Top 14 : Thomas Ramos fait des pieds et des mains pour le Stade Toulousain

RUGBY Six jours après avoir initié un splendide essai à Clermont, grâce à une passe pleine d’audace, le très complet arrière toulousain Thomas Ramos a renfilé sa panoplie de buteur samedi contre La Rochelle

Nicolas Stival

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Thomas Ramos a inscrit 24 des 39 points de la victoire du Stade Toulousain sur La Rochelle, samedi en Top 14.
Thomas Ramos a inscrit 24 des 39 points de la victoire du Stade Toulousain sur La Rochelle, samedi en Top 14. — Frédéric Scheiber / AFP
  • Auteur de 24 points au pied samedi contre La Rochelle (39-23), Thomas Ramos a encore rappelé pourquoi il était le buteur numéro 1 du Stade Toulousain.
  • L’arrière international de 25 ans a joué 80 minutes, contre à peine plus d’un quart d’heure six jours plus tôt à Clermont (33-30). Ce qui ne l’avait pas empêché d’éclabousser le stade Marcel-Michelin de sa classe, à la main cette fois.

 

Un échec pour commencer puis un sans-faute, avec six pénalités et trois transformations qui font 24 points. Le pied droit de Thomas Ramos a très largement contribué à la victoire du Stade Toulousain sur La Rochelle (39-23), samedi pour la deuxième journée  du Top 14. « La première tentative est mal tapée, après je corrige bien », commente sobrement l’arrière international (25 ans, 11 sélections), titulaire ce week-end. Il devrait de nouveau débuter dimanche prochain face aux Irlandais de l’Ulster, en quart de finale de Coupe d’Europe.

Car, comme l’indique Clément Poitrenaud, entraîneur des trois-quarts stadistes, « toutes les équipes, si elles veulent exister au plus haut niveau, ont besoin d’un buteur qui tient la route ». Depuis le début de sa carrière, prêt à Colomiers inclus (meilleur réalisateur de Pro D2 en 2016-2017, avec 345 points), Ramos a prouvé qu’il ne dérapait pas souvent face aux poteaux.

« Il faut savoir résister à la pression et il a montré qu’il était capable de le faire », convient Poitrenaud, lequel souligne aussi que Romain Ntamack peut se glisser dans la peau d’un buteur, comme il le fait en Bleu. L’ouvreur prodige était ainsi préposé au tee à Clermont.

« Quand je suis sur le terrain, c’est moi qui bute »

Mais c’était parce que Ramos avait débuté comme remplaçant. « Quand je suis sur le terrain, c’est moi qui bute, assène le natif de Mazamet. Si ce n’est pas le cas, c’est Romain. Et quand ni lui ni moi ne jouons, c’est Zack [Holmes], et ainsi de suite… »

Mais il ne faut bien sûr pas réduire le Tarnais à une simple machine à taper les pénalités, à une vigie qui regarderait le reste du temps Cheslin Kolbe, auteur d’un doublé samedi, et compagnie assurer le spectacle. Il suffit de repenser à son incroyable inspiration à Clermont, peu après son entrée en jeu à un quart d’heure de la fin du match : une passe entre les jambes à cinq mètres de son en-but pour Ntamack, et tout au bout d’une action de grande classe, un essai d’Antoine Dupont.

« Sur le coup, on est côte à côte, je lui dis "tape, tape !" puis je le vois faire ça », s’esclaffe encore le centre Sofiane Guitoune une semaine plus tard.

S’il enchaîne coups d’éclat et régularité de métronome devant les perches, Ramos retrouvera forcément en novembre le XV de France. Le Toulousain ne s’est pas (encore ?) imposé comme un élément indispensable des Bleus, avec lesquels son histoire est pour l’heure contrariée, à l’image de son forfait au cours du Mondial japonais, voici près d’un an.