Stade Rennais-FC Séville : Cadres défaillants, mercato raté… Comment le club breton a plongé dans la crise

LIGUE DES CHAMPIONS Déjà éliminé de toute coupe d’Europe et empêtré dans une sale série depuis le mois d’octobre, le Stade Rennais reçoit le FC Séville ce mardi soir en Ligue des Champions

Jérôme Gicquel
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Même la mascotte Erminig fait peine à voir en ce moment.
Même la mascotte Erminig fait peine à voir en ce moment. — Loïc Venance / AFP
  • En pleine crise, le Stade Rennais reçoit le FC Séville ce mardi en Ligue des Champions dans un match comptant pour du beurre.
  • Après un début de saison canon, les Bretons restent sur une série d’une victoire en treize matchs.
  • Aussi fébrile en attaque qu’en défense, le Stade Rennais manque à peu près de tout depuis deux mois.

Le navire était pimpant en début de saison, solidement ancré sur le podium de la Ligue 1. Mais depuis deux mois, le Stade Rennais prend l’eau de toute part. Alors que se profile un match presque anecdotique ce mardi soir face au FC Séville, les Rennais ayant déjà dit adieu à l’Europe, le club breton a mis les deux doigts dans la crise après sa défaite à domicile samedi face à Lens (0-2).

Un classique pour le Stade Rennais, pris dans la tourmente chaque automne depuis quatre saisons. Mais au vu des ambitions affichées au début de saison, cela fait tache. « Il faut être inconscient aujourd’hui pour ne pas être inquiet », a d’ailleurs reconnu Julien Stéphan, évoquant « un problème multifactoriel » pour tenter d’expliquer la série noire de son équipe, qui reste sur une seule victoire en treize rencontres. Décryptage.

Une équipe en manque total de confiance

La roue tourne vite dans le football. La saison dernière, le Stade Rennais était le maître du money-time, prenant un malin plaisir à faire plier ses adversaires en toute fin de rencontre. Cela s’est encore confirmé en début de saison avec une victoire sur le fil arrachée face à Monaco. Son attaque était alors en feu avec quatorze buts en six rencontres de Ligue 1. Mais depuis, le club breton ne sait plus gagner, ni même marquer. Une statistique vient confirmer cette apathie offensive des Rennais qui n’ont converti en but qu’un seul de leurs 68 derniers tirs en Ligue 1…

« Les qualités n’ont pas disparu, elles sont toujours là, mais on a un gros déficit de confiance en ce moment », a indiqué Julien Stéphan lundi en conférence de presse. Alors certes, les Rouge et Noir ne sont pas vernis non plus depuis le début de la saison puisqu’ils ont déjà touché douze fois les montants. « Mais quand ça se répète, ce n’est pas le fruit du hasard », avait estimé le coach breton fin novembre après la défaite face à Bordeaux. Son attaque en berne, le Stade Rennais se montre également très fébrile en défense, payant cash ses erreurs. « On subit très peu d’occasions mais on se fait toujours punir », souligne le capitaine Damien Da Silva, loin d’être irréprochable ces derniers temps.

Des cadres pas au niveau

A l’image du capitaine, les cadres du vestiaire rennais font pâle figure en ce moment. On pense bien sûr à Steven Nzonzi qui ne pèse plus autant dans l’entre-jeu rennais et peine à insuffler son expérience à ses partenaires. Si brillant la saison dernière, son partenaire en équipe de France Eduardo Camavinga est également le fantôme de lui-même depuis plusieurs matchs. Titulaires indiscutables dans le onze rennais, Hamari Traoré et Benjamin Bourigeaud n’ont pas le même rendement non plus.

La question du leadership se pose donc clairement dans cet effectif rennais si jeune et qui manque de caractère. « Les cadres ont leur mot à dire mais tout le monde a son rôle à jouer dans ce groupe », a lâché samedi Benjamin Bourigeaud. Interrogé jeudi par Ouest-France, le président Nicolas Holveck estime lui aussi que la réponse devra être collective. « On est une équipe, on n’a pas d’individualité forte qui fait tourner un match, donc ça passera par une prise de conscience collective et une réaction collective », a-t-il assuré.

Un mercato raté pour l’instant

Ne parlez surtout pas du mercato aux dirigeants rennais. Car pour eux, il est beaucoup trop tôt pour en dresser le bilan. Mais le rendement des recrues interroge tout de même. Surtout que le Stade Rennais a été le club de Ligue 1 le plus dépensier cet été en claquant plus de 70 millions d’euros. Annoncé comme une future pépite, Jérémy Doku, recrue la plus chère du club (26 millions d’euros), a montré depuis son arrivée qu’il était rapide et explosif. Mais même s’il monte en puissance, le jeune Belge n’a pour l’heure toujours pas été décisif.

Marquant d’entrée un doublé, Serhou Guirassy s’était lui illustré lors de ses premiers matchs. Mais à l’image de son équipe, l’ancien attaquant d’Amiens a ensuite marqué le pas avant de se blesser au début du mois face à Strasbourg. Dans les cages, Alfred Gomis peine à faire oublier Edouard Mendy, parti à Chelsea. Concurrencé par Romain Salin, le portier sénégalais doit encore convaincre et améliorer notamment son jeu au pied. Pour le reste, Martin Terrier et surtout Dalbert sont pour l’heure des erreurs de casting. Quant au pauvre Daniele Rugani, il n’a joué que quelques minutes avant de se blesser. Il sera indisponible jusqu’au mois de janvier.

Un entraîneur qui ne trouve plus la solution

Le druide semble avoir perdu sa recette. Jusqu’à présent, les supporters rennais assuraient que leur coach avait toujours « un plan » pour renverser la situation. Mais force est de constater que Julien Stéphan est à court d’idées en ce moment. Il a beau multiplier les changements, comme samedi face à Lens avec la rentrée de quatre joueurs à la mi-temps, son équipe n’arrive pas à redresser la tête. Sans compter que les blessés s’accumulent, le dernier en date étant Romain Del Castillo, out « pour plusieurs semaines » à cause d’un problème musculaire.

Malgré un effectif amoindri, le coach breton ne veut pas abdiquer. « On va continuer à travailler, à s’accrocher (…). Mais cela va revenir et on va tout faire pour que cela revienne le plus vite possible », assure-t-il. Si le vent ne tourne pas, Julien Stéphan sait en tout cas ce qu’il risque. « Si c’est moi le problème, il n’y a pas de difficulté, on est suffisamment sincères entre nous à l’intérieur du club pour prendre les décisions qu’il faudra prendre a-t-il lâché samedi. On parlera de tout ça en temps voulu ». Après le match de dimanche face à Nice ?