RC Strasbourg : « Un vrai mec du Sud sans l'accent », comment Montpellier a transformé Thierry Laurey
FOOTBALL•L’entraîneur du Racing a beaucoup d’attaches au MHSC, où il a passé près de vingt ans. Le match de samedi sera forcément particulier pour luiT.G. (avec J.D.)
L'essentiel
- Thierry Laurey retrouve la Mosson et Montpellier, samedi soir. Un match particulier pour l’entraîneur du RC Strasbourg, qui a joué et entraîné au MHSC.
- Quels souvenirs ont ses anciens partenaires de lui ? On leur a posé la question et… il y a quelques anecdotes !
- Samedi, Thierry Laurey va aussi retrouver face à lui Michel Der Zakarian, avec qui il a longtemps formé la charnière centrale de Montpellier.
«Vous n’êtes pas du sud, vous hein ? » Thierry Laurey, si. D’adoption au moins, puisqu’il est né à Troyes. Mais l’entraîneur du RC Strasbourg le rappelle souvent par ses expressions bien à lui, il a passé beaucoup de temps à deux pas de la Méditerranée. A Montpellier surtout, comme joueur du MHSC (1987-1988 puis 1991-1998) puis au début de sa carrière de coach. Samedi soir en Ligue 1, ses retrouvailles avec la Mosson risquent encore d’être particulières.
« Je n’avais pas prévu d’y aller mais vu que Thierry vient, j’irai peut-être », anticipe son ex-partenaire Philippe Fluklinger, qui vit encore dans l’Hérault. Les deux se connaissent très bien. Ils ont évolué sous le maillot du MHSC pendant quatre saisons (1994-1999). « On est même parti en vacances ensemble, je devais être un peu maso », rigole l’ancien gardien en repensant à ces parties de cartes endiablées et aux « engueulades » qui s’ensuivaient souvent. « J’ai dû ramasser une paire de fois le jeu par terre ! Thierry, il est tout le temps à fond, même au tarot. Quand je le vois aujourd’hui en interview, je me dis qu’il n’a pas du tout changé. »
« Il avait déjà la fibre pour transmettre »
Compétiteur, chambreur, un brin caractériel, le Laurey défenseur central était aussi, et déjà, entraîneur dans l’âme. « On était un peu pareil tous les deux dans notre façon d’être. On discutait beaucoup, on aidait beaucoup les jeunes autour de nous. Il avait déjà la fibre pour transmettre », témoigne le technicien montpelliérain Michel Der Zakarian, qui a longtemps formé avec son alter ego alsacien la charnière du MHSC. Dans un style complémentaire.
« Thierry était courageux, propre et intelligent dans son placement. Comme Michel, il manquait un peu de vitesse mais il compensait par son placement et sa lecture de jeu », se souvient Jérôme Bonnissel. A son arrivée dans le groupe pro héraultais en 1992, le latéral avait été marqué par l’investissement de Laurey. « Il était très impliqué dans la stratégie, regardait la compo adverse, nous conseillait tout le temps. » Grâce à son expérience mais aussi ses connaissances.
« C’était et c’est toujours l’une de ses grandes qualités : il sait tout du foot. Les joueurs, pas que de Division 1, les tactiques, etc. C’était notre France Football à nous ! », reprend Philippe Fluklinger, avant d’évoquer un autre aspect de la personnalité de l’actuel technicien strasbourgeois. Sa pédagogie. Enfin, sa propre vision de la pédagogie. « Des fois, on sentait que Thierry voulait être sympa pour expliquer un truc mais ses paroles ne suivaient pas toujours ! »
« Il faut se lever tôt pour lui prouver qu’il a tort ! »
« C’est sûr qu’il pouvait avoir des mots durs à entendre mais il était très exigeant, savait ce qu’il voulait et adaptait son discours à son interlocuteur, le défend Bonnissel. On le croit comme ça un peu brut de pomme mais il connaît très bien les hommes et sait à qui il peut parler plus franchement ou non. »
Ce ne sont pas les joueurs du Racing qui diront le contraire. Certains ont déjà essuyé les foudres de leur coach, même en plein match. « Moi, je me souviens qu’il m’avait même viré d’un entraînement alors qu’on était parti ensemble en vacances le mois précédent et qu’il venait de devenir l’adjoint de Gasset ! », se marre Philippe Fluklinger. « Thierry est parfois victime de sa passion. Il est capable de s’énerver mais appellera plus tard pour réaborder le sujet. Pas s’excuser hein ! Il faut se lever tôt pour lui prouver qu’il a tort ! »
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« C’est quelqu’un de très extraverti et qui n’y va pas par quatre chemins, synthétise Jérôme Bonnissel. Oui, pour ça, on peut dire que c’est un vrai mec du sud sans l’accent. » Peut-être que ça viendra. Thierry Laurey l’avait confié dans une interview au site du MHSC en août 2017. « J’ai passé vingt ans de ma vie à Montpellier donc ce club et cette ville comptent beaucoup pour moi. C’est sans doute un endroit où je reviendrai vivre à la retraite… »



















