FC Nantes: Halilhodzic- Kita, ça brûle... La comédie a assez duré non?

FOOTBALL Lundi soir, l'entraîneur nantais s'est lâché après le premier match de préparation

David Phelippeau

— 

Vahid Halilhodzic et Franck Kita, DG du FCN.
Vahid Halilhodzic et Franck Kita, DG du FCN. — Sebastien SALOM-GOMIS / AFP
  • Lundi soir, à l'issue du match de préparation gagné (1-0) contre le Stade Nyonnais, Vahid Halilhodzic a pointé du doigt l'attitude de sa direction pendant le mercato.
  • Des propos qui viennent raviver les tensions qui sont patentes depuis déjà plusieurs mois entre les deux parties.

Tout cela était écrit. Tellement prévisible. Après le succès étriqué (1-0) du FCN contre le FC Stade Nyonnais, une D4 suisse lundi soir, lors de son premier match de préparation, Vahid Halilhodzic a (enfin) parlé. Jusqu’alors et depuis la reprise (le 26 juin), il s’était muré dans le silence. Et ça arrangeait bien la direction du FCN tant on sait que le technicien bosnien est capable de laver son linge sale en public.

Lundi soir, juste après le match, il a asséné entre autres à Ouest-France, présent au stage : « Je suis un peu inquiet. Il faut trouver 8 ou 9 joueurs, la plupart titulaires. Je ne connais pas les joueurs qui vont venir. » Comme souvent au FCN, le mercato engendre ou ravive les tensions – c’est au choix – entre la direction et le coach.

Un état des lieux inchangé

La discorde entre Vahid Halilhodzic et le clan Kita ne date pas d’aujourd’hui. A l’issue de la dernière journée, beaucoup se demandaient comment la collaboration allait bien pouvoir se poursuivre. L’état des lieux n’a pas bougé d’un iota. D’un côté, il y a un coach qui se sait plus voulu, qui balance sur sa direction dès qu’il en a l’occasion, qui n’a pas envie de démissionner (son salaire mensuel est compris entre 150.000 et 200.000 euros bruts). De l’autre, une direction – surtout Franck Kita, le directeur général délégué qui gère en grande partie le mercato – a une aversion grandissante pour son technicien, mais affirme encore et toujours ne pas vouloir faire de chèque pour le remercier.

Depuis quelques semaines, le mercato est donc passé par là. Et comme beaucoup le pressentaient, il n’a pas apaisé la situation. Les points de désaccord sont légion sur les joueurs. « S’il y a un projet pour réussir mes idées et si on écoute Vahid, pourquoi ne pas rester ? », lâchait fin avril Halilhodzic. Lundi soir, le technicien bosnien a confié qu’il n’était pas décideur. « On a proposé pas mal de joueurs [à la direction], aucun n’est venu », a-t-il lâché. On comprend mieux l’accueil très froid qu’il a réservé à Appiah et Lafont… Ce week-end, devant un groupe médusé, il a fait part de ses états d’âme en martelant que la direction lui mentait sur beaucoup de sujets. Comment ses joueurs ont reçu ses propos sur la nécessité de recruter « 8 à 9 titulaires » ? A priori mal. Des déclarations qui viennent confirmer que Vahid Halilhodzic a une confiance très limitée en les jeunes pousses, qui sont très nombreuses actuellement en stage.

Une situation en interne préoccupante à seulement un mois de la reprise

De son côté, la direction affirme que le coach est associé au recrutement, mais regrette qu’il infuse des dossiers pas toujours simples à réaliser (immédiatement) et parfois très chers (Saïd de Dijon, Wamangituka du Paris FC ou encore des pépites étrangères etc.).

« Ça ne va pas pouvoir tenir longtemps… », estime un proche du vestiaire. Un autre regrette que le club soit « pris en otage ». Le Maroc est évidemment une possibilité de rebond pour l’entraîneur nantais. « Je ne suis pas au courant de ça… », a pourtant indiqué coach Vahid à Ouest-France. En attendant, le premier match de championnat à Lille c’est presque tout pile dans un mois…