Tour de France 2019: Des féministes dénoncent la présence de femmes «potiches» sur les podiums

CYCLISME «Les femmes ne sont pas des prix, des récompenses»

20 Minutes avec AFP

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Julian Alaphilippe recevant son maillot jaune
Julian Alaphilippe recevant son maillot jaune — SIPA

Des militantes féministes ont réclamé mercredi la fin de la « tradition sexiste » qui consiste selon elles à confier à des hôtesses le soin de monter chaque soir sur le podium du Tour de France pour remettre des récompenses aux coureurs.

« Les femmes ne sont pas des prix, des récompenses, des potiches, ou des objets sexuels. Ce sont des athlètes et leur place est sur le podium en tant que sportives, et pas en tant que récompense », a résumé la militante Fatima Benomar, dans une vidéo postée sur Facebook, où on la voit manifester devant le siège d’ASO, l’organisateur de la plus grande course cycliste au monde.

Sur le site change.org, une pétition demandant la « fin des hôtesses de podium » sur le Tour de France avait recueilli mercredi plus de 28.000 signatures.

ASO ne commente pas

« Un bouquet de fleurs, une douche de champagne, un maillot de vainqueur… Et une femme légèrement vêtue qui donne aux trois meilleurs cyclistes un baiser sur la joue comme pour couronner leur gloire. Est-ce vraiment indispensable que cela fasse partie d’une cérémonie de remise de prix ? », s’interrogent les auteurs de cette pétition. Pour elles, « le vent a tourné et nous devrions rompre avec cette tradition sexiste dans le cyclisme ».

Interrogé par l’AFP, ASO s’est refusé à tout commentaire.

En avril 2018, la société avait innové lors de la Flèche Wallonne, classique cycliste qui voit se succéder deux courses, une pour les hommes et l’autre pour les femmes. Le podium avait alors réuni les deux sexes, avec un homme pour récompenser la lauréate et une femme pour honorer le vainqueur.

« Pour les courses masculines comme le Tour de France, on restera avec les hôtesses », avait alors cependant indiqué à l’AFP le directeur du Tour, Christian Prudhomme.

L’an dernier également, la Mairie de Paris avait indiqué qu’elle ne voulait plus d’hôtesses « potiches » embrassant le vainqueur du Tour de France sur les Champs-Élysées, un « stéréotype sexiste » selon elle, sans que ces remarques soient suivies d’effet.