Vendée Globe: Les skippeurs à la recherche du vent perdu... Enorme coup dur pour Ruyant... Le journal de la course

VOILE Les concurrents du Vendée s'arrachent les cheveux pour trouver la meilleure route pour couper l'Atlantique et rejoindre le Cap de Bonne-Espérance

N.C.

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Un habitant des Sables souhaite bon vent aux marins du Vendée Globe avant le départ, le 8 novembre 2020.
Un habitant des Sables souhaite bon vent aux marins du Vendée Globe avant le départ, le 8 novembre 2020. — Sebastien SALOM-GOMIS/SIPA

Mise à jour 11h30 : Ajout avarie pour Thomas Ruyant

Une descente interminable. Les skippeurs du Vendée Globe commencent à être désespérés dans cette longue et lente descente de l’Atlantique. Chacun tente de trouver le meilleur chemin pour toucher un peu de vent, qui se fait plus que rare. Le leader Charlie Dalin est descendu tellement bas qu’il est presque à la « zone d’exclusion ». Derrière, son dauphin Thomas Ruyant a subi une grosse avarie la nuit dernière. On vous explique tout ça.

Le classement à 9h00

1. Charlie Dalin (Apivia) à 19.150 milles de l’arrivée

2. Thomas Ruyant (LinkedOut) à 72 milles du premier

3. Jean Le Cam (Yes we Cam !) à 363 milles du premier

4. Kevin Escoffier (PRB) à 442 milles du premier

5. Yannick Bestaven (Maître Coq IV) à 449 milles du premier

A la recherche du vent perdu

« J’imaginais plus l’Atlantique sud comme la zone la plus rapide du tour du monde, et bien c’est raté ! » Comme tous les autres, Charlie Dalin se débat actuellement pour trouver la bonne route vers le Cap de Bonne-Espérance. Un vrai casse-tête. « On passe du temps à la table à cartes pour trouver le chemin. On en connaît les grandes lignes, mais il y a beaucoup de subtilités à gérer », ajoute son dauphin, Thomas Ruyant.

Même chose dans le gros paquet de poursuivants, où les jeunots aux dents longues désespèrent de pouvoir exploiter à plein leur bateau équipé de foils pour enfin passer devant Jean Le Cam, solide troisième. « C’est un sentiment étrange : Imaginez que vous êtes assis sur le bord de la route en vous demandant si l’on va venir vous chercher un jour », illustre Boris Herrmann, 6e à une centaine de mille du doyen.

« Cette nuit, il y avait 3 nœuds de vent et, dans un claquement de doigts, on prenait 20 nœuds, ça couchait le bateau. C’était sympa, ça donnait de l’ambiance, disait ce mercredi matin Kevin Escoffier. Ce n’est pas simple de décider. Il y a un fichier qui me fait partir au 100° plein Est, et l’autre qui m’envoie plein Sud. Dans ces cas-là, il faut aller vite. J’ai fait quatre changements de voile depuis hier soir. »

Tout ce beau monde continue donc pour le moment de mettre le cap vers le sud, en attendant un signe d’Eole. Attention quand même à ne pas aller trop loin. Les deux leaders s’approchent doucement mais sûrement de la « zone d’exclusion ».

Késaco, cette zone d’exclusion ?

Avant le départ, les organisateurs délimitent toujours une zone d’interdiction à la navigation. Son petit nom est la Zone d’Exclusion Antarctique (ZEA), tracée par 72 points GPS et séparés de 5°, si vous voulez tout savoir. Les marins n’ont pas le droit d’y entrer pour une question de sécurité.

Va falloir partir vers l'Est à un moment quand même.
Va falloir partir vers l'Est à un moment quand même. - capture d'écran

Le but est d’éviter les icebergs, bien sûr, mais les positions des glaces ne sont pas les seuls éléments pris en compte. Les zones de fort trafic maritime, avec cargos et porte-containers, sont également exclues. Les autorités maritimes australiennes donnent également des instructions pour que la flotte passe dans une zone bien précise où elles ont la capacité de déployer des forces aériennes pour le repérage des bateaux en difficulté.

Gros coup dur pour Ruyant

Nuit très agitée pour Thomas Ruyant. Vers 3 heures du matin, le 2e du classement a entendu un grand bruit à l’extérieur du bateau. Quand il s’est précipité dehors, il n’a pu que constater les dégâts : avarie importante sur son foil bâbord, complètement fissuré. Il va devoir faire sans son aileron sur le côté gauche du bateau pour le reste de son tour du monde.

« J’ai accumulé depuis dimanche les petits soucis, que je parvenais à gérer, mais qui sont couronnés ce matin par une avarie. Je continue naturellement la course, handicapé, avec une seule aile, mais je me réconforte en me disant qu’il me reste mon foil tribord, qui est peut-être statistiquement le plus important pour un tour du monde. La route est longue. Je continue, je m’accroche ! », a réagi le skippeur via un communiqué envoyé par son équipe.

Des nouvelles de Sébastien Destremau

Le skippeur de « Merci » est à l’arrêt depuis 24 heures maintenant. Mardi matin, il avait signalé à la direction de course une avarie majeure de quille, qui l’a contraint à stopper son bateau. « Je suis en train de réparer le système hydraulique et j’essaie de reprendre le contrôle de la quille, a-t-il expliqué lors d’une courte vacation. Ensuite je pourrai avancer sur le reste, je fais étape par étape. Il y a de l’huile partout sur le bateau, même sur mon oreiller et ce n’est pas très agréable. » Courage Seb.