Mercato OL: Détrompez-vous, Nabil Fekir «va s’éclater» dans un rôle inattendu de «patron du Betis»

FOOTBALL L’ex-capitaine de l’OL Nabil Fekir est vivement critiqué depuis lundi pour son choix de rejoindre le Betis Séville, 10e de la dernière Liga. Il y a pourtant matière à être séduit par cette première aventure loin de Lyon pour « Nabilon »

Jérémy Laugier

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Nabil Fekir a été présenté sous ses nouvelles couleurs du Betis Séville dans la nuit de lundi à mardi via Twitter.
Nabil Fekir a été présenté sous ses nouvelles couleurs du Betis Séville dans la nuit de lundi à mardi via Twitter. — Site officiel du Betis
  • Depuis la nuit de lundi à mardi, l’ancien capitaine de l’OL Nabil Fekir est officiellement un joueur du Betis Séville.
  • Si ce transfert peut sembler très étonnant, il ne peut pas être qualifié de choix de carrière manqué à coup sûr pour le milieu offensif de 26 ans, en difficulté la saison passée.
  • « Des fois, il vaut mieux faire un petit pas de recul pour sauter plus loin », suggère notamment l’ancien entraîneur de Nabil Fekir en U19 nationaux à Saint-Priest, Robert Mouangué, au sujet de ce transfert plutôt rafraîchissant dans le fond.

« Depuis tout petit, le club de mes rêves est le FC Barcelone. Si j’ai la chance d’y aller un jour, l’histoire serait magnifique. » En mai 2015, après une première saison épatante en Ligue 1, Nabil Fekir dévoilait à 21 ans toute son ambition dans un entretien à 20 Minutes. Quatre années plus tard, le meneur de jeu de l’OL, devenu champion du monde avec les Bleus, va bien découvrir la Liga. Mais le prestige de la destination, le Betis Séville, lui vaut un paquet de railleries depuis lundi, pour la 10e place du club andalou la saison passée mais aussi pour son maillot vert.

Peut-on tout de même imaginer qu’après une seule saison accomplie (2017-2018) dans son club formateur depuis sa rupture des ligaments croisés du genou droit, en septembre 2015, le Betis puisse être une vraie belle opportunité de rebond pour lui ? Voire carrément un meilleur endroit pour se régaler que le Liverpool de Jürgen Klopp qu’il avait failli rejoindre par la grande porte un an plus tôt ?

« Récupérer les clés du jeu au Betis va lui donner une confiance incroyable »

Même s’il aurait bien imaginé « l’extraordinaire doublette Lacazette-Fekir reconstituée à Arsenal », son ancien entraîneur en U19 nationaux à Saint-Priest (Rhône), Robert Mouangué, le pense sans hésiter : « Avec ses dernières saisons en dents de scie, Nabil n’aurait jamais eu de garanties de temps de jeu dans un club de la dimension du Real, du Barça ou de Liverpool. Il a 26 ans et il ne peut pas se permettre de ne pas jouer souvent. Nabil a besoin de se sentir aimé. On a vu comment le brassard de capitaine l’avait par exemple reboosté en 2017 à l’OL. Vu le compétiteur que c’est, il doit vouloir être un acteur majeur sur le terrain. Là, il récupère les clés du jeu au Betis et il va se sentir le patron d’une équipe. Ça va lui donner une confiance incroyable ».

Le club andalou, plus connu pour sa ferveur populaire que pour ses coups d’éclat sur la scène européenne (une participation en Ligue des champions en 2005-2006 et quatre 8es de finale de Ligue Europa entre 1995 et 2014) semble également un choix cohérent pour Kemil Sebaa, l’un des meilleurs amis de « Nabilon » en 2010-2011 à l’AS Saint-Priest.

Sur la longueur, il serait capable de s’imposer n’importe où, y compris à Liverpool. Mais le destin en a voulu autrement jusque-là. Il va s’éclater à Séville, dans une belle ville et un championnat plus prestigieux que la Ligue 1. C’est simple, Nabil s’épanouit quand il touche beaucoup le ballon et je le vois bien tout exploser en Liga, où il va peut-être pouvoir davantage préserver son corps qu’en Premier League. »

« Le choix de vie » de la famille Fekir

Ce corps qui a fait tiquer les Reds lors de la visite médicale l’été dernier, suscite toujours des interrogations pour un joueur qui n’a disputé que 40 % de ses matchs de L1 en intégralité au cours des trois dernières saisons. Les nombreux observateurs critiquant le choix de club de l’international tricolore (21 sélections) s’étonnent aussi de la présence du frère cadet Yassin (22 ans, une apparition en L1) dans le transfert entre l’OL et le Betis.

« La famille Fekir est très soudée et c’est un choix de vie qui a été fait », glisse Kemil Sebaa. « C’est bien trop facile de juger Nabil pour ça, d’autres ne se gêneraient pas pour en faire de même dans des négociations. Ça ne regarde qu’eux », complète Robert Mouangué. Pour lui, « parfois, il vaut mieux faire un petit pas de recul pour sauter plus loin ».

« Il s’oriente plus vers la carrière de Ben Arfa que vers Barcelone »

Si Nabil Fekir s’est engagé jusqu’en 2023 avec le club sévillan, cette première saison sera déjà déterminante selon l’actuel directeur sportif de l’AS Saint-Priest. « S’il réussit au Betis, il rebondira vite dans un plus grand club, comme va le faire cet été Giovanni Lo Celso [ex-milieu du PSG, attendu à Tottenham après une seule saison au Betis]. Et s’il se loupe, il pourrait devenir le nouvel Hatem Ben Arfa. » La comparaison avec un autre ancien talentueux gaucher lyonnais n’est pas innocente.

« Nabil a toujours eu un club préféré, le Barça, et un joueur préféré, Hatem Ben Arfa, confie Kemil Sebaa. Je pense qu’il s’oriente plus vers la carrière de Ben Arfa que vers Barcelone. Il dégage un peu cette image de joueur incompris à qui on met des bâtons dans les roues. Mais les gens ne se rendent pas compte qu’à 17 ans, Nabil n’était même pas dans un club professionnel. Regardez tout ce qu’il a réussi depuis, il est carrément devenu champion du monde. »