OM-PSG féminin : Les South Winners ont pimenté un classico facilement gagné par le PSG

FOOTBALL Malgré le soutien bouillant d’une grosse centaine de South Winners et de plus de 600 supporters, au total, les Marseillaises se sont lourdement inclinées face au PSG, ce dimanche (0-5)

Jean Saint-Marc

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Des groupes de supporters ont mis une belle ambiance lors d'OM-PSG féminin.
Des groupes de supporters ont mis une belle ambiance lors d'OM-PSG féminin. — P. Magoni / SIPA
  • L'OM a battu son record d'affluence pour la réception du PSG, ce dimanche.
  • Malgré le soutien bruyant des South Winners, les Marseillaises se sont inclinées 5-0. 

Ils sont arrivés en retard. Sont repartis en avance. Mais de la 5e à la 50e minute, les South Winners ont pimenté un classico féminin à l’intérêt sportif incertain : le PSG, qui marche sur la D1, a écrasé (0-5) un OM qui lutte pour le maintien. A l’heure du bilan, l’entraîneur de l’OM Christophe Parra* affichait donc un sourire poli, entre fatalisme et satisfaction : « C’est toujours désagréable de perdre, surtout avec autant de largesses, mais on peut remercier les supporters présents. »

Ils étaient plus de 650, la jauge (théorique) de l’OM Campus. Les places étaient gratuites, ce dimanche, et le service de sécurité a été dépassé à l’arrivée d’une centaine de membres des South Winners (accompagnés de quelques membres d’autres groupes, notamment des Dodgers). Un sac à dos, plein à craquer de pétards, fumigènes et autres feux d’artifice, s’est donc glissé dans l’enceinte.

« Faut se calmer ! »

Une grande première pour le public, plutôt familial, des matchs de football féminin à Marseille. Il est assez rare de voir à l’OM Campus un agent de sécurité rappliquer de toute urgence avec un extincteur. Ou d’entendre un pétard claquer sous la tribune. « Woooh, faut se calmer, c’est pas le Vélodrome, ici », lance un habitué. « Ça va, Micka ? » s’enquiert soudain une joueuse blessée, présente en tribune : l’ailière Mickaella Cardia se tient l’oreille après qu’un pétard a claqué tout près d’elle.

« Rien de choquant, non, les joueuses savent faire abstraction de cela », estime Christophe Parra, qui glisse que « c’est toujours important, les premières. » Il rappelle, aussi, que des groupes ultras réservent régulièrement des accueils musclés à ses joueuses, à Paris ou Bordeaux, par exemple. Depuis 2010, le Collectif Ultra Paris donne de la voix lors des matchs des joueuses du PSG. A Marseille, c’était une première pour les « Winners » Azyz, Hamid et « Gu le Terrible »**.

C’était comment, messieurs ? « On ne regarde jamais le match, de toute façon, même au Vélodrome », nous dit le premier à la mi-temps, un joint au bec. « Eyraud démission », glisse le second, sans que cela n’ait vraiment de rapport avec la choucroute. « On vient représenter les gamines qui se bougent le cul pour l’OM, plus que certains garçons », conclut « Gu le Terrible ».

« On s’est dit : "on va prendre l’air !" »

Toute la bande a quitté le stade en début de deuxième mi-temps, après des palabres avec des policiers agacés par le spectacle pyrotechnique (et par des chants hostiles). Depuis les rues voisines, les South Winners ont encore envoyé deux ou trois feux d’artifice dans le ciel de Mazargues, avant de retourner préparer le tifo géant qui sera déployé pour OM-OL, le 10 novembre. « Ça fait une semaine qu’on travaille au parc Chanot », explique Rachid Zeroual, le boss du groupe, le plus gros du Vélodrome avec 7.200 membres. Il poursuit :

On s’est dit : "on va prendre l’air, ça va nous faire du bien de crier pour notre équipe", vu que nous sommes interdits de déplacement pour le classico (masculin). On va marquer les esprits ici, avec nos chants, nos fumis, nos pétards, nos drapeaux, bref, tout le pataquès des supporters de Marseille. »

Mission accomplie, clairement : les esprits sont marqués, même si certains ne peuvent s’empêcher de ronchonner. Réponse d’une joueuse marseillaise, présente dans la zone VIP/tribune de presse : « Les gars, vous râlez quand il n’y a pas de supporters… Alors commencez pas à vous plaindre quand ils sont là ! »

* Nous n’avons pas pu interviewer les joueuses de l’OM, le club ayant décidé de n’envoyer que l’entraîneur auprès des médias présents en zone mixte.

** Des pseudos, vous l’aurez compris.