Olympique Lyonnais: «Je sais où je veux aller», confie Nabil Fekir

FOOTBALL Le meilleur espoir de L1 fait le bilan de sa saison dans une interview à «20 Minutes». Il évoque avec sincérité sa trajectoire supersonique dans l'élite et son ambition de rejoindre un jour le club de ses rêves...

Propos recueillis par Jérémy Laugier

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Nabil Fekir confie «aimer défendre et faire les efforts pour (ses) coéquipiers».
Nabil Fekir confie «aimer défendre et faire les efforts pour (ses) coéquipiers». — David Vincent/AP/SIPA

Nabil Fekir a eu beau affronter de plein fouet la spirale médiatique pour sa première saison comme titulaire en L1, il reste ce gamin de 21 ans s’amusant samedi à Gerland en accompagnant au tambour le célèbre « Ahou » du Virage Nord.

« Apparemment je m’en suis bien sorti », sourit le meilleur espoir du championnat (13 buts et 9 passes), qui a accordé une interview à 20 Minutes ce jeudi. Le virtuose lyonnais dresse un bilan lucide et ambitieux de son incroyable année.

En juillet dernier, vous aviez confié à 20 Minutes vouloir « être patient », au vu de la concurrence avec Clément Grenier et Yoann Gourcuff notamment…

Finalement, je n’ai pas eu à être patient. J’ai beaucoup travaillé et je pense que c’est bien mérité. Je ne pensais pas vivre tout ça en un an. C’est quelque chose de très rare dans le football, d’autant que j’ai pu être sélectionné en équipe de France espoirs puis en A dans la même année. Je suis conscient de ce que j’ai fait mais je ne vais pas m’arrêter là.

Quel est le match dont vous vous sentez le plus fier cette saison ?

(Sans hésiter) A Montpellier (1-5) car je sortais de deux matchs moyens. J’ai été décisif et ça m’a permis de faire taire les critiques.

Ce match est aussi arrivé en pleine période où votre choix d’équipe nationale était extrêmement médiatisé…

C’est ça, j’ai aussi pu montrer que j’encaissais bien la pression.

Quel est le contexte le plus dur à gérer entre cet épisode France-Algérie et les interrogations autour de votre revalorisation de contrat ?

Aucun des deux franchement. Tout au long de l’année, je ne me suis pas pris la tête. J’ai essayé de jouer mon football sans penser à tout ça.

Avez-vous rêvé jusqu’au bout de ce titre de champion de France ?

Sincèrement, j’y ai pensé, on ne va pas se mentir. Mais on savait tous que ça allait être très compliqué, d’autant plus que les Parisiens ont fait un très bon parcours en 2015. En voyant leur deuxième partie de saison, ce n’est pas une si grosse déception que ça. Deuxième, c’est pas mal…

Seriez-vous le même joueur si vous n’aviez pas dû quitter le centre de formation de l’OL pour évoluer au FC Vaulx et à Saint-Priest (de 15 à 18 ans) ?

Peut-être qu’en restant au centre de formation, on m’aurait demandé de jouer plus simple. Me connaissant, je ne pense pas que mon style de jeu aurait changé. Mais c’est sûr qu’à Vaulx et à Saint-Priest, j’étais très libre sur le terrain.

Pouvez-vous désormais l’être autant avec l’OL que Lionel Messi au Barça ?

En général, le coach me laisse une grande liberté. Mais non, Messi marche beaucoup sur le terrain. Moi, je ne peux pas me le permettre. J’aime défendre et faire les efforts pour mes coéquipiers.

Vous avez connu un petit creux en fin de saison. Comment expliquez-vous votre mal-être face à Reims et Evian, malgré deux nettes victoires ?

Je n’aime pas sortir même quand je ne suis pas terrible comme à Reims. Contre Evian, je pense que j’ai un peu forcé et on me l’a reproché. Ça s’est vu que je voulais marquer. Je suis d’ailleurs allé m’excuser auprès de « Momo » Yattara car j’aurais pu le faire marquer. Je suis encore un jeune joueur et je dois corriger cela.

Que souhaitez-vous justement améliorer dans votre jeu ?

Il faut que je sois plus rigoureux dans mes transitions défensives. J’ai encore une grosse marge de progression dans tous les autres domaines aussi.

Après une telle saison, les vacances devraient être appréciées, non ?

Oui, il faut bien couper pour revenir encore meilleur l’année prochaine. Elles vont faire du bien ces vacances (sourire).

Avant cela, vous devriez signer une revalorisation de votre contrat (jusqu’en 2019). Demandez-vous vraiment une augmentation par dix de votre salaire (de 40.000 à 400.000 euros) ?

Je ne vais pas me prononcer là-dessus, je vais laisser le suspense (sourire gêné). Ce n’est pas moi qui m’en occupe. Ça va se régler avec mon conseiller dans les semaines à venir.

Serez-vous bien lyonnais à la reprise ?

Oui, mon avenir passe par une année de plus à jouer la Ligue des champions à Lyon. Ça sera fabuleux de disputer cette compétition ici. Et après, on verra bien.

Comment imaginez-vous votre carrière dans cinq ans ?

Je vais essayer de gagner pas mal de titres, collectifs et individuels. Depuis tout petit, le club de mes rêves est le FC Barcelone. Si j’ai la chance d’y aller un jour, l’histoire serait magnifique.

Quand vous étiez en U19 à Saint-Priest en 2010-2011, rêviez-vous encore de pouvoir jouer un jour au Camp Nou ?

Ouh la, non. Même l’OL, c’était déjà compliqué d’y penser. Ça, c’est fait et j’en profite beaucoup. Mais je ne perds pas le fil et je sais où je veux aller.