OM-Bordeaux : La rivalité entre supporters marseillais et girondins est-elle désormais à sens unique ?

FOOTBALL Si les supporters bordelais sont toujours très attachés à la rivalité de leur club avec l’OM, ce n’est plus forcément le cas du côté marseillais

Clément Carpentier et J.S.-M.

— 

La rivalité entre les supporters marseillais et bordelais a bien évolué.
La rivalité entre les supporters marseillais et bordelais a bien évolué. — NICOLAS TUCAT - BORIS HORVAT / AFP
  • Très forte entre les deux clubs dans les années 1980 et 1990, la rivalité n’est plus la même aujourd’hui.
  • L’enjeu sportif donne une saveur particulière à OM-Bordeaux cette saison car les Marseillais sont deuxièmes et précèdent de cinq points les Girondins, troisièmes après 16 journées de Ligue 1.

Antoine ne manquerait pour rien au monde une opposition entre les Girondins de Bordeaux et l'OM. Mais vraiment rien. Cet inconditionnel supporter bordelais qui travaille régulièrement le week-end a pris une décision radicale cette saison : poser son dimanche. « Je vis trop mal ces deux matchs au bureau. L’année où Sanson marque dans les arrêts de jeu [1-1 au Matmut Atlantique en 2017], j’ai frappé tellement fort sur mon bureau que j’ai cru que je m’étais cassé la main. Impossible de la bouger sans avoir mal pendant deux jours. Ce soir-là, j’étais venu au taf avec un maillot des Girondins. »

Tout le monde aura donc compris l’importance de cette rencontre pour un supporter Marine et Blanc. Ils font d’ailleurs très souvent référence aux « sardines », le surnom qu’ils donnent aux Marseillais. Impossible pour eux de ne pas commenter, chaque week-end, les résultats de « l’ennemi historique », comme l’appelle Thibaud. En effet, l’OM et les Girondins vivent une rivalité qui a connu son apogée dans les années 1980 et 1990 avec Bernard Tapie et Claude Bez. Les « Jean-Michel Aulas » du XXe siècle prêts à mettre le feu aux poudres à tout instant alors que les deux clubs étaient régulièrement au sommet du football français.

Lyon a pris la place de Bordeaux à Marseille

Aujourd’hui, cette rivalité a bien changé. En tout cas d’un côté. « Objectivement, ce n’est pas une affiche plus excitante que les autres », avoue un membre du Virage Sud du Vélodrome. Pour les Marseillais, il y a Paris bien sûr mais aussi Lyon maintenant. Alors que pour Thibaud, c’est toujours la même chose : « Cette rivalité tient probablement plus du côté des Girondins car elle renvoie à une période dorée de l’histoire du club et surtout à cette incroyable série ! » Quarante-et-un ans d’invincibilité contre l’OM à domicile.

La ferveur n'est pas la même quand les Bordelais se déplacent à Marseille. L’année dernière, le match au Vélodrome, s’était même joué à huis clos dans la plus grande indifférence. S’il « existe encore une forme de rivalité historique » pour les autorités, le match de dimanche (21h) les préoccupe beaucoup moins que par le passé. Selon nos informations, le déplacement des 200 supporters bordelais sera « encadré » et un « arrêté de périmètre » a été pris par la préfecture de police de Marseille. Mais pas d’interdiction.

Les derniers graves incidents entre les deux adversaires remontent à 2009 : « On s’était fait méchamment caillasser à l’aller et surtout au retour. On avait quasiment fait le trajet retour sans vitre sur l’autoroute, avec simplement du scotch », se souvient Vincent. A l’époque, les Girondins venaient de remporter leur sixième titre de champion de France et brillaient sur le terrain.

Le sportif va-t-il réveiller cette rivalité ?

S’il y a une chose qui pourrait redonner à cette rivalité d’antan toute sa fougue et réveiller les Marseillais, ce sont les résultats sportifs. Dimanche (21h), OM-FCGB sera un vrai choc entre le deuxième et le troisième. Malgré cela, il ne faut pas compter sur André Villas-Boas pour mettre le feu : « Bordeaux fait partie des concurrents les plus réguliers en ce moment. Toutes les équipes sont plus ou moins proches, on peut prendre de la distance dans un championnat très resserré. » Son homologue portugais, Paulo Sousa, souffle (calmement) sur les braises et voit là un match « très excitant » à jouer face à un adversaire « très fort et motivé ».

Ce contexte sportif ravit les supporters des deux camps. Particulièrement ceux des Girondins, comme Alexandre : 

Ce classique a enfin plus de saveur cette saison car les deux équipes se suivent après on est qu’à la 16e journée. En revanche, si c’est toujours le cas au retour la pression sera énorme ! »

Mais les joies du calendrier font que les deux équipes se retrouveront dès le premier week-end de février au Matmut Atlantique et qu’il restera encore beaucoup de matchs après cela. Mais à Bordeaux, l’OM reste l’OM. Et même les Marseillais se chauffent, comme notre abonné du Virage Sud : « Ce n’est pas joli, mais il y a toujours un très fort plaisir à battre les p… (bip) bordelaises. »