XV de France: Travail, esprit de groupe et bisbilles internes... Nice, terre sainte du renouveau des Bleus

RUGBY Le XV de France prépare le premier match du Tournoi des VI Nations à Nice, en terrain connu

William Pereira, avec J.H.

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Baptiste Serin fait partie des joueurs qui étaient déjà venus à Nice au mois d'août
Baptiste Serin fait partie des joueurs qui étaient déjà venus à Nice au mois d'août — Frederic DIDES/SIPA
  • Le XV de France prépare à Nice son premier match du Tournoi des 6 Nations contre l'Angleterre.
  • Pas une première pour les rugbymen français, qui étaient passés par la Côte d'Azur avant de s'envoler pour la Coupe du monde.
  • Une étape qui a marqué « le point de départ de la construction de cette équipe », selon Serge Simon.

Le terrain quadrillé selon les préceptes du prof Fabien Galthié – absent à l’occasion – les séances de torture de Thibault Giroud et un entraînement placé sous le signe de la désormais sacro-sainte haute intensité. Le tout, à Nice, loin du CNR de Marcoussis. Tout dans le cadre de vie actuel du XV de France rappelle la préparation estivale des Bleus en marge de la Coupe du monde au Japon, à l’exception des 15-16 degrés ambiants et d’un soleil plus timide. Cette fois, pas de long voyage ni de Mondial à l’horizon, « juste » un crunch en ouverture du Tournoi des 6 Nations.

Mais l’idée directrice est la même : « on voulait une prépa dans les conditions les plus agréables possibles, nous explique Serge Simon, vice-président de la FFR. Là on est dans le sud, c’est parfait. Plusieurs sites avaient été étudiés, mais Nice avait déjà accueilli le XV de France en plus d’avoir des infrastructures tout à fait au niveau. »

« C’est le point de départ de la construction de cette équipe »

Pas idéal pour reproduire les conditions de match que les Français rencontreront au Pays de Galles ou en Irlande en février, le climat local a le mérite de préserver les organismes d’éventuelles blessures, notamment musculaires. Et puis entre nous, une cure de soleil n’a jamais fait de mal à personne. « Il fait bon, ce n’est pas la neige de Paris », force Jefferson Poirot, aussi content de fuir Marcoussis, où l’équipe fera son retour après la réception des Anglais au Stade de France, que de retrouver un lieu bien connu. « On s’est bien préparés cet été ici, on a passé de bons moments donc c’est bien de pouvoir revenir. »

Quelque part, la Côte d’Azur ne peut être dissociée de l’arrivée de Fabien Galthié en renfort de Jacques Brunel, du nouveau staff et des nouvelles méthodes qui ont mené à l’échec prometteur face au Pays de Galles, donc par extension du renouveau du XV de France. Serge Simon :

« C’est vraiment ça, le début de l’aventure. Nice, l’Espagne, le stage sur la Côte d’Azur. C’est le point de départ de la construction de cette équipe. C’est là qu’on se disait que quelque chose était en train de se construire. On sentait qu’il se passait quelque chose parce qu’un nouveau staff venait d’arriver et qu’on voyait qu’il y avait une adhésion assez naturelle aux méthodes proposées par Fabien Galthié et Thibault Giroud. Pourtant, ils ont mis en place des choses très, très dures. On aurait pu craindre que des joueurs se braquent face à la difficulté mais au contraire, ça a créé une adhésion et un esprit de groupe forts. Il y avait mille raisons pour que ça ne fonctionne pas quand on y repense, tant cette équipe était sous une pression négative. Et finalement on en ressort en percevant un potentiel encourageant. »

Nice, c’est aussi l’endroit ou tout aurait pu partir en cacahuètes sur la question de la gestion des temps libres et autres sorties plus ou moins animées des joueurs. « Quand tu pars pour une Coupe du monde, poursuit le bras droit de Bernard Laporte, c’est une espèce de voyage en bateau ou tu vas côtoyer les mêmes gars 24h/24 avec une pression immense. T’as intérêt, comme en haute mer, à ce qu’il y ait certaines règles claires. » Fin août, juste avant le premier test-match contre l’Écosse, le « docteur » mène une opération de recadrage autour des sorties des joueurs et tente – d’après L’Equipe – de se faire épauler par Jefferson Poirot, qui le renvoie vers le capitaine de l’époque, Guilhem Guirado.

Réunions et compromis

On a bien essayé d’arracher un mot sur la question au pilier bordelais, en vain. Là encore, on s’en remet au récit du vice-président. « Il y a eu des discussions pour expliquer que ça allait être long et que si au bout de quelques jours tout le monde se marchait dessus, ça allait pas le faire. L’idée était d’aller le plus loin possible et pour ça il fallait absolument concilier le sportif avec la vie de groupe de jeunes hommes vigoureux qui ont besoin de vivre et que tu ne peux pas enfermer dans un cadre monastique. Il y a eu des réunions plénières, des discussions en aparté. Un peu de tout, finalement. »

Vendredi, les 28 joueurs du XV de France retenus à Nice par Fabien Galthié seront au repos. L’occasion pour Poirot et les autres de « faire un petit tour [en ville] pour s’aérer l’esprit, pour ne pas rester confinés dans notre hôtel. De passer un moment tous ensemble et apprendre à mieux se connaître, des choses comme ça qui, aussi, sont importantes pour nous. » En veillant bien sûr cette fois à ne pas enfreindre les règles de vie fixées ici même des mois auparavant.