Vendée Globe : Dalin creuse l’écart en tête… Un anniversaire et des jolis poèmes… Le journal de la course

VOILE Les skippeurs poursuivent leur descente de l'Atlantique sud, toujours à la recherche de vent

N.C.

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Charlie Dalin, sur Apivia, mène la flotte du Vendée Globe dans l'Atlantique sud.
Charlie Dalin, sur Apivia, mène la flotte du Vendée Globe dans l'Atlantique sud. — Loic VENANCE / AFP

Charlie Dalin s’envole en tête du Vendée Globe. Non pas qu’il avance à folle allure – le vent est toujours denrée rare en ce moment –, mais le skippeur d’Apivia profite des malheurs de Thomas Ruyant, dont le foil bâbord a rendu l’âme mardi matin, pour creuser l’écart. A l’avant comme à l’arrière, on se prépare à la fin de l’anticyclone qui met tout le monde au ralenti. Le vent, c’est (normalement) pour bientôt, et il ne faudra pas rater le train.

Le classement à 9 h

1. Charlie Dalin (Apivia) à 18.872 milles de l’arrivée

2. Thomas Ruyant (LinkedOut) à 105 milles du premier

3. Jean Le Cam (Yes we Cam !) à 344 milles du premier

4. Boris Herrmann (Seaexplorer-Yacht Club de Monaco) à 507 milles du premier

5. Kevin Escoffier (PRB) à 512 milles du premier

Dans les starts pour repartir

Les jours se suivent et se ressemblent sur le Vendée. Les concurrents doivent toujours faire avec des conditions météo pour le moins capricieuses. Déjà pas très énervé, le vent devrait encore mollir dans la journée, selon les prévisions. Mais bientôt, très bientôt, l’anticyclone responsable de ce calme va passer et viendra le temps de la bordure.

« Dès qu’on sera dans le Sud de l’anticyclone, on va faire une bonne glissade dans la dépression australe, qui va nous emmener loin, peut-être jusqu’aux îles Kerguelen, explique Sébastien Simon, actuel 7e de la course. Il va falloir rester concentré pour ne pas louper ce train. Si on le manque, on se prendra un anticyclone qui nous contraindra à repartir avec un système de retard. » Les skippeurs sont dans les starts.

L’Equateur en cadeau d’anniversaire pour Alexia Barrier

Il y a pire endroit pour fêter ses 41 ans. Alexia Barrier, qui navigue actuellement à la 26e place avec le gruppetto, s’est offert le passage de l’Équateur à 23 h 30 mardi soir, soit quelques minutes avant de fêter son anniversaire. Joli cadeau, pour ce que cela représente et surtout car cela signifie qu’elle en a enfin fini avec le pot au noir.

« J’ai hâte d’être en bâbord pendant dix jours. Je vais pouvoir attaquer une écharpe. J’ai amené de quoi tricoter si jamais je m’ennuie », disait-elle juste avant de quitter cette difficile zone de convergence intertropicale. Il est vrai que maintenant, c’est la longue descente le long des côtes brésiliennes qui l’attend. De quoi prendre le temps de sabler le champ' dans la journée.

Les skippeurs, ces poètes

Le site de la course a compilé ce matin les messages envoyés par les concurrents pour décrire leurs sentiments en mer. Certains sont particulièrement doués pour nous faire voyager. Voici une petite sélection.

Fabrice Amedeo : « À chaque fois que je viens ici, je me fais la réflexion. Cette partie du parcours dans les alizés d’hémisphère Sud, entre la sortie du Pot au Noir et le Brésil est mon coin de paradis sur l’océan. Dans les alizés d’hémisphère Nord, la mer peut être hachée, le temps gris. Ici règne le turquoise. L’eau et le ciel sont au diapason pour enchanter la rétine du marin. Le soir, le soleil couchant offre des nuances de rose et de violet à couper le souffle, et les cumulus semblent incandescents. »

Armel Tripon : « Qu’est ce qui fait que l’on soit heureux en mer ? Quels sont ces moments rares uniques à vivre. Tous ces petits riens qui font un grand tout. Avoir le privilège chaque soir et matin si on est levé de voir le ciel se métamorphoser. Vivre pleinement une journée en mer ou chaque manœuvre chaque geste a son importance, le ressentir. Voir à perte de vue ce bleu immense, si intense et profond, sentir vivre sous ses pieds. Dans son corps ce bateau qui vit avec la mer avec le vent. Sentir le vent, voir les nuages, observer le ciel. »

Stéphane Le Diraison : « L’océan Atlantique Sud est une invitation au voyage et à la rêverie. Nombre d’îles totalement isolées suscitent toute ma curiosité : Sainte-Hélène, Ascension, Trindade ou encore Tristan da Cunha et Gough. Petite précision au passage : le sens de rotation des dépressions et des anticyclones est inversé entre les deux hémisphères. C’est très perturbant, un peu comme prendre le volant au Royaume-Uni ! »