OM-Bordeaux : Lacrymos, stadiers chahutés, car caillassé… « Des broutilles », selon un ultra Bordelais

FOOTBALL Un car de supporters girondins a été caillassé par des Marseillais ce dimanche, avant OM-Bordeaux. Ces incidents sont jugés sans gravité par les supporters et certains agents de sécurité

Jean Saint-Marc et C.C.

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Du gaz lacrymogène flotte au-dessus de la pelouse du Vélodrome, avant OM-Bordeaux, le 8 décembre 2019.
Du gaz lacrymogène flotte au-dessus de la pelouse du Vélodrome, avant OM-Bordeaux, le 8 décembre 2019. — Daniel Cole/AP/SIPA
  • L’avant-match a été un peu tendu, voire musclé aux abords du Vélodrome, ce dimanche, avant OM-Bordeaux.
  • Un car de supporters bordelais a été caillassé par des Marseillais.
  • Il n’y a eu qu’une seule interpellation, indique la préfecture en fin de soirée.

« Ça chauffe là-bas, non ? » Il est minuit au Vélodrome et les stadiers restent vigilants, même à l’heure du débriefing de la soirée. Le petit groupe qu’ils aperçoivent sous les escaliers ? De joyeux loustics qui fêtent la victoire de l'OM face à Bordeaux​ ( 3-1) ce dimanche, en clôture de la 17e journée de Ligue 1. Quatre heures plus tôt, au même endroit, l’ambiance était plus tendue. Quatre heurts, plutôt.

Pour la première fois depuis 2015, 200 supporters girondins ont eu l’autorisation préfectorale de se rendre au Vélodrome. A leur arrivée, leur car est caillassé. Selon nos informations, il n’y a pas de blessé – en tout cas rien de grave. « Des broutilles », estime un supporter présent dans le bus, interrogé par 20 Minutes. « On en a vu d’autres », précise-t-il, avant de se refuser à davantage commenter ces incidents. Une forme de solidarité ultra, sans doute.

Un homme interpellé pour outrage

Elle s’exprime surtout dans les interviews, moins sur le terrain. Car dans la foulée de ce caillassage, les Bordelais tentent d’en découdre avec leurs rivaux marseillais. Cela « entraîne une intervention des forces de l’ordre », indique la préfecture de police. En clair : plusieurs grenades de gaz lacrymogène sont tirées. Des heurts éclatent entre policiers et supporters : l’un d’eux est interpellé pour outrage.

Dans la pagaille générale, moins de cent supporters marseillais foncent vers le stade et passent en force, en sautant par-dessus les barrières de sécurité. Quitte à malmener quelques stadiers, qui tentent de limiter les dégâts avec une ligne Maginot de poubelles. « C’est notre quotidien, c’est le boulot, sourit, après coup, un agent présent en première ligne. Quelques personnes ont profité de ce mouvement de foule pour rentrer dans le stade. Notre priorité était de protéger les familles et les enfants qui n’étaient pas encore rentrés. »

« Des gens font des malaises dans le stade ! »

En Jean-Bouin, un stadier s’échine à faire rentrer les journalistes, puisque du gaz lacrymogène rentre en masse dans le stade. Il est environ 20 heures. « Des gens font des malaises dans le stade, alors rentrez et allez au buffet », lance-t-il en direction des reporters radio qui bravent les effluves âcres. « Avec tout ce que l’on mange dans les manifs, on a l’habitude », note l’un d’eux, peu enclin à se mettre à l’abri.

Belsunce Breakdown, mythique morceau de Bouga, fait oublier la scène : les joueurs rentrent à l’échauffement, sous les sifflets des 200 Bordelais, bouillants, qui déploient une banderole : « Cinq ans après, vos idoles sont de retour. » Des insultes, notamment homophobes, fusent depuis le virage Nord.

Cinq ans sans déplacement à Marseille… Les ultras bordelais tenaient à marquer cet anniversaire. Quelques bougies sont donc allumées : des fumigènes sont craqués au moment de l’ouverture du score de Yacine Adli. Rien de plus ensuite, rien de bien grave, mais c’est peut-être déjà trop aux yeux des autorités sportives et policières. Les Bordelais reverront-ils le Vélodrome l’an prochain ?