Coronavirus au Stade Toulousain : Le stade Ernest-Wallon se transforme en labo géant de dépistage

SANTE PUBLIQUE En marge de la rencontre du Top 14 entre Toulouse et La Rochelle, ce samedi, le stade Ernest-Wallon a proposé trois unités de dépistage du Covid-19

Nicolas Stival
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Des tests PCR sont pratiqués dans l'enceinte du Stade Ernest-Wallon, le 12 septembre 2020.
Des tests PCR sont pratiqués dans l'enceinte du Stade Ernest-Wallon, le 12 septembre 2020. — Nicolas Stival / 20 Minutes
  • 1.200 tests PCR sont disponibles ce samedi au stade Ernest-Wallon de Toulouse.
  • En partenariat avec les autorités politiques et sanitaires, le Stade Toulousain a mené une vaste opération de dépistage du coronavirus.
  • Derrière l’enjeu de santé publique, il y a aussi une histoire d’intérêts économiques, assumée par le club.

Des affiches de prévention sur les gestes barrière à adopter, avec des conseils prodigués par des joueurs Rouge et Noir. Pas de doute, ce Stade Toulousain – La Rochelle, premier match de Top 14 à Ernest-Wallon depuis février, est placé sous le signe du Covid-19. A l’initiative du club le plus titré de France, une opération de dépistage était même organisée ce samedi avant, à la mi-temps et après le match, en coopération avec la préfecture de Haute-Garonne, le CHU de Toulouse et l’ARS Occitanie.

« Une première dans un stade de rugby français », assurent les organisateurs. Une heure avant le match, des volontaires se précipitaient déjà dans l’un des trois centres disposés sous des chapiteaux dans l’enceinte du Wallon. « Ça marche très, très bien », selon Jean-Philippe Durrieu Dufaza.

Des messages de prévention contre la propagation du coronavirus, au stade Ernest-Wallon de Toulouse.
Des messages de prévention contre la propagation du coronavirus, au stade Ernest-Wallon de Toulouse. - Nicolas Stival / 20 Minutes

Ce médecin d’une clinique toulousaine dirige plusieurs associations de réservistes du service de santé de l’armée. Quelque 35 volontaires étaient prêts à faire passer jusqu’à 1.200 tests PCR, avec des résultats garantis au maximum sous 72 heures. Pas mal, sachant que seulement 4.800 personnes étaient attendues dans l’enceinte d’Ernest-Wallon (19.000 places), pour cause de jauge limitée dans un département classé en rouge.

« Les autres centres sont saturés »

« Beaucoup de personnes ont été des sujets contact, beaucoup sont inquiets, beaucoup ont des échéances, comme se faire opérer, rentrer dans des collectivités ou prendre des avions », détaille le Dr Durrieu Dufaza.

Eric, lui, ne rentre pas dans ces cases. Mais ce supporteur stadiste de 51 ans, dont deux décennies de passion en Rouge et Noir, a malgré tout décidé de prêter son nez à la science. « C’est vraiment l’occasion qui se présente, avoue le quinquagénaire. Les autres centres sont saturés. Je n’ai aucun symptôme, mais si cela permet de me rassurer et de rassurer tout le monde… »



« C’est notre rôle de jouer sur l’attractivité du Stade Toulousain pour proposer un service public », assène Didier Lacroix, dont une cinquantaine de salariés ont été invités à se prêter à l’initiative. Le président du club avoue sans peine qu’en fait, il y a aussi un autre objectif derrière cette opération, qui le concerne en premier lieu. « Il nous faut, y compris sur le plan économique, revenir au-dessous de la barre fatidique de la lumière verte ou rouge. » Autrement dit, que le département repasse au vert le plus vite possible, ce qui signifierait que le virus circule beaucoup moins qu’aujourd’hui.

Cela permettrait au Stade Toulousain de demander des dérogations préfectorales pour remplir davantage son enceinte, et ainsi donner un nouveau souffle à son budget, dépendant à 75 % de la présence du public et des partenaires lors des rencontres à domicile.