Equipe de France: Olivier Giroud est toujours là, mais c’est la dernière fois (si rien ne change)

FOOTBALL L'attaquant des Bleus, qui n'a joué que 20 minutes avec Chelsea depuis le dernier match contre la Turquie, est en sursis

Nicolas Camus

— 

Didier Deschamps et Olivier Giroud lors de France-Pays-Bas, le 9 septembre 2018 au Stade de France.
Didier Deschamps et Olivier Giroud lors de France-Pays-Bas, le 9 septembre 2018 au Stade de France. — FRANCK FIFE / AFP
  • Didier Deschamps a donné sa liste pour les prochains matchs de l'équipe de France, contre la Moldavie puis l'Albanie.
  • Olivier Giroud, dont le temps de jeu est toujours famélique à Chelsea, en fait toujours partie.
  • C'était attendu pour ces matchs de novembre, mais si la situation n'évolue pas lors du prochain mercato d'hiver, DD sait qu'il sera bien obligé de s'en passer. 

On a fait semblant de croire, comme tout le monde, qu’il y avait un petit suspense. C’est vrai que sur le papier, il était plutôt légitime de se demander si Olivier Giroud, au temps de jeu toujours aussi famélique à Chelsea, allait être de nouveau appelé en équipe de France pour les matchs contre la Moldavie puis l’Albanie (14 et 17 novembre). Mais depuis toutes ces années, on peut humblement écrire qu’on commence à comprendre comment fonctionne Didier Deschamps. Et donc qu’on n’a jamais vraiment douté de la présence de l’homme aux 86 sélections en 98 matchs de l’ancien coach de l’OM à la tête des Bleus (95 caps en tout).

Voilà donc l’ancien Gunner mobilisé, malgré une feuille de stat qui en serait presque risible. Remarquez, 20 minutes passées sur le terrain depuis France-Turquie le 14 octobre, c’est toujours mieux que les 18 que lui avait accordées Frank Lampard entre les rassemblements de septembre et octobre. « Deux minutes de plus ! C’est énorme », a d’abord lancé DD, badin. Avant de reprendre plus sérieusement. « Sa situation n’a malheureusement pas évolué en sa faveur, mais il est là, parce que j’ai confiance en lui et par rapport ce qu’il a fait avant, notamment en octobre. »

C’est vrai que Giroud a l’art de se rendre indispensable. A défaut de pouvoir s’exprimer sur le terrain, l’attaquant s’entraîne d’arrache-pied et choie son corps pour arriver à Clairefontaine affûté comme un jeune premier. Même à court de rythme, c’est lui qui avait planté les deux buts des Bleus face à l’Islande (1-0) et la Turquie (1-1). « Il est important pour nous, il le prouve. Quand il marque, c’est évident, mais même quand il ne marque pas », estime le sélectionneur.

Voilà pour les louanges. Mais bien sûr, tout ça ne peut pas continuer éternellement. Des semaines qu’on en parle, le joueur le premier. Il est clair pour tout le monde que la situation n’allait pas bouger jusqu’à ce mois de novembre. En revanche, pour la suite, rien n’est écrit. A bien écouter Deschamps, c’est la dernière fois qu’Olivier Giroud peut faire ce coup.

« Ça lui est déjà arrivé d’être dans situations pas idéales, mais là… »

« Il le sait bien… pour le mois de mars, j’espère que sa situation en club sera meilleure. Il a besoin de temps de jeu, d’une activité sur le terrain plus importante que celle qu’il a sur ces deux derniers mois, prévient le sélectionneur. Ça lui est déjà arrivé d’être dans situations pas idéales, mais là depuis deux mois c’est vraiment très très réduit. »

Le deal semble limpide. S’il part en janvier et joue, il sera appelé. Sinon, Deschamps sera contraint de renoncer, alors que l’Euro arrive l’été prochain. Sachant que Chelsea, encore interdit de recrutement lors du mercato d’hiver, ne va pas le lâcher comme ça. Lampard l’a rappelé récemment. Est-ce que le sélectionneur est inquiet, au fond de lui ? La question lui a été posée telle quelle en conférence de presse. Voilà ce qu’il en dit :

« Je n’ai pas la réponse. C’est Olivier qui la détient, avec son club. Il n’est pas responsable de sa situation, il la subit. Lampard fait ses choix, qui lui donnent raison en plus. Mais évidemment que la situation est bien trop inconfortable pour Olivier, par rapport à ses objectifs personnels et l’équipe de France. Je ne vais pas anticiper, c’est à lui… Moi je ne le conseille pas, je lui dis ce qui est le mieux pour lui. Je vais pas m’inquiéter aujourd’hui, mais j’espère que vous n’aurez pas à me poser la question mi-mars. Ce serait bien. »

L’attaquant des Blues est en sursis, et il le sait. En voilà un qui a vraiment hâte que 2020 arrive.