France-Turquie : « Il est décisif à chaque fois »… Olivier Giroud, profession « fermeur de bouches »

FOOTBALL A peine entré en jeu, l’attaquant des Bleus a encore marqué face aux Turcs

Nicolas Camus

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Olivier Giroud a encore marqué lors de France-Turquie, le 14 octobre 2019 au Stade de France.
Olivier Giroud a encore marqué lors de France-Turquie, le 14 octobre 2019 au Stade de France. — Alain JOCARD / AFP
  • L’équipe de France a fait match nul contre la Turquie en qualifications à l’Euro 2020, lundi soir.
  • Remplaçant au coup d’envoi, Olivier Giroud a inscrit le but des Bleus à peine quelques minutes après être entré en jeu.
  • Alors qu’il ne joue plus jamais ou presque à Chelsea, l’attaquant prouve match après match qu’il reste indispensable en équipe nationale.

De notre envoyé spécial au Stade de France,

Une évidence. Mais alors, tellement énorme que quand son coup de caboche a fait trembler les filets, à la 76e minute de ce France-Turquie, ça n’a surpris personne. On l’avait tous vu venir à dix kilomètres exactement quatre minutes plus tôt, au moment où il est entré en jeu. Eh oui, comment aurait-il été possible qu’ Olivier Giroud, remplaçant au coup d’envoi, ne soit pas celui qui marque ce but qui ne voulait pas venir et qui envoie l’équipe de France à l’Euro ? « Vous êtes gentils les cocos, mais maintenant vous laissez faire les pros. »

Bon, l’égalisation turque quelques minutes plus tard n’était pas vraiment au programme, et alors que tout ça aurait dû se finir en tour d’honneur, torse nu sur un char romain (c’est comme ça qu’on l’imagine, on sait pas pourquoi), il faudra se contenter d’un 38e but en bleu qui le rapproche encore un peu plus de Platoche. Pas grave, Giroud sait bien qu’il est, encore, le grand gagnant de ce rassemblement.

La majorité des haters a beau avoir abandonné le combat il y a longtemps, le numéro 9 des Bleus continue de prendre son pied à narguer tout le monde. Avant ces deux matchs contre l’Islande et la Turquie, on parlait beaucoup de lui et de ses 118 microscopiques minutes disputées avec Chelsea​ depuis le début de saison, normalement incompatibles avec un statut d’international. La France était inquiète. Lui aussi, un peu. Résultat, il a inscrit les deux seuls buts de la sélection.

« Encore une fois, il montre que c’est un joueur très important pour nous, indique Moussa Sissoko. Malgré tous ses buts, il est tout le temps remis en cause. Est-ce qu’il doit être là ? Est-ce que c’est l’attaquant qu’il faut à l’équipe de France ? Nous, on est très contents de l’avoir parmi nous, et lui est très heureux d’être là. Il est décisif à chaque fois, même quand il ne marque pas il fait du gros boulot, il est toujours dans un bon état d’esprit. »

Un sourire, un clin d’œil, et roulez jeunesse

Benjamin Pavard et Antoine Griezmann ont dit grosso modo la même chose, le joueur du  Bayern Munich ajoutant quand même qu’il l’avait trouvé « frustré de ne pas commencer ». C’était l’une des interrogations de l’avant-match. Après 78 minutes face à l’Islande vendredi – ses premières en compétition depuis le 17 septembre –, Giroud pouvait-il remettre ça seulement trois jours après ? Après « une longue réflexion », DD a jugé que non, évoquant aussi « un petit souci au genou ».

Visiblement, l’intéressé n’était pas au courant de ce petit pépin. « Physiquement, je me sentais plutôt bien, mais le coach a pensé que… enfin, il doit savoir mieux que moi. » Hop, un sourire, un clin d’œil, et roulez jeunesse. Giroud a fait le taf en zone mixte, comme d’hab, en n’éludant aucune question sur son avenir. Voilà ce que ça donne :

Je vais me battre pour ma place à Chelsea, le coach le sait. Après, on verra en janvier. Partir ? Je n’en ai pas forcément envie, mais il y a des choses qui feront que. Je ne peux pas me contenter de ce que j’ai aujourd’hui à Chelsea. J’ai encore de belles années devant moi. J’ai 33 ans, mais encore des jambes et un profil qui me permettra de jouer encore quelques années au foot. Je me sens bien physiquement, j’ai une bonne hygiène de vie… J’ai envie de prendre du plaisir et de jouer plus de matchs. La priorité est de le faire à Chelsea, mais si on m’oblige à faire un choix je le ferai, comme quand je suis parti d’Arsenal. »

On peut lui faire confiance là-dessus. Il ne sait que trop bien ce qu’en pensent Deschamps et son staff. Rien d’autre ? Si, cette petite phrase, glissée juste après une question sur son début de match sur le banc. « Il y avait beaucoup de détermination dans ce coup de tête. » Tout le joueur est là, et ce n’est pas près de s’arrêter. C’est une évidence.