro 2 à numéro 1.
  • Homme de valeurs, Collot est aussi un leader et un grand meneur d’hommes.

Passer de numéro 2 à numéro 1 pour un laps de temps réduit, c’est un peu l’histoire de sa vie. Dimanche à 15 heures à La Beaujoire, à l’occasion du match contre Dijon, Patrick Collot va s’asseoir sur le banc du FC Nantes avec l’étiquette d’entraîneur principal. Lundi, le président Kita lui a demandé de remplacer Christian Gourcuff et de prendre les rênes d’une formation, plus en perdition que son classement (14e) ne le laisse entrevoir. C’est la deuxième fois qu’il change de costume en cours de route. Juste avant l’arrivée de Gourcuff et le départ subit d’Halilhodzic, en août 2019, l’Avignonnais, âgé de 53 ans, avait déjà assuré un intérim d’un match. Cette fois-ci, l’intérim n’ira pas au-delà de janvier, par choix et aussi parce que le président Kita souhaite un nouveau coach.



A Lille, Collot avait déjà assuré deux intérims, un lors d’un seul match en 2015 pour pallier le limogeage de Renard puis un autre plus long après l’éviction d’Antonetti un an plus tard. Ces missions d’urgence lui confèrent très vite l’étiquette de « pompier de service ». « Se contenter de penser que Patrick n’est que ça, c’est réducteur, peste Jean-Michel Vandamme, qui a été entre autre directeur du centre de formation au Losc. Il a toutes les qualités pour être un bon numéro 1. Il est juste et bon tacticien. C’est une garantie de droiture avec les joueurs. J’ai vu d’autres techniciens qui font une autre carrière que lui et qui ont pourtant moins de qualités. »

« Pas le genre à mettre des coups de couteau dans le dos du numéro 1 »

« Il n’aime pas se vendre, il n’a pas d’agent et n’en veut pas, lâche l’animateur télé et radio Stéphane Pauwels, qui a occupé le poste de team manager à Lille de 1999 à 2002. Ce n’est pas un mec qui a de l’ambition. C’est un serviteur de club, il a le profil pour devenir coach dans la durée. » Problème, Collot ne dispose pas du BEPF, diplôme d’entraîneur de foot professionnel. « C’est bien le seul reproche que je peux lui faire… », regrette Vandamme.

Collot, c’est l’adjoint modèle. « Pas le genre à mettre des coups de couteau dans le dos du numéro 1 », selon Vandamme. « Il est loyal et fidèle, ajoute Rachid Chihab, qui l’avait comme adjoint à Mouscron lors de la saison 2014-2015. J’avais totale confiance en lui. Il savait s’effacer quand il fallait. » Lundi, quand Waldemar Kita l’a prévenu de la mission qui lui incombait, il en a parlé à Gourcuff… Stéphane Pauwels : « Il est atypique dans le milieu, il a des vraies valeurs et est très respectueux. Quand on a du respect pour les autres, généralement, les autres en ont pour vous ».

Capable de faire trembler les murs du vestiaire

Collot, intérimaire idoine pour le FCN ? « Il n’y a pas meilleure personne pour ça, est persuadé Vandamme. Il va essayer de fédérer toutes les compétences et les énergies pour faire comprendre aux joueurs qu’ils vont bien vivre ensemble ou mourir ensemble. » Rachid Chihab estime qu’il est capable « de galvaniser les joueurs », de leur « donner un nouvel élan, un nouveau souffle ». Un homme capable de gros coups de gueule. « Il est capable de faire trembler les murs comme jamais, souffle ce proche du FCN. Dès que c’est la galère, c’est lui souvent qui prend la parole… » « Dans le ton de sa voix, tu sais qu’il ne rigole pas… » acquiesce Thibault Peyre, ex-défenseur de Mouscron.

Meneur d’hommes, leader… Patrick Collot était déjà animé par ses qualités quand il était joueur. Stéphane Pauwels a encore « les poils » qui hérissent lorsqu’il raconte cette anecdote : « En 2001, Lille joue à Manchester United en Ligue des champions [victoire 1-0 des Anglais]. Vahid a mis Collot, 17e… Il n’est même pas sur le banc alors que c’était un rêve de jouer ce match. Je l’ai vu pleurer de déception, puis il s’est redressé et est allé faire un discours d’une force, d’une puissance. Sincère, authentique. Il a regardé ses partenaires un par un et leur a dit : "Si un de vous ne mouille pas le maillot, ça ira mal pour lui !" Ce jour-là, je me suis dit : "Lui, il sera coach, c’est inné chez lui !" »