Les Yankee étaient placés dans le bas du virage nord.
Les Yankee étaient placés dans le bas du virage nord. — Claude Paris/AP/SIPA

JUSTICE

Litige avec l'OM: Les Yankee ne réintégreront pas le Vélodrome... mais sont «satisfaits» par ce jugement

Alors que trois des quatre griefs de l'OM ont été jugés irrecevables par le juge, le groupe de supporters du virage nord du Vélodrome estime que le quatrième sera balayé en appel

  • Le tribunal de grande instance a donné raison à l’OM et débouté les Yankee ce mardi : ils ne pourront pas réintégrer le virage nord du Vélodrome.
  • Paradoxalement, les Yankee sont satisfaits : le juge leur a donné raison sur trois des quatre points soulevés et l’OM doit leur rembourser plus de 30.000 euros.

Certains ex-membres des Yankee n’en ont pas dormi de la nuit. « J’ai le démon », lançait un supporter ce mardi matin, en attendant la décision du tribunal de grande instance de Marseille. Elle est tombée en fin de matinée et n’a fait qu’aggraver la rage de notre supporter anonyme : les Yankee sont déboutés. Le TGI a décidé de ne pas forcer l'OM​ à rétablir la convention qui faisait des Yankee une association officielle, apte à commercialiser des abonnements.

« Figure-toi qu’on est extrêmement satisfaits par ce délibéré », nous a au contraire confiés, à notre grande surprise, le porte-parole des Yankee Nord Guillaume Barthélémy. Le juge a en effet estimé que la requête de réintégration du groupe de supporters était recevable. Et, surtout, il a « balayé d’un revers de main » trois des quatre griefs de l’OM.

Trois des quatre griefs balayés

L’atteinte à l’image de l’OM avec l’affaire de la carte bleue volée par des jeunes filles après une soirée arrosée ? « L’atteinte n’est pas démontrée », assure le juge. L’interminable polémique autour d’un  tifo publicitaire pour Netflix, grâce auquel les Yankee auraient touché une jolie piécette ? L’OM « avait connaissance de la mise en place de ce tifo », écrit le magistrat, qui précise « que la partie n’apporte pas la preuve que l’association a effectivement perçu une rémunération pour ce tifo. » Et les dettes des Yankee auprès de l’OM ? Elles ne « constituent pas un manquement contractuel grave », et donc suffisant pour résilier la convention. Ce que l’OM a fait, unilatéralement, en juin 2018.

Le seul grief jugé légitime est la vente de bracelets pour accéder au stade le soir d’OM-OL : seul le club est en droit de produire des billets (les groupes ne sont que des intermédiaires). Les Yankee ont, selon le juge, « mis en place un système de vente de moyens d’accès au stade parallèle » et donc « fait preuve de déloyauté contractuelle. »

32.000 euros pour les Yankee

Un motif suffisant, selon la cour, pour rompre le contrat… Les Yankee sont donc déboutés. Mais satisfaits. « Il ne reste plus que l’histoire des bracelets, reprend Guillaume Barthélémy. Et on a porté plainte au pénal là-dessus pour dénonciation calomnieuse. La plainte au pénal de l’OM pour escroquerie et abus de confiance n’avance pas, il n’y a strictement rien dans le dossier. Donc on n’a plus que ça à démontrer devant la cour d’appel. » Car les Yankee ont évidemment fait appel de ce premier jugement.

Un jugement qui leur accorde aussi 32.924 euros, au titre d’une dette ancienne due par l'OM (qui n'a pas souhaité répondre à nos questions). En revanche, les supporters ne retrouveront pas leur virage nord. « C’est sûr que ça, c’est une déception, conclut Guillaume Barthélémy. C’est l’histoire du pot de terre contre le pot de fer. Mais on se bat – et on va continuer de se battre – pour la liberté d’exercer notre profession de supporter ! »