VIDEO. OM-OL: Bus caillassé, début d'envahissement, lacrymos... Olympico tumultueux à Marseille

FOOTBALL Des affrontements entre forces de l'ordre et supporters de l'OM ont éclaté après la défaite de Marseille face à Lyon (0-3)

Au stade Vélodrome, Jean Saint-Marc

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Les affrontements ont débuté dans le stade.
Les affrontements ont débuté dans le stade. — G. Julien / AFP
  • Huit personnes ont été interpellées ce dimanche à l'intérieur et aux abords du Vélodrome.
  • Les supporters de l’OM, très agacés par la 19e défaite de leur équipe cette saison, ont laissé éclater leur rage au coup de sifflet final.

Le commissaire divisionnaire Philippe Combaz avait annoncé à ses hommes qu’ils se coucheraient « très tôt lundi matin. » Il a vu juste. De nombreux heurts ont émaillé durant la nuit, après la défaite de l'OM face au rival lyonnais ( 0-3), ce dimanche. Huit personnes ont été interpellées, dont quatre à l'intérieur du stade, lors de cette chaude soirée. Récit. 

Prologue : un Vélodrome impétueux, le bus de l’OL caillassé

Les Winners avaient annoncé leurs festivités d’anniversaire. Les autres groupes affutaient leurs banderoles. Tout le monde a tenu parole. Le Commando Ultra 84 a fait très fort avec une vingtaine de banderoles déclinant à l’infini le thème du « project ». « Tisane project », « naufrage project », « faillite project », etc. : vous avez saisi l’idée. « Le tout s’est soldé par un immense « Eyraud dehors ».

Du meilleur effet sous la demi-douzaine de fumigènes et les pots de fumée orange craqués chez les South Winners. Pendant ce temps, au Nord, ce n’étaient pas les corons, c’était le boxon. Les toujours poètes Fanatics lançaient un magistral : « Vous n’avez ni les épaules ni les couilles pour porter notre maillot, cassez-vous. » Sans compter la banderole de la Vieille Garde, censurée :

Notons aussi, pour en finir avec cet avant-match tendu, que le bus de l’OL a été caillassé par des Marseillais. Une vitre a été fissurée, personne n’a été blessé, mais Jean-Michel Aulas était fou de rage à son arrivée au Vélodrome.

Acte 1 : des broncas, des chants et une tentative d’envahissement

Le nom de Rudi Garcia a été copieusement sifflé lors de la présentation des équipes. Mais le Vélodrome a commencé le match en étant plutôt bienveillant avec son équipe. Le climat s’est progressivement tendu à partir de l’ouverture du score du Lyonnais Cornet, à la 24e. Les premiers « Garcia démission » ont alors retenti.

La deuxième mi-temps, avec des buts de Dembélé (84e) et de nouveau Cornet (86e) a, elle, été électrique. Juste après ce but, marqué devant le Virage Nord, des membres des Fanatics, des Dodgers et des MTP se sont précipités en bas de leur tribune et ont tenté d’enfoncer les barrières de sécurité.

Une des trois compagnies de CRS présente est immédiatement entrée dans le stade. Avec l’appui de la SIR (section d’intervention rapide), les CRS ont contenu les supporters. Quelques minutes après le coup de sifflet final, des fans bouillants ont tout de même réussi à enfoncer la barrière. Plusieurs grenades lacrymogènes ont été tirées, ce qui a définitivement mis fin à la tentative, conclue par le jet d’un fumigène sur la pelouse.

Des CRS se placent en bas des virages du Vélodrome.
Des CRS se placent en bas des virages du Vélodrome. - G. Julien / AFP

Comme en miroir, des lacrymos ont aussi été tirées dans le Virage Sud, sans que l’on puisse, depuis la tribune de presse, comprendre pourquoi. Elles ont provoqué un grand mouvement de foule.

Acte 2 : des affrontements sur le parvis, la présidentielle confinée

Les échauffourées se sont alors déplacées sur le parvis. Plusieurs centaines de supporters de l’OM s’en sont pris aux policiers, qui ont répliqué en tirant de nombreuses grenades lacrymogènes et des grenades désencerclantes. Nous avons filmé la scène depuis le septième étage du Vélodrome :

Face à des supporters qui menaçaient d’envahir la tribune présidentielle, les forces de l’ordre ont décidé de confiner les spectateurs à l’intérieur de la tribune Jean-Bouin. Les contestataires ont progressivement été repoussés sous les escaliers du parvis, puis dispersés. Au moins sept personnes ont été interpellées, principalement pour des jets de projectile. Il s'agit d'un premier bilan à minuit, « mais ça va sans doute augmenter », nous assurait une source policière, injoignable plus tard dans la nuit. Ils ne seront au final que huit dans les geôles du commissariat du Vélodrome.

Acte 3 : les joueurs marseillais coincés dans leur parking

Minuit 15. La légende du basket Tony Parker prend la pose avec la légende du micro Avi Assouly. Jean-Michel Aulas squatte la zone mixte du Vélodrome. Les Olympiens, eux, glandent autour de leurs voitures. Interdiction de sortir. Alexandre Neyton, qui gère la sécurité de l’équipe pro, reçoit un message sur son talkie-walkie.

« On a un feu vert, ils peuvent rentrer en voiture », nous lâche cet ancien de la DGSE… avant de remarquer que l’on est journaliste. Le taiseux Neyton s’éloigne et annonce la nouvelle à Luiz Gustavo, Valère Germain ou Nemanja Radonjic.

Le chauffeur du bus a fait le trajet pour rien. Si le climat est à l’émeute, un car est la seule solution pour exfiltrer les joueurs du Vélodrome. Ce n’était pas nécessaire ce dimanche. Mais le chauffeur peut déjà bloquer sa soirée du vendredi 24 mai. Car il n’est pas sûr qu’OM-Montpellier se terminera dans le calme…