VIDEO. Stade Toulousain-Clermont: Petit mais génial… Et si Cheslin Kolbe faisait basculer la finale?

RUGBY Malgré son gabarit plus que modeste à ce niveau, l’ailier du Stade Toulousain Cheslin Kolbe détient peut-être les clés de la finale du Top 14, ce samedi contre Clermont

Nicolas Stival

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L'arrière-ailier du Stade Toulousain Cheslin Kolbe contre Clermont en Top 14, le 14 avril 2019 au Stadium de Toulouse.
L'arrière-ailier du Stade Toulousain Cheslin Kolbe contre Clermont en Top 14, le 14 avril 2019 au Stadium de Toulouse. — Pascal Pavani / AFP
  • En dépit de ses 71 kg pour 1,75 m, l’arrière-ailier Cheslin Kolbe est peut-être le meilleur joueur du monde à son (ou ses) poste(s).
  • Le Sud-Africain sera l’un des principaux atouts du Stade Toulousain ce samedi contre Clermont, en finale du Top 14.

Le génie de Cheslin Kolbe, c’est de rendre l’exceptionnel quasiment ordinaire. Prenez son essai contre La Rochelle, samedi en demi-finale du Top 14 (20-6). L'arrière du Stade Toulousain est servi par Sofiane Guitoune à l’entrée des 22 mètres adverses, côté droit, tout près de la touche. Deux secondes plus tard, après avoir mystifié quatre adversaires, il aplatit dans l’en-but.

C’est magnifique, mais ce n’est même plus étonnant avec lui, tant le Sud-Africain de 25 ans a multiplié ce type d’exploits depuis son arrivée à Toulouse, à l’été 2017. Et tous les supporters Rouge et Noir en attendent un nouveau – au moins – samedi en finale contre Clermont.

Pourtant, avec son 1,71 m et ses 75 kg casque compris, Kolbe affiche l’un des gabarits les plus modestes du Top 14 et du rugby international, plutôt adepte du « plus haut, plus fort ». Même à l’arrière ou sur les ailes, depuis le « pionnier » néo-zélandais John Kirwan, relayé par la légende Jonah Lomu, jusqu’au Gallois George North ou au colossal Fidjien de Montpellier Nemani Nadolo (1,94 m, 130 kg).

« Kolbe prouve qu’on peut bien jouer au rugby en ayant des neurones et en les faisant fonctionner, se félicite Pierre Villepreux, ancien arrière classieux du Stade Toulousain et du XV de France, devenu entraîneur à succès puis sélectionneur des Bleus (1996-1999). Le tout physique a du plomb dans l’aile. Entre un joueur physique et un autre intelligent, je prends le second, même s’il a un gabarit inférieur. Cela a toujours été vrai, même si on a eu tendance à l’oublier. »

Héritier de Villepreux dans la quête d’un jeu de mouvement, Ugo Mola pointait voici quelques semaines « un mec différent et une vraie bonne nouvelle pour les écoles de rugby en France ». « C’est l’antinomie du rugby qu’on nous a vendu pendant des années, poursuivait l’entraîneur toulousain. C’est un garçon d’1,71 m et de 75 kg tout mouillé. Mais quand on voit sa capacité à gagner ses duels, à franchir, et aussi à défendre, ce qu’on oublie souvent de relever chez lui… »

Déjà brillant en avril face à Clermont

Kolbe ne se cache pas face à un adversaire plus costaud que lui, c’est-à-dire 99 % des joueurs du championnat de France ou de Champions Cup. Mais c’est malgré tout son talent offensif qui en fait un joueur si spécial. En attendant les retrouvailles au Stade de France l’ASM en a déjà fait l’expérience lors du match échevelé du 14 avril dernier (47-44), avec un essai réussi par le zébulon toulousain, malgré une glissade initiale à 25 mètres de l’en-but auvergnat.

« Même quand rien ne se passe, même quand le jeu est à l’arrêt, il crée une situation et la rend favorable », confiait déjà Julien Candelon la saison dernière à 20 Minutes. Ancien ailier dépassant à peine 1,70 m, international à XV et à VII, l’actuel consultant de beIN Sports parlait en expert.

« C’est un joueur très entreprenant, confirme Pierre Villepreux. Il n’est pas inquiet au moment de prendre des décisions dans une situation périlleuse. Et avec ses qualités d’intelligence et de vitesse, ça assure le spectacle. »

Même les Springboks, qui ont longtemps snobé cet arrière-ailier trop éloigné de leurs standards, ont fini par repêcher Kolbe l’été dernier. Le Toulousain aux désormais sept sélections peut donc rêver de la Coupe du monde au Japon (20 septembre-2 novembre). Où il pourra peut-être prouver qu’il est bien l’un des meilleurs, sinon le meilleur de la planète à son poste.