Mediapro : Jean-Michel Blanquer critique la « cupidité » dans le football professionnel français

BRAS DE FER Alors qu’une nouvelle échéance est prévue en décembre, le groupe sino-espagnol n’a toujours pas versé celle d’octobre pour les droits TV

20 Minutes avec AFP
Jean-Michel Blanquer, à Paris le 22 octobre 2020.
Jean-Michel Blanquer, à Paris le 22 octobre 2020. — ISA HARSIN/SIPA

Jean-Michel Blanquer n’est pas seulement le ministre de l’Éducation nationale. Il chapeaute également le ministère des Sports. Et c’est sous cette casquette qu’il ne s’est pas privé dimanche sur RTL de critiquer de façon virulente le football professionnel. Il a ainsi évoqué « une forme de cupidité et d’irréalisme » du monde du ballon rond dans le dossier Mediapro, un problème que l’État n’a cependant pas selon lui « vocation à compenser ».

Le bras de fer continue en effet entre la Ligue de football professionnel (LFP) et Mediapro. Le groupe sino-espagnol, qui s’était adjugé en 2018 80 % des droits TV de la Ligue 1 pour 780 millions d’euros par an, n’a pas versé l’échéance due en octobre, d’un montant de 172,3 millions d’euros. Alors qu’une nouvelle échéance est prévue en décembre, le groupe souhaite revoir les modalités du contrat de cette saison et a engagé une procédure en conciliation avec la LFP.

Le grand étonnement de Macron

Mardi, lors d’une réunion sur les aides au sport français durement touché par la crise du coronavirus, Emmanuel Macron s’est fortement étonné des conditions de conclusion de ce contrat, selon des participants. « Le président de la République a été très clair, je l’ai été aussi, je crois, et le Premier ministre aussi. On considère que vous ne pouvez pas prendre de risque financier en tant qu’acteur privé, déboucher sur quelque chose d’assez grave quand même et à la fin appeler au secours l’État pour financer votre risque, en quelque sorte », a déclaré dimanche Jean-Michel Blanquer.

« Il y a des choses qu’on peut faire et des choses qu’on ne peut pas faire. Par ailleurs j’ai toute confiance dans les acteurs du football professionnel pour trouver les solutions de sortie », a ajouté le ministre de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports. « Bien évidemment, on suit ça, on ne se déresponsabilise pas », a-t-il assuré.