OM-OL : « Ils l’attendent ! » L’ambiance pour Rudi Garcia sera-t-elle comparable à celle pour Mathieu Valbuena ?

FOOTBALL L'atmosphère pourrait être électrique, ce dimanche (21h) au Vélodrome, lors d'OM-OL. Cinq mois et demi après son départ pour Lyon, Rudi Garcia fait son retour à Marseille

Jean Saint-Marc

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Rudi Garcia risque d'être chahuté pour son retour au Vélodrome.
Rudi Garcia risque d'être chahuté pour son retour au Vélodrome. — A. Franca / AP / SIPA
  • Les supporters de l’OM restent remontés contre leur ancien entraîneur, Rudi Garcia.
  • Mais ils assurent qu’ils seront surtout concentrés sur les festivités des 120 ans de l’OM, et notamment un tifo géant en début de rencontre.
  • Les stadiers restent toutefois très vigilants, surtout si l’OM, quatrième de Ligue 1, s’incline contre l’OL, dixième.

Dis, Rudi, quand reviendras-tu ? En mai dernier, de nombreux supporters de l’OM auraient aimé répondre « jamais » à cette mélodieuse question. Mais revoilà Garcia : il sera sur le banc de l’OL, dimanche (21h), pour un Olympico qui s’annonce électrique. « Ça va être un immense bordel, comme pour le retour de Mathieu Valbuena, prédit un stadier, sous couvert d’anonymat. Le virage Sud a annoncé la couleur samedi dernier avec les premiers chants contre Rudi Garcia. Ils l’attendent et ils ont prévu des choses ! »

Jusqu’à 64.000 supporters pourraient assister à cette affiche bouillante, programmée une veille de jour férié. Les forces de l’ordre seront sur les dents, mais le retour de Rudi Garcia n’est, pour eux, qu’un élément « annexe ». « L’antagonisme avec les Lyonnais, le cortège de supporters et, globalement, les festivités des 120 ans nous conduisent à prévoir un dispositif important », indique-t-on à la préfecture de police.

CRS et boucliers de protection

Entre trois et quatre cars de CRS devraient être présents, pour un total d’environ 300 policiers. L’OM a convoqué 850 stadiers et 170 agents d’accueil. Au total, ce sont donc 1.020 personnes qui assureront la sécurité et aideront à l’installation du tifo. Ils n’étaient que 860 samedi dernier face à Lille.

Selon un stadier, assez haut placé dans le dispositif, il y aura « une équipe autour du banc de Rudi Garcia, car même en tribune Jean-Bouin, les gens risquent de le chauffer. » Des boucliers de protection devraient être dégainés pour protéger les tireurs de corner et le gardien Anthony Lopes, détesté par les Marseillais. Deux moments sont jugés comme particulièrement à risque :

  • L’arrivée du bus des Lyonnais. Selon nos informations, l’OL aurait choisi de venir avec le bus habituel, et non dans un car banalisé, comme le recommandaient les policiers marseillais.
  • La fin de rencontre en cas de défaite de l’OM. « C’est là que ça peut mal tourner », glisse un stadier. La baston entre Adil Rami et Anthony Lopes, en mars 2018, a marqué les esprits, comme les tentatives d’envahissement de la pelouse et les échauffourées sur le parvis après l’Olympico de mai 2019, perdu 3-0 par l’OM.
     

Pour l’OM, c’est un « sujet de préoccupation ». Parce que le club veut éviter les sanctions en cas de violences ou d’exubérances pyrotechniques, bien sûr. Mais aussi car ce match doit être un des sommets des festivités des 120 ans du club, avec un tifo géant sur les trois quarts du stade. Une animation financée par l’OM, qui s’inquiète : « Ce serait vraiment dommage si après ce match, on ne retenait que quatre banderoles contre Rudi Garcia plutôt qu'un tifo sur lequel les groupes travaillent depuis des semaines. »

L'OM se passerait bien d'une violente polémique, comme en 2015, avec le célèbre « pendu » représentant Valbuena. « Mais le départ de Mathieu avait vraiment été ressenti comme une trahison par les supporters, alors que Rudi, ils n’en voulaient plus », se rassure cette même source olympienne.

Les dirigeants marseillais, qui ont dû scruter de près la conférence de presse de leur ancien employé, vendredi, ont pu être rassurés en voyant que Garcia refusait d'entrer dans le jeu de la surrenchère. « C'est un match OM-OL, ce n'est pas un match Marseille-Garcia, a-t-il mis au clair dès le début de sa prise de parole. Je ne répondrais qu'à des questions de terrain. Je suis dans l'état d'esprit de l'entraîneur d'une équipe qui va beaucoup mieux et qui va jouer un match à l'extérieur contre une très bonne équipe ».

« Avec lui, ça dépasse la raison, avoue Daniel, membre des Fanatics. Je n’imagine même pas l’état dans lequel on sera si on n’arrive pas à le battre. » Damien, abonné en Ganay, prévient : « Ça va être un moment difficile pour Rudi Garcia, ça va être très rude. » Un mélange de « fête et de haine », selon Yannick, membre du Commando Ultra 84. « Une union de tous les groupes pour un tifo, c’est rarissime, donc j’espère que la fête prendra le dessus, poursuit-il. Mais nous, les Ultras, nous sommes têtus : si ça se passe mal, la banderole “direction démission” ressortira. »

Les relations entre le CU84 et l’OM sont tendues. Le spectacle son et lumière d’avant-match agace les Ultras, qui sont aussi montés au créneau après que le club a facturé plus de 6.000 euros au groupe pour des taches de peinture dans le virage. Mais pour cet OM-OL, « priorité aux 120 ans de l’institution, dont on ne soutient pas la direction », résume un ancien du virage Sud. Les rimes sont riches aussi du côté des South Winners : « Rudi Garcia nous a escroqués, il va escroquer Aulas, mais on s’en bat les couilles, lance Rachid Zeroual. On est dans les festivités, pas l’animosité. »