Ultra-trail : Luca Papi renonce à son défi fou aux Canaries à cause des « conditions extrêmes »

AVENTURE Le coureur italien de 40 ans a dû renoncer samedi, après 12 jours à plus de 40°C, à son challenge XXL de boucler 1.100 km (39.200 m de dénivelé positif) sur les circuits de la Transgrancanaria

Jérémy Laugier

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Luca Papi est très attaché aux îles Canaries depuis le début de ses aventures très longues distances il y a cinq ans.
Luca Papi est très attaché aux îles Canaries depuis le début de ses aventures très longues distances il y a cinq ans. — Janira Ojeda
  • Les très longues distances n’ont jamais fait peur à Luca Papi. L’ultra-traileur italien, employé de Disneyland Paris depuis 20 ans, s’est ainsi lancé sur un défi off de 1.100 km (39.200 m de dénivelé positif) le 31 août sur l’île de Grande Canarie.
  • Après 12 jours de course et 850 km parcourus, celui-ci a dû mettre un terme à son aventure, marquée par des « conditions extrêmes », avec des nuits à plus de 30°C.
  • Très attaché aux îles Canaries, Luca Papi reviendra en novembre pour un nouveau challenge, cette fois en binôme : parcourir 800 km sur les huit îles principales.

On peut donc parcourir 850 km et 39.200 m de dénivelé positif en moins de 12 jours, et avoir « échoué » dans son défi off. Bienvenue dans la vie de l’ultra-traileur italien Luca Papi, qui ambitionnait d’enchaîner depuis le 31 août quatre boucles différentes de la Transgrancanaria (soit un total de 1.100 km et 39.200 m de D + !). Vainqueur de cette épreuve très exigeante d’environ 265 km en 2017 et 2019 aux Canaries, cet opérateur-animateur d’attraction à Disneyland Paris s’est lancé dans l’aventure la plus longue de sa carrière, accompagné de copains sur certaines portions.

Gêné par une contracture à la cuisse, l’athlète de 40 ans de la Team WAA a fini par renoncer samedi après trois boucles, et ce dans des « conditions extrêmes » : « Il est très rare que j’abandonne. Mais là, on a eu droit à des journées à 45°C, quasiment sans ombre, et des nuits jusqu’à 32°C ». La déshydratation a donc eu raison de Luca Papi, notamment vainqueur l’an passé du prestigieux Tor des Glaciers (450 km et 32.000 m de D +). 

1h30 maximum de repos chaque nuit dans les chemins

« Je veux garder une notion de plaisir, je ne cours pas pour me faire mal, et j’ai fait le choix de la raison en arrêtant là », confie celui qui s’est contenté de dormir « 1h30 maximum chaque nuit par terre dans les chemins ». Fidèle à sa réputation de bon vivant, Luca Papi s’est rattrapé durant 12 jours avec des ravitaillements dans les bars et restaurants de la Grande Canarie. « J’adore cette île, s’enthousiasme-t-il. J’ai vraiment commencé à courir là-bas sur des longues distances en 2015. C’est un mix de beaux paysages, de belle météo toute l’année et de très belles personnes. »

Ayant informé la population locale de son tracé, il a reçu de surprenantes attentions tout au long de son aventure : « On m’a laissé sur le chemin des mousses au chocolat dans une glacière avec mon nom dessus. Des groupes m’ont aussi attendu pour m’offrir un ravito à 2 heures du matin, et quelqu’un que je ne connaissais pas du tout a parcouru 70 km avec moi ».

« Cette barre des 1.000 km, qui est carrément jouable »

Autant d’expériences poussant Luca Papi à ne pas être déçu d’avoir dû stopper son challenge à 250 km de son objectif. « Je ramène une tonne de magnifiques souvenirs et cela n’a pas de prix. Ça me donne juste une excuse pour revenir et retenter cette barre des 1.000 km, qui est carrément jouable », sourit le fantasque ultra-traileur.

Dès le mois de novembre, le Parisien sera de retour, cette fois aux côtés de son ami Philippe Verdier, avec qui il a remporté l’Echapée Belle (144 km) l’an passé. Ils vont tenter de boucler un circuit inédit de 800 km sur les huit îles principales des Canaries. Ça ferait presque office de vacances pour lui après cette brûlante tentative de septembre.