VIDEO. Stade Toulousain: Spectaculaire et efficace... Cheslin Kolbe, une belle raison d'adorer le rugby

RUGBY Depuis son arrivée l’été dernier, le petit ailier du Stade Toulousain multiplie les prouesses, grâce à ses extraordinaires appuis. Un régal pour les yeux…

Nicolas Stival

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Cheslin Kolbe, l'insaisissable ailier du Stade Toulousain, sur la pelouse des Cardiff Blues en Challenge Européen, le 14 janvier 2018.
Cheslin Kolbe, l'insaisissable ailier du Stade Toulousain, sur la pelouse des Cardiff Blues en Challenge Européen, le 14 janvier 2018. — In Motion / Shutterstock / Sipa
  • Anciens ailiers internationaux, Cédric Heymans et Julien Candelon couvrent d’éloges Cheslin Kolbe.
  • Fabien Pelous, son « découvreur » en France, insiste sur le caractère complet de son jeu.

Samedi à Jean-Bouin, Cheslin Kolbe a inscrit ses huitième et neuvième essais de la saison en Top 14. Mais l’ailier ou arrière du Stade Toulousain a surtout ébloui par ses appuis déroutants, qui ont donné quelques tours de reins côté Stade Français. Demandez à Jules Plisson ou Willem Alberts par exemple, estoqués par un tour de passe-passe de la pile électrique sud-africaine… Depuis son arrivée l’été dernier, l’international à VII (24 ans) n’en finit plus d’éclabousser les pelouses françaises de sa classe, inversement proportionnelle à son gabarit (un petit 1,71 m, pour 80 kg).

« J’ai parié qu’il allait être la révélation de la saison, voire le meilleur joueur, sourit Fabien Pelous. Pour le côté révélation, je pense que c’est déjà le cas. Pour le reste, je ne désespère pas, selon ce que donnent les phases finales. »

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Pelous a découvert la pépite lors de la Coupe du monde des moins de 20 ans, en 2013. Comme victime de Kolbe, puisque l’ancien capitaine du XV de France (43 ans, 118 sélections) était alors le manager des Bleuets, battus par les Baby Boks en poule (19-26)... Quatre ans plus tard, Pelous, devenu directeur sportif du Stade, a fait signer le Sud-Africain. « La priorité, c’était Antoine Dupont et ensuite, lorsque s’est posé le problème de renforcer le fond de terrain, on est allés le voir. »

Bingo ! « Dans le petit périmètre, en un contre un, il n’a pas d’équivalent », assure Cédric Heymans. Ancien ailier virevoltant, lui aussi, l’actuel consultant pour Canal + (39 ans) avoue se « régaler à commenter » les matchs de Kolbe. « Il trouve des solutions là où il n’y en a pas », ajoute l’ex-international aux 59 sélections.

Julien Candelon ne dit pas autre chose. Fraîchement retraité, l’ex-international à XV (deux sélections) et surtout à VII (43 tournois) a affronté le phénomène dans cette dernière discipline, que Kolbe a pratiquée jusqu’aux JO de Rio en 2016, médaille de bronze à la clé. « Après le Mondial U20, on redoutait pour nos articulations qu’il fasse un passage par le VII », s’amuse le consultant sur beIN Sports (37 ans) et ancien Stadiste (1997-2003), qui apprécie le joueur et l’homme, « un bon mec », plutôt réservé.

« Il a "assis" pas mal de monde. Ses changements d’appuis sont assassins. Même quand rien ne se passe, même quand le jeu est à l’arrêt, il crée une situation et la rend favorable. Si le Stade Toulousain retrouve des couleurs cette saison, il n’y est pas pour rien. »

« Oui, il fait partie des éléments déclencheurs du renouveau de l’équipe, acquiesce Heymans, Toulousain de 2001 à 2011. Il ne tient pas en place et se propose aux quatre coins du terrain. Il a aussi une faculté à prendre des décisions hyper rapidement. »

Cheslin Kolbe dans ses oeuvres, le 24 mars 2018 sur la pelouse du Stade Français.
Cheslin Kolbe dans ses oeuvres, le 24 mars 2018 sur la pelouse du Stade Français. - Ch. Saïdi / Sipa

Alors que le « rentre-dedans » semble devenu la norme chez certains trois-quarts – beaucoup même — le jeu de Kolbe réjouit la rétine. Et pas seulement celle des nostalgiques d’une époque fantasmée où les arrières « faisaient chanter le cuir » parce que « la balle à l’aile, la vie est belle ». Le joueur frisson du Top 14 rappelle d’autres « little big men », comme Christophe Dominici ou le Gallois Shane Williams.

« Il est encore plus explosif qu’eux, corrige Pelous, aujourd’hui chargé d'une mission sur la formation au sein du Stade. On met en exergue ses crochets dévastateurs, mais ses qualités défensives sont aussi assez exceptionnelles. Il est vraiment très complet. »

Il défend, il saute et il peut même buter !

Performant sur les ballons aériens malgré sa taille, Kolbe peut également dépanner comme buteur, selon son entraîneur Ugo Mola. N’en jetez plus ! Le Stade Toulousain remercie encore l’encadrement des Springboks qui a toujours snobé le natif de Kraaifontein, ce qui a précipité son exil vers la France, où des compatriotes au profil similaire ont déjà zébré les pelouses : Breyton Paulse, Brent Russell ou Gio Aplon. Mais Cheslin Kolbe va vraiment trop vite. En quelques mois à peine, il a dépassé ses glorieux aînés qui tranchaient déjà avec le style souvent bien moins aérien du joueur sud-africain.