Triathlon : Ludovic Chorgnon, « l'Obélix du sport », vise de nouveaux records du monde sur des Ironman

TRIATHLON A 49 ans, « Ludo le fou » va tenter de boucler l’Ironman au plus vertigineux dénivelé positif du monde (11.000 m de D+), samedi autour de Morillon (Haute-Savoie)

Jérémy Laugier

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Ludovic Chorgnon a notamment effectué en 2018 un Ironman entre Londres et Paris, avec 68 km de traversée de la Manche à la clé.
Ludovic Chorgnon a notamment effectué en 2018 un Ironman entre Londres et Paris, avec 68 km de traversée de la Manche à la clé. — Ludovic Chorgnon
  • Ludovic Chorgnon est une véritable machine à défis sportifs insensés. Ce chef d’entreprise installé dans le Loir-et-Cher sera samedi en Haute-Savoie pour un triathlon particulier.
  • Cinq ans après avoir enchaîné 41 Ironman… en 41 jours consécutifs, l’homme de 49 ans se lance comme défi de boucler un triathlon de 11.000 m de dénivelé positif autour de Morillon, avec au programme le col de Joux Plane à vélo.
  • Il s’agit du premier épisode d’une nouvelle série de défis pour « Ludo le fou », qui souhaitera l’an prochain obtenir le record mondial de l’Ironman le plus froid, le plus chaud, et le plus haut.

Le Covid-19 a eu raison du projet fou de Ludovic Chorgnon de réaliser en décembre prochain sept Ironman (3,8 km de natation, 180 km de vélo et 42,2 km de course à pied) en sept jours… et sur sept continents ! « Vu le contexte, j’ai dû changer mes plans », sourit cet amateur de défis extrêmes en triathlon et en trail, qui avait planifié des vols en avions privés, « avec une heure de marge chaque jour ». Mais quand ce chef d’entreprise en consulting de 49 ans annule une aventure, c’est pour en initier une autre, tout aussi dingue.

Le Loir-et-Chérien va se lancer samedi, à 3 heures du matin à Morillon (Haute-Savoie), dans une tentative de record du monde de dénivelé positif sur un Ironman. Là où l’Evergreen 228, autour de Chamonix, s’avère redoutable avec ses 7.500 m de D +, Ludovic Chorgnon s’est concocté un programme de 11.000 m de D +. Il va plonger avant le lever du soleil dans le lac bleu de Morillon, puis il s’attaquera sur son vélo, et à plusieurs reprises, à l’imposant col de Joux Plane (1.690 m d’altitude), rendu mythique par le Tour de France, et en haut duquel il ne devrait faire que 3°C samedi.

Un prochain défi à -20°C « et même -30°C si j’ai de la chance »

« Ça va piquer », s’amuse-t-il, alors qu’il conclura sa journée avec un marathon de trail, à savoir six allers-retours à Morillon Les Esserts, pour une arrivée prévue à minuit. Il invite tous ceux qui souhaitent participer à son défi à l’accompagner sur 100 bornes (ou 100 m) dans chacune des trois disciplines. Ce « challenge d’une vie », pour lequel « Ludo le fou » s’est entraîné jusqu’à 13 heures par jour cet été en course à pied et à vélo en montagne, sera suivi en 2021 de trois autres Ironman inédits pouvant être convertis en records.

A savoir le triathlon XXL le plus froid de l’histoire sur le cercle polaire arctique, avec une eau à 0°C et une température extérieure à -20°C « et même -30°C si j’ai de la chance » en février. Puis le plus haut au Népal en avril, entre 4.300 et 5.000 m d’altitude. Et enfin le plus chaud en juillet, avec 55°C attendus… « et 45°C la nuit » dans la Vallée de la Mort (Etats-Unis).

« Mon père m’a appris à nager quand je ne savais pas encore marcher »

Autant d’aventures qui vont notamment le confronter « au manque d’oxygène » et « à la résistance de pneus de vélo face à un sol à 80°C ». Depuis une quinzaine d’années, Ludovic Chorgnon enchaîne avec passion ses projets via Défi 41. « Je suis un Obélix du sport ! Mon père est maître nageur et il m’a appris à nager quand je ne savais pas encore marcher », confie l’intéressé, qui compte une soixantaine d’Ironman bouclés à son palmarès et qui va aussi prendre part en octobre à sa 10e Diagonale des Fous, l’emblématique ultra-trail de La Réunion.

L’homme originaire de Roanne (Loire) a notamment marqué les esprits durant l’été 2015 en devenant le premier triathlète à boucler 41 Ironman en 41 jours consécutifs. Et ce pour signer un clin d’œil au numéro de son département fétiche du Loir-et-Cher, alors que 8.000 personnes sont venues sur la ligne d’arrivée à Vendôme pour saluer son exploit. Puis cet ovni du sport amateur s’est offert en 2018 un triathlon entre Londres et Paris, avec 68 km à la nage pour traverser la Manche à la clé.

« Je cherche juste des trucs qui me font triper »

« Les records marquent les esprits mais ça n’est jamais ce qui me porte, assure ''Ludo le fou''. Je ne suis pas dans la surenchère, je cherche juste des trucs qui me font triper et que je ne suis pas certain de conclure. » Tout à fait le profil de cette nouvelle aventure au cœur de la Vallée du Haut Giffre samedi. Mais comment Ludovic Chorgnon fait-il pour tenir la distance, avec toutes ces courses extrêmes programmées à bientôt 50 ans ?

« L’avantage de ces défis de triathlon, c’est qu’ils génèrent beaucoup de fatigue musculaire mais pas de traumatisme, explique-t-il. Quand tu sautes durant les 165 km de la Diagonale des Fous, tu ramasses bien plus. » Il parviendrait presque à nous faire croire qu’un Ironman peut être accessible à tous.