Incidents OM-OL: Les Marseillais ont-ils tout fait pour que le retour de Valbuena se passe mal?

FOOTBALL La tension n’a cessé d’augmenter à l’approche du match…

N.C.

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Mathieu Valbuena va tenter de tirer un corner lors d'OM-OL, le 20 septembre 2015 au stade Vélodrome de Marseille.
Mathieu Valbuena va tenter de tirer un corner lors d'OM-OL, le 20 septembre 2015 au stade Vélodrome de Marseille. — FRANCK PENNANT / AFP

La bronca, les tacles violents, les jets de projectiles… C’est un euphémisme de dire que le retour de Mathieu Valbuena au Vélodrome, dimanche soir, n’a pas été une partie de plaisir. Mais la tension cristallisée autour de l’ancien joueur de l’OM a débordé. Chauffé à blanc, le public a explosé à l’heure de jeu après un penalty non sifflé en faveur des Marseillais, entraînant l’interruption du match pendant 20 minutes, les réactions indignées des responsables du foot français et les querelles de cour de récré entre les deux présidents. Et une question : les Marseillais, avant même le début du match, ont-ils créé un climat propice à ces débordements ?

Pour Jean-Michel Aulas, il n’y a pas débat. « Des dirigeants de Marseille portent une responsabilité incroyable, dans l’organisation d’un match au cours duquel on a vu des bouteilles en verre et des fumigènes percuter des joueurs, a-t-il attaqué. Et des affiches anti-Valbuena, ainsi qu’un pendu qui est resté tout le match. »

Si le président lyonnais est dans son rôle en disant cela, l’attitude des Marseillais laisse effectivement perplexe. Pas besoin d’avoir bac +16 pour savoir que le meneur de jeu des Bleus n’allait pas être accueilli avec des petits mots doux là où il a pourtant brillé huit saisons. Le père du joueur avait d’ailleurs préféré ne pas se rendre au stade.

Au lieu de calmer le jeu et de parler ballon, le président Labrune ne s’est pas privé de mettre un petit taquet à son ancien joueur samedi dans L’Equipe Mag, lorsqu’a été évoquée la question du retrait du numéro 28 (celui que portait Petit vélo). « Non, non. On avait envisagé de le retirer, c’est vrai, mais on ne l’a jamais fait. D’ailleurs, il n’a jamais vraiment fait ses adieux au Stade Vélodrome », a répondu le boss olympien.

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Plus étonnants encore, les propos de Michel en conférence de presse d’avant-match. « Ne prenez pas mal ce que je vais dire mais Valbuena a quand même cherché des histoires en passant comme ça de l’OM à l’OL, a lâché le coach espagnol, qui ne doit pourtant pas en connaître bien long sur le passif entre les deux clubs. Quand un joueur passe chez le rival, c’est évident qu’il ne va pas recevoir des bonbons. » Mais bien sûr, « l’exemple doit venir d’en haut », tout ça tout ça.

Finalement, ce sont les joueurs eux-mêmes qui ont tenté de désamorcer la bombe qui menaçait d’exploser. « Je pense qu’il ne faut pas le siffler, expliquait ainsi Benjamin Mendy jeudi soir. Il a fait de très belles années ici, c’est un très bon joueur. » Même son de cloche chez Steve Mandanda. « Je ne pense pas que Mathieu doive être sifflé. Il a tellement apporté au club, il a tellement donné, qu’il ne mérite pas ça. J’espère qu’il sera applaudi, et pas l’inverse », aspirait le capitaine. En vain. Les supporters étaient affûtés pour l’événement.

A la décharge des dirigeants, il faut toutefois noter que 150 stadiers supplémentaires avaient été déployés dimanche soir, selon La Provence. Une attention particulière était portée au niveau des poteaux de corners, avec 25 d’entre eux positionnés aux quatre coins du terrain.

Sauf qu’un autre détail interpelle. Toujours selon le quotidien marseillais, le directeur de l’organisation et de la sécurité de l’OM, Guy Cazadamont, n’était pas là. En fait, depuis le début de cette saison, « son périmètre d’action a en effet été réduit par le club aux rencontres à l’extérieur », écrit le journal. Ce qui pourrait expliquer, en partie, pourquoi il y a eu « un dysfonctionnement important dans les fouilles », selon les mots utilisés par le préfet des Bouches-du-Rhône ce lundi. Et comment des bouteilles en verre et des bouchons en plastique ont pu être introduits dans les tribunes.