Mondiaux de biathlon : « Celle-là, je connais toute sa difficulté »… La médaille d’or vraiment pas comme les autres de Martin Fourcade

BIATHLON Le Français a remporté son 11e titre de champion du monde mercredi, un an après avoir touché le fond au coeur d'une saison galère

N.C.

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Martin Fourcade a remporté l'individuel des Mondiaux d'Antholz, le 19 février 2020.
Martin Fourcade a remporté l'individuel des Mondiaux d'Antholz, le 19 février 2020. — Tiziana FABI / AFP

Ce n’est pas son premier, loin de là, et pourtant le titre de champion du monde remporté par Martin Fourcade ce mercredi lors de l’individuel, à Antholz, a un parfum vraiment spécial. Il y a le fait de rejoindre Ole Einar Bjoerndalen dans les livres d’histoire du biathlon avec 11 médailles d’or mondiales individuelles (le Norvégien en totalise en revanche 20 en comptant les relais, contre 12 pour le Français), bien sûr, mais pas seulement.

Peut-être, sûrement même, ce titre conservera-t-il une place toute particulière pour Fourcade parce qu’il arrive un an après avoir touché le fond du fond du gouffre dans lequel il était tombé, avec une indigne 39e place sur ce même format lors des Mondiaux d’Ostersund.

« Mon début de carrière a peut-être été trop beau pour que je réalise à quel point c’était difficile de gagner une médaille. Celle-là, je connais toute sa difficulté », a-t-il reconnu sur le plateau de la chaine L’Equipe quelques minutes après ce sacre. « J’ai galéré l’an passé, j’ai souffert, j’ai beaucoup pris sur moi, a-t-il ajouté ensuite en conférence de presse. Mon corps et mon esprit étaient vides et je n’arrivais à pas retrouver les repères qui avaient fait de moi un bon sportif. Cela a été une grosse période de remise en question, de doute. J’ai cru que je n’arriverais pas à revenir. »

Tout cela va-t-il peser dans son choix de continuer ou non sa carrière ?

D’où le plaisir simple, déjà, d’être là et assez en forme pour jouer devant en arrivant à Antholz. Quelque chose a changé chez lui depuis son superbe mois de janvier, tout son entourage le sentait. Signe parmi d’autre, Stéphane Bouthiaux, qui entraîne le Pyrénéen depuis ses 17 ans, a reconnu qu’il ne l’avait jamais vu aussi heureux avec une médaille de bronze qu’après le sprint, samedi dernier. Bouthiaux, d’ailleurs, qui s’est dit « plus ému » mercredi que lors du premier titre mondial de son poulain (en 2011). « Il a tellement galéré l’an dernier, ça me faisait de la peine de le voir comme ça. »

Aujourd’hui, c’est lui, à nouveau, l’homme fort d’une grande compétition. Quentin Fillon Maillet et surtout Johannes Boe semblaient un petit cran au-dessus. Résultat, c’est lui le plus régulier. Troisième du sprint, quatrième de la poursuite, et ce titre, donc, pour couronner le tout et asseoir un peu plus son statut de légende de son sport. En attendant le relais avec les copains (samedi) et la mass start (dimanche) pour conclure. Tout cela va-t-il peser dans son choix de continuer ou non sa carrière à l’issue de cette saison ? On ne le saura pas tout de suite, mais Martin Fourcade s’est prouvé qu’il pouvait continuer à faire ce qu’il a (presque) toujours fait : gagner.