Equipe de France : « Ça me donne raison »… A la cave en juin, Mandanda retrouve un peu de lumière

FOOTBALL Le gardien de l'OM, de retour en bonne forme, profite de la blessure de Lloris pour enchaîner en Bleu comme cela ne lui était plus arrivé depuis bien longtemps

Nicolas Camus

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Steve Mandanda lors d'Islande-France en qualification à l'Euro 2020, le 11 octobre 2019.
Steve Mandanda lors d'Islande-France en qualification à l'Euro 2020, le 11 octobre 2019. — JONATHAN NACKSTRAND / AFP
  • L'équipe de France accueille la Moldavie, jeudi, en match de qualification à l'Euro 2020.
  • Comme le mois dernier, Steve Mandanda va garder le but des Bleus en l'absence de Hugo Lloris.
  • Non appelé en juin à l'issue d'une saison noire, le Marseillais revient à un très bon niveau.

A Clairefontaine,

Allez, une petite colle, là comme ça à froid. Depuis quand Steve Mandanda, qui devrait très (très) probablement garder le but des Bleus pour les deux derniers matchs de qualifications à l’Euro 2020 jeudi et dimanche, après l’avoir déjà fait contre l’Islande et la Turquie le mois dernier, n’a-t-il pas joué quatre matchs d’affilée en équipe de France ? Vous avez du mal à resituer le truc ? C’est un peu normal, il faut remonter à plus de dix ans en arrière, entre 2008 et 2009, à l’époque où le jeune gardien de l’OM démarrait en équipe de France avec un temps d’avance sur son (encore plus jeune) concurrent, Hugo Lloris.

Plus l’âge de se mettre la pression

Depuis, Mandanda a perdu la bataille et s’est mué en parfait numéro 2, ravalant sa frustration du début pour s’épanouir autant que possible dans ce rôle si particulier. Alors ces quatre matchs, il les prend à bras ouverts, mais sans que ça change quoi que ce soit à son état d’esprit au moment de débarquer à Clairefontaine. A 34 ans, il a passé l’âge de la petite boule au ventre qui s’installe quand on sait que cette fois on sera en première ligne.

« Dans mon esprit, c’est toujours la même chose : être performant, au service du collectif et avec comme objectif que l’équipe gagne, pose-t-il depuis le Château. Je suis le plus ancien de ce groupe et s’il y a pas mal d’écart entre les convocations et les sélections, je connais mon rôle depuis pas mal d’années. Je suis numéro 2, je dois répondre présent lorsque l’on fait appel à moi. Cela ne met pas davantage de pression car j’ai beaucoup d’expérience et d’années en Bleu. »

Merano, dodo, boulot

Ça c’est sûr. Mandanda est le dernier, avec Lloris justement, à tout connaître de l’histoire récente et mouvementée des Bleus, de Knysna au sacre de Moscou. Une histoire dont il a repris le fil en octobre, après un gros passage à vide la saison dernière. Perdu dans le marasme marseillais, empâté, plus jamais décisif ou presque, il avait fini par ne plus être appelé par Didier Deschamps, en juin. Un DD un peu vachard qui l’avait piqué deux mois après, lors de l’annonce de la liste pour les matchs de rentrée – pour lesquels Mandanda n’avait pas encore été rappelé –, en se disant « content de le revoir avec un physique de sportif de haut niveau ».

Depuis la reprise avec l’OM, le gardien va beaucoup mieux. Beaucoup de choses ont été écrites sur son retour en forme, dont chez nous. Un des éléments importants est la cure qu’il s’est offerte en juin au réputé centre de Merano, lieu prisé des footballeurs au beach body un peu écorné (Benzema ou Gignac y sont passés en leur temps).

« Ça a été un élément déclencheur, reconnaît-il. Derrière, ma non-sélection a été un peu dure, mais ça m’a permis de souffler, avec un bon mois de vacances, ce que je n’avais pas eu depuis longtemps. Je me suis aéré l’esprit, j’ai travaillé pour revenir dans de meilleures conditions, physiques et mentales. Aujourd’hui, ça me donne raison. »

On sent le gardien soulagé. Sous ses airs de grand sage que rien ne peut ébranler, il a douté. Eu peur de la pente descendante, que ça s’arrête avec les Bleus sans l’avoir choisi. « Oui, forcément, on doute toujours, dit-il. Après, j’avais en tête cet objectif de revenir. Il fallait tout faire pour. » En tout cas, il l’assure, Mandanda n’a jamais songé à dire stop avec les Bleus :

À aucun moment ça ne m’a traversé l’esprit. C’est un plaisir, un honneur de faire partie de ce groupe, de porter ce maillot. C’est une source de motivation supplémentaire pour être performant en club et d’avoir dans un coin de ma tête d’être présent aux rassemblements. »

Ses efforts ont été récompensés, et même un peu plus qu’il ne l’avait imaginé, après la grave blessure de Lloris début octobre. Mandanda est heureux d’être là pour dépanner, et, sait-on jamais, bouleverser la hiérar… hop hop hop on s’arrête tout de suite. « Hugo est notre capitaine, le numéro 1, et quand il reviendra, il va retrouver sa place, il n’y a aucun débat à ce sujet », évacue le Marseillais dans un large sourire.

Bon, au moins, il va pouvoir faire un peu gonfler ses stats, lui l’homme présent 134 fois sur la feuille de match sur les 158 matchs joués par l’équipe de France depuis qu’il a poussé la porte de Clairefontaine, en mai 2008. Pour combien de sélections ? On vous laisse avec cette deuxième colle, maintenant que vous êtes chauds.