ASSE-Bordeaux : Les Girondins font du surplace, au classement comme dans le jeu

FOOTBALL Dominés, les Bordelais ont ramené un nul heureux de Saint-Etienne (1-1), ce dimanche, après une prestation très décevante dans le contenu

Manuel Pavard
L'ailier nigérian Kalu a été l'un des rares Bordelais à créer du danger par ses percées dans le camp stéphanois.
L'ailier nigérian Kalu a été l'un des rares Bordelais à créer du danger par ses percées dans le camp stéphanois. — JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
  • Les Girondins de Bordeaux ont obtenu un nul à Geoffroy-Guichard face à l’ASSE (1-1) ce dimanche.
  • Les Bordelais ont ouvert le score mais s’en tirent plutôt bien, après une prestation très moyenne.
  • Bordeaux reste dans le ventre mou, à la 12e place du classement.

Au stade Geoffroy-Guichard (Saint-Etienne),

Certains chiffres en disent long. Jusqu’à l’ouverture du score de Josh Maja, à la 65e minute, les Girondins de Bordeaux n’avaient pas cadré le moindre tir. Un bon résumé du manque d’ambition offensive des hommes de Paulo Sousa, dont la prestation a parfois été d’un niveau technique inquiétant, ce dimanche, à Geoffroy-Guichard.


En décrochant un nul sur la pelouse de l’ASSE (1-1), les Bordelais ont certes limité la casse, stagnant dans le ventre mou, à la 12e place du classement. Mais jamais les partenaires de Laurent Koscielny n’ont semblé en mesure de faire basculer la rencontre, même à 11 contre 10 pendant 15 minutes après l’expulsion du Stéphanois Camara. Au contraire, le point du nul paraît même plutôt bien payé.

Manque de pressing et de mobilité de toute l’équipe

Privé notamment de Basic, Pablo, De Préville et Briand, Paulo Sousa avait aligné un 4-2-3-1 avec un trio Adli-Oudin-Kalu en soutien de Josh Maja, seul en pointe. Pas si mal sur le papier mais dans les faits, le quatuor a très rarement réussi à combiner dans le camp stéphanois, la faute à un manque de pressing et de mobilité de toute l’équipe et à une paire Otavio-Aït-Bennasser dominée dans l’entre-jeu.


Si Yacine Adli a pu faire admirer sa qualité technique par intermittence en début de match, il a ensuite progressivement baissé de pied. Quant à Rémy Oudin, celui-ci a été quasi transparent tout au long de la partie, confirmant ses difficultés d’adaptation. Avant l’ouverture du score, seul Kalu a ainsi apporté un peu de danger grâce à ses percées sur les deux ailes.

« Ça me saoule de toujours prendre un but dans les minutes après en avoir marqué un », déplore Benito

Pourtant, les Girondins auraient pu réaliser le hold-up parfait. Ce sont eux en effet qui ont frappé les premiers avec un but opportuniste du jeune attaquant anglo-nigérien Josh Maja, jusque-là sevré de ballons, qui a profité d’un contrôle manqué de Kolodziejczak pour tromper Moulin (1-0, 65e). Mais les Bordelais ne sont pas parvenus à garder leur avantage bien longtemps, se faisant surprendre par la tête plongeante de Bouanga trois minutes plus tard (1-1, 68e).

Une égalisation qui a particulièrement agacé Loris Benito. « C’est chiant de devoir toujours vous dire la même chose, a réagi le latéral suisse en zone mixte. Ça commence à me saouler de prendre un but dans les 10-15 minutes après en avoir marqué un. » Pour ne rien arranger, Bordeaux n’est même pas parvenu à tirer un quelconque profit de sa supériorité numérique dans le dernier quart d’heure.

Les Girondins passés près de la correctionnelle

Eui-jo Hwang, fraîchement entré en jeu, a bien tenté de bousculer la défense stéphanoise à plusieurs reprises. Mais ce sont bien les Girondins qui sont passés près de la correctionnelle dans le temps additionnel avec une action litigieuse et un coup de coude de Mexer sur Fofana, dans leur propre surface, qui aurait peut-être pu valoir un penalty.

Énervé par le non-match de ses joueurs, Paulo Sousa ne les a pas épargnés en conférence de presse. « Notre intensité était très basse et la mobilité quasiment inexistante. On a perdu des ballons simples, pratiquement sans pression adverse, ce qui a permis à l’ASSE de se créer des opportunités », a pointé l’entraîneur portugais, avant de tacler certains de ses joueurs.

« C’est notre niveau », conclut Paulo Sousa

« Je ne comprends pas que les joueurs qui ont moins de temps de jeu, ne profitent pas de l’occasion pour nous montrer qu’ils doivent jouer plus. C’est comme ça, c’est notre niveau », a-t-il conclu, presque fataliste.

Deux semaines après un match plutôt encourageant, malgré la défaite (4-3), sur la pelouse du PSG, les Girondins sont donc retombés dans leurs travers. Rien de dramatique sur le plan comptable mais sans élever sérieusement leur niveau de jeu, les Bordelais auront bien du mal à se mêler à la lutte pour les places européennes et risquent fort de vivre une fin de saison sans saveur.