OM-Rennes : « Miracle », le « Steve Mandanda de la grande époque » est de retour à Marseille

FOOTBALL Steve Mandanda a encore sauvé la soirée de l'OM face à Rennes. Grâce à son double arrêt en fin de match, Marseille fait match nul (1-1) face aux Bretons 

Jean Saint-Marc

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Shady Steve is back !
Shady Steve is back ! — L. Urman / SIPA + Montage 20 Minutes
  • Steve Mandanda a retrouvé sa forme grâce à un régime et bénéficie de la confiance de son coach, André Villas-Boas.
  • La perspective de disputer l'Euro 2020 avec les Bleus le surmotive aussi pour faire une bonne saison, comme le fait de ne pas quitter Marseille sur une mauvaise note. 

En amour comme dans le journalisme, les textos envoyés à 23h15 sont rarement les plus fructueux. Et puis il y a ces moments de grâce où l’on vous rappelle à 23h30, avec ces doux mots en guise d’intro : « Bien sûr que je suis disponible pour une interview ! » L’homme au bout de fil s’appelle Philippe Leclerc et il a formé un certain Steve Mandanda à l’ALM Evreux. La dernière fois qu’on a eu Philippe Leclerc au téléphone, il avait assassiné son poulain, en train, selon lui, de « s'empâter » et de réaliser sa pire saison en Ligue 1.

Alors on voulait faire une mise à jour avec ce formateur bon client et toujours objectif. Et lui voulait, bien sûr, nous dire à quel point son avis avait changé. Car Steve Mandanda, 34 ans, est méconnaissable cette saison. La saison dernière, il était lent, peu inspiré et rarement décisif. Cette année, il enchaîne les performances de grande classe, comme ce dimanche face à Rennes. Son double arrêt face à Hunou, dans les dix dernières minutes, sauve la soirée marseillaise. Et Philippe Leclerc apprécie :

Il a retrouvé son explosivité, sa tonicité : il se relève très rapidement entre les deux arrêts. L’an dernier, je ne suis pas sûr qu’il se serait relevé… Je retrouve le Steve que j’ai connu à la grande époque ! Je l’avais critiqué la saison dernière, mais j’avais aussi annoncé qu’il reviendrait, qu’il ferait une grosse saison pour ne pas sortir par la petite porte, car il était vexé, très triste l’an dernier ! On y est.

Comment expliquer cette métamorphose ? Le passage, cet été, entre les mains des diététiciens et tortionnaires de Merano a bien sûr aidé : « Il a fait un régime, il a fondu… Je ne le reconnaissais pas quand il a repris le championnat », glisse Philippe Leclerc, qui estime qu’il y a aussi deux facteurs plus psychologiques :

  • « Le fait d’avoir récupéré le brassard de capitaine le pousse à refaire des performances, à sauver l’équipe ! »
  • « Il y a aussi l’Euro en fin de saison qui lui donne un surplus de motivation, il va tout faire pour montrer à Deschamps qu’il mérite d’être son numéro 2 ! »

L’entraîneur de l’OM André Villas-Boas ne dit pas autre chose : « Je pense qu’il mérite d’être appelé en sélection, c’est l’objectif final quand tu joues à ce niveau. » L’entraîneur s’est lancé dans une liste des exploits de Mandanda cette saison, en citant son arrêt « miraculeux » (sic), ce dimanche, face à Rennes ; ses deux gros arrêts en fin de match contre Dijon ; et, bien sûr, sa prestation XXL face à Nantes, avec quatre parades dans le dernier quart d’heure.

Ses statistiques s’en ressentent, évidemment. On a remis à jour ce graphique cruel réalisé l’an dernier, quand Steve Mandanda signait sa pire saison en France.

L’excellent début de saison de Mandanda à l’OM
Infogram

Le verdict est plutôt enthousiasmant : avec un but par match en moyenne, Mandanda est au-dessus de sa moyenne et sur les bases d’une bonne saison.

« Il tire sur moi ! »

Une histoire de « confiance » selon Villas-Boas, qui estime que son gardien, qui a « retrouvé son niveau », « est peut-être le meilleur joueur » marseillais de ce début de saison. Le public confirmera : le Vélodrome a entonné un chant à la gloire « d’Il Fenomeno », ce dimanche, et ça faisait un moment qu’on ne l’avait pas entendu. « Ça fait du bien, tant mieux pour moi, sourit Mandanda. Je remercie les supporters, même si j’aurais encore plus apprécié le chant avec une victoire. »

Et ce double arrêt face à Hunou, alors, vu de l’intérieur, ça donne quoi ? « Je me relève vite et j’anticipe sur ma gauche, main opposée. De temps en temps, il faut bien un peu de réussite », lâche le gardien. Modeste, évidemment : « C’était facile à arrêter, il tire sur moi », a-t-il lâché dans un grand éclat de rire. La meilleure preuve que le grand Mandanda est bel et bien de retour.