Désavouée sur le cas Semenya, la Fédération internationale veut «continuer à se battre»

ATHLETISME Selon elle, le taux de testostérone élevé de la Sud-Africaine lui offre un avantage injuste par rapport aux autres femmes

N.C. avec AFP

— 

Caster Semenya a été autorisée à courir sans prendre de traitement par le Tribunal fédéral suisse.
Caster Semenya a été autorisée à courir sans prendre de traitement par le Tribunal fédéral suisse. — Karim JAAFAR / AFP

La Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) a vivement réagi mardi à la suspension provisoire de son règlement concernant les athlètes hyperandrogènes comme Caster Semenya, indiquant qu'elle «continuerait à se battre» pour «l'égalité» des femmes dans le monde du sport.

Le combat juridique continue

«Aucune autre athlète» n'est concernée par la suspension du règlement, précise l'IAAF dans un communiqué. Seule la double championne olympique du 800 m Caster Semenya est donc autorisée pour l'instant à concourir sans prendre de traitement. La Sud-Africaine a confirmé sa participation au meeting de Montreuil le 11 juin, sur 2.000 m.

Le nouveau règlement de l'IAAF a été suspendu de façon «super-provisoire» lundi par le Tribunal fédéral suisse, devant lequel Caster Semenya avait fait appel de la décision du Tribunal arbitral du sport (TAS) du 1er mai. Le TAS avait estimé que le règlement devait s'appliquer.

Depuis le 8 mai, certaines athlètes présentant une différence du développement sexuel (DSD) doivent suivre un traitement pour faire baisser un taux de testostérone élevé qui, selon l'IAAF, leur offre un avantage injuste dans la catégorie féminine. Les athlètes concernées doivent faire baisser leur taux de testostérone pendant six mois consécutifs avant de pouvoir participer à une compétition internationale du 400 m au mile (1.609 m).

«Se battre pour l'égalité des chances de toutes les femmes»

Le Tribunal fédéral suisse a donné jusqu'au 25 juin à l'IAAF pour avancer ses arguments, indique l'institution. Il décidera ensuite du maintien ou non de la suspension du règlement. Dans un deuxième temps, qui peut prendre plusieurs mois, le tribunal, qui ne juge pas sur le fond de l'affaire mais sur la forme, comme par exemple le non-respect des droits de la défense, se prononcera sur l'appel de Caster Semenya.

«L'IAAF va continuer à se battre pour l'égalité des chances de toutes les femmes dans le sport aujourd'hui et dans le futur», a souligné la Fédération. Caster Semenya exige de pouvoir continuer sa prolifique carrière sur 800 m sans prendre de traitement, jugeant le règlement «discriminatoire».