Coupe de France : « Le Losc a été très courtois, sympa » mais est reparti avec la recette du match

FOOTBALL Opposé ce mercredi soir à Amiens en quart de finale de Coupe de la Ligue, Lille fait aussi parler de lui avec la polémique entourant les recettes non laissées aux adversaires des clubs de Ligue 1 en Coupe de France

Vincent Billet

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Vainqueur à Raon-l'Etape, le Losc est reparti avec la moitié de la recette, soit 21000€. Photo J.-C. Verhaegen / AFP photo
Vainqueur à Raon-l'Etape, le Losc est reparti avec la moitié de la recette, soit 21000€. Photo J.-C. Verhaegen / AFP photo — AFP
  • Comme l’OM à Trélissac, le Losc n’a pas laissé la recette de son match de Coupe de France à Raon-l’Etape qui l’accueillait.
  • Un an après Sète-Losc où le club nordiste avait eu la même réaction, Sandryk Biton, le manager héraultais, reste affecté : « Cette histoire me rappelle des mauvais souvenirs. Sauf si c’est lié à un problème financier, ça ne peut être qu’un manque d’élégance. »

On en oublierait presque l’essentiel. Le prochain match, comme le répètent à l’envi les footeux. Ce mercredi soir (21h05), face à Amiens, le Losc joue sa place dans le dernier carré de la Coupe de la Ligue. Rien que ça. Avec l’indéniable « avantage », dixit Christophe Galtier, de recevoir pour se rapprocher un peu plus du dernier titre national manquant au club lillois.

Mais c’est une autre compétition qui fait parler ces jours-ci. Les 32es de finale de la Coupe de France, disputés le week-end dernier, ont laissé des traces. Plusieurs clubs de l’élite, dont le Losc, sont pointés du doigt pour ne pas avoir laissé la part de la recette leur revenant aux clubs les ayant accueillis et évoluant à un niveau inférieur. Court vainqueur à Raon-l’Etape (N3), Lille a récupéré 21.000 euros, comme c’était son droit. Et même son dû à la lecture du règlement de la compétition gérée par la Fédération.

21.000 euros, soit 7 % du budget du club vosgien

Avec la disparition de cette coutume, le romantisme de la Coupe de France, dernier bastion face au foot business, vient encore d’en prendre un coup. Même si ça n’a pas vraiment surpris dans le Grand Est : « Leur match à Sète [en janvier 2019, où Lille avait récupéré sa part, soit un peu plus de 8.000 euros] avait fait du bruit… J’avais donc eu écho de la manière dont ils fonctionnaient. Je les ai contactés avant le match et on m’a expliqué que ça se passerait encore comme ça », reconnaît le manager de Raon-l’Etape, Farid Touileb.

Prévenus, donc, les Vosgiens, mais quand même déçus. « Le Losc a été très courtois, sympa, son coach disponible et ils nous ont laissé deux maillots. Après, on a espéré plus, d’autant que le match s’était bien passé. Cela reste un manque à gagner et pour un club comme le nôtre, c’est énorme. » Environ 7 % d’un budget avoisinant les 300.000 euros. « On avait prévu de rhabiller nos 200 bénévoles avec un survêtement, on leur achètera juste un polo cette année… »

Une part lilloise reversée au monde amateur ?

L’an dernier, le Losc s’était justifié en assurant reverser cette somme au monde amateur. « Sur le fond, c’est une bonne démarche », reconnaît Touileb. Mais sur la forme, la digestion est plus difficile. « Surtout quand on voit les chiffres des possibles transferts… » Un an après, Sandryk Biton, le manager sétois, reste affecté : « Cette histoire me rappelle des mauvais souvenirs. Sauf si c’est lié à un problème financier, ça ne peut être qu’un manque d’élégance. »

Farid Touileb va même plus loin… « Cette recette, c’était un peu la poire pour la soif, pour bien finir la saison. Si les gros clubs se mettent à faire ça… Avant, accueillir un club de Ligue 1 était prestigieux. Vu les contraintes et les coûts engendrés, je ne sais pas si les petits clubs vont encore vouloir organiser ces matchs et la Coupe perdra de son charme. »

Dans son droit, le Losc, contacté, n’a pour l’heure pas donné suite à nos sollicitations. Où va cet argent ? Des clubs locaux en profitent-ils ? Si oui, lesquels ? Des questions sans réponse. Gonfreville-l’Orcher (N3), qui accueillera le Losc en 16e de finale de Coupe de France, se doute bien de celle de l’ogre lillois, qui devrait encore prendre sa part du gâteau en Normandie, le 18 ou 19 janvier.