FC Nantes-Strasbourg : « Si je ne conviens pas à la situation, ce n’est pas un souci… », avoue Gourcuff, au bord du précipice

FOOTBALL Le FC Nantes a coulé à pic ce dimanche contre Strasbourg. Son entraîneur est sur la sellette

David Phelippeau
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Christian Gourcuff.
Christian Gourcuff. — Loic VENANCE / AFP
  • Les Canaris ont été humiliés (0-4) ce dimanche, à la Beaujoire, par Strasbourg.
  • Une défaite qui pourrait précipiter le limogeage de Christian Gourcuff, le coach nantais.
  • Ce dernier est apparu très touché après la déroute en conférence de presse.

Lui, au moins, est venu assumer devant la presse. Les joues rougies par le froid et les cheveux un peu décoiffés par le vent polaire qui a soufflé tout l’après-midi dans une Beaujoire vide, Christian Gourcuff ne s’est pas caché après la déroute (0-4) de sa formation contre Strasbourg, ce dimanche. Le 30 novembre 2016, lors de la dernière très grosse claque (0-6) prise à la Beaujoire par les Canaris contre Lyon, René Girard, lui, n’était pas venu tenter d’expliquer l’inexplicable. On ne l’avait d’ailleurs jamais revu après à la Jonelière car le président Kita lui avait intimé l’ordre de boucler ses valises.

Christian Gourcuff, sorti de sa retraite bretonne durant l’été 2019, devrait normalement en faire de même dans les heures à venir. La direction s’était fixé un carton plein à domicile (réceptions de Strasbourg ce dimanche et de Dijon dans une semaine). Les Canaris ont trébuché dès la première marche ce dimanche en étant ridicules du début à la fin (un tir cadré de Blas à la 90e).

Gourcuff lâché par ses joueurs ?

Quatorzième avec 13 points, le FC Nantes n’est pourtant pas dans la zone rouge, mais c’est davantage l’attitude amorphe des joueurs qui préoccupe  Waldemar Kita que le classement actuel… « La direction sent que le coach n’a plus les solutions… », nous confiait un salarié en fin de semaine. « Quels leviers pouvez-vous activer ? », a-t-on demandé après la rencontre à Gourcuff. Le technicien a parlé d'« aspects mentaux, d’investissement, de confiance », sans se montrer vraiment convaincant. On l’a trouvé abattu, touché, résigné même par moments. « Si je ne conviens pas à la situation, ce n’est pas un souci… », a-t-il lâché en rappelant qu’il était venu à Nantes « pour donner un coup de main et faire de son mieux possible ».

On lui a alors demandé s’il s’était senti « trahi » par ses joueurs. « Le problème ce n’est pas moi, a-t-il martelé. Je n’ai pas à être trahi. Si des gens trahissent quelqu’un, c’est le club. » Un confrère lui a raconté le remplacement d’Abdoulaye Touré (à 0-2) et sa sortie en marchant et sans un regard vers son entraîneur… Se sent-il lâché par son groupe ? « Quand on voit la prestation de l’équipe, on peut s’interroger, a concédé le technicien breton. Certains joueurs ne sont pas à leur niveau. Il faut détacher le problème par rapport à moi. C’est le problème du club, l’avenir du club qui est en jeu. »

Après le match, le président Kita et son fils, Franck, se sont entretenus longuement avec le staff. Ensuite, la direction a pris son avion pour rentrer sur Paris. Contactée ce dimanche soir, elle dément vouloir se séparer de son coach. Pourtant, dès la semaine dernière, Waldemar Kita avait demandé à Mogi Bayat, un agent dont il est très proche, d’activer son réseau pour trouver un nouveau technicien. La piste de Hein Vanhaezebrouck a été étudiée, mais le Belge a signé en fin de semaine à la Gantoise. Le Suisse René Weiler, qui est libre, a aussi été contacté, mais la direction ne semblerait pas emballée par son profil.