OM-Brest : Gautier Larsonneur affronte son « modèle » Steve Mandanda, « de retour tout en haut »

FOOTBALL Le jeune gardien du Stade Brestois Gautier Larsonneur confie à « 20 Minutes » son admiration pour Steve Mandanda. Il rêve parfois de lui succéder un jour dans le but de l’OM, qui reçoit Brest ce vendredi

Jean Saint-Marc

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Steve Mandanda et Gautier Larsonneur se côtoient parfois lors des trêves.
Steve Mandanda et Gautier Larsonneur se côtoient parfois lors des trêves. — M. Le Pihif et J.E.E. / SIPA
  • Steve Mandanda est un « modèle » pour Gautier Larsonneur, jeune gardien du Stade Brestois. Il brille pour sa première saison en Ligue 1.
  • Gautier Larsonneur s’inspire des qualités de Steve Mandanda et rêve de lui succéder à l’OM, même s’il estime qu’il est trop tôt pour se projeter.

Gautier Larsonneur n’a jamais affronté l’OM, mais il a déjà perdu face à Steve Mandanda. Deux matchs, dont une défaite frustrante en trois sets. « On joue au padel ensemble, de temps en temps, quand je viens dans la région de Marseille, raconte à 20 Minutes le jeune gardien brestois. Steve est très solide au padel, mais la dernière fois, j’ai perdu bêtement. Alors j’espère prendre ma revanche vendredi soir au foot ! »

Avec ses 13 matchs de Ligue 1 au compteur, le gardien de 22 ans va débarquer au Vélodrome sans complexe, conscient qu’il sera accueilli « à la marseillaise » quand il va rentrer sur la pelouse en premier, pour l’échauffement. « On joue aussi au foot pour être chahuté, pour se faire chambrer et pour répondre sur le terrain », sourit Larsonneur, qui espère être « un de ces gardiens qui brille au Vélodrome. »

Face à son « modèle » et sous les yeux de ses parents

Ce sera pour lui un match particulier, face à « un des clubs qui est la vitrine du championnat de France sur le plan européen ». Un des clubs préféré de son père, marin-pêcheur au Conquet (Finistère), et qui a « connu les belles années de l’OM quand il était jeune. » Il sera présent au stade vendredi : les grandes marées empêchent le Flipper III de sortir pêcher les lottes et les crabes.

Autre enjeu de cet OM-Stade Brestois pour le jeune gardien breton : la comparaison avec le gardien marseillais Steve Mandanda, un de ses modèles à ce poste.

Ce serait être à côté de la plaque que de ne pas le prendre pour modèle ! Il fait preuve d’une longévité exceptionnelle. Malgré un coup de moins bien l’an dernier, il est de retour tout en haut. On peut s’inspirer de cela car malgré son âge, il s’est remis en question et a bossé comme un fou. Aujourd’hui, ça paye, et c’est grâce à lui que l’OM est deuxième. Je m’inspire aussi de l’aura qu’il dégage sur son équipe : c’est important qu’un gardien, en plus d’être décisif, ait une vraie influence, un leadership sur son équipe et sa défense. »

« Gautier a déjà ce côté leader, estime Sylvain Ripoll, qui l’a sélectionné à deux reprises en équipe de France espoirs. Il parle, replace, encourage et commande sa défense, et participe beaucoup à la vie du vestiaire ! » Larsonneur et Mandanda ont aussi des points communs techniques : « Ils vont très vite sur la ligne et ont une vraie qualité dans le jeu au pied », apprécie Sylvain Ripoll.

Hervé Auguste, un de formateurs de Gautier Larsonneur à l’US Plougonvelin, confirme : « Gautier et Steve Mandanda sont des gardiens très bons sur leurs lignes. Mais "Monsieur Mandanda" (sic) est très rassurant dans tout ce qui est aérien. Gautier a encore du boulot à faire là-dessus, dans l’appréciation des trajectoires. Il est moins complet. »

Les deux hommes appartiennent aussi à la paradoxale catégorie des gardiens plutôt « petits » (tout de même 1m81 pour Larsonneur et 1m85 pour Mandanda). Mais leurs gabarits sont très différents : « Mandanda est un gardien costaud, qui en impose physiquement quand il sort, reprend Hervé Auguste. Gautier doit encore prendre un peu de masse. »

Gautier Larsonneur, avec Moussa Dembélé et Colin Dagba, lors d'Angleterre-France U21.
Gautier Larsonneur, avec Moussa Dembélé et Colin Dagba, lors d'Angleterre-France U21. - Ciambelli / SIPA

Le jeune gardien brestois a conscience des progrès qu’il doit faire s’il veut prétendre au même genre de carrière que Steve Mandanda, qui va disputer vendredi son 411e match de Ligue 1 (et compte 32 sélections en équipe de France). « Je dois continuer à travailler dur pour gommer mes défauts », sourit l’international espoirs (2 capes). Pour un jour succéder à Steve Mandanda dans le but de l’OM ?

Comme tout joueur français, ça me fait rêver quand on parle de l’OM. Pour l’instant, je suis content d’être à Brest, c’est chez moi et le club répond à mon besoin de progression. Marseille est un club qui ne se refuse pas, mais avant ça, il y a beaucoup d’étapes à parcourir, peut-être dans d’autres clubs. Je n’ai fait que 15 (13 en fait) matchs en Ligue 1, ce n’est pas le moment de faire des plans sur la comète ! »

Pas le moment non plus d’aborder le sujet avec André Villas-Boas, « qui laisse la main à Andoni (Zubizaretta) et (Will) Coort pour le mercato des gardiens. » Il a tout de même repéré Larsonneur, grâce à qui « Brest sort bien du pressing, avec une obsession de jouer court et de repartir de lui. » « Ça va nous faire travailler », sourit « AVB », conscient que l’admiration de Larsonneur pour Mandanda sera oubliée pendant 90 minutes : « Ça ne va pas nous aider… Il va rester très compétitif ! » Comme au padel, en somme.