OM: Pourquoi Marseille marquait trois quarts de ses buts devant le virage Sud cette saison?

FOOTBALL Marseille a battu Montpellier (1-0), ce vendredi. Thauvin a marqué face au virage Sud. Un grand classique, cette saison, pour un OM «hémiplégique» au Vélodrome

Au stade Vélodrome, Jean Saint-Marc

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Mario Balotelli célèbre un but face au virage Sud. Il a inscrit tous ses buts, cette saison, de ce côté du Vélodrome.
Mario Balotelli célèbre un but face au virage Sud. Il a inscrit tous ses buts, cette saison, de ce côté du Vélodrome. — C. Simon / AFP
  • Les joueurs et le staff n’expliquent pas vraiment pourquoi l’OM marquait 77 % de ses buts face au virage Sud, cette saison, au Vélodrome.
  • Pour certains supporters, c’est car le bas du virage Nord est trop calme. D’autres, dans le virage Sud, refusent de faire de telles conclusions.

C’est peut-être une question de feng shui. Selon cet art ancestral chinois « une circulation fluide de l’énergie dans l’univers nous permet de vivre en harmonie avec l’environnement terrestre. » Au Vélodrome, l’énergie circule dans un seul sens, cette saison : vers le virage Sud. Le dernier match de la saison face à Montpellier, ce vendredi, l’a prouvé. En battant les Héraultais (1-0, Thauvin), l'OM a inscrit son 23e but face au virage Sud. Pour sept petites réalisations côté Nord.

 

 
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C’était écrit en tout petit, mais vous avez bien lu : les attaquants marseillais marquent donc 77 % de leurs buts, cette saison, face au virage Sud des South Winners et du Commando Ultra 84. « Je ne sais pas comment l’expliquer, mais ce qui est sûr, c’est que nous serions mieux placés en classement si l’on marquait autant du côté Nord », a lâché Rudi Garcia, dans une de ses tautologies dont il a (vait) le secret.

« J’ai marqué un but face au virage Nord, mais la VAR me l’a refusé, donc ce n’est pas de ma faute », s’est marré Mario Balotelli, quand on lui a fait remarquer qu’il avait inscrit ses sept buts au Vélodrome devant le virage Sud. « Aucune idée d'explication », a soupiré Valère Germain quand on lui a posé la question : « Mais on tâchera de faire mieux devant le virage Nord l’an prochain », a-t-il promis.

« Hémiplégique au Vélodrome »

Car « c’est une stat' inquiétante, rappelle justement Marwen Belkaid, supporter de l’OM qui a relevé ce phénomène sur Twitter. La proportion est tellement énorme que ça interpelle forcément. C’est une stat' sur un petit échantillon, mais l’équipe semble hémiplégique au Vélodrome. »

On lui a demandé, à lui aussi, s’il voyait une explication. Une hypothèse semble évidente : le virage Sud est le plus bruyant, le plus chaud, surtout depuis que le bas du virage Nord est occupé par le très passif Club des Amis de l’OM.

C’est dû en partie au bas du virage Nord qui est complètement amorphe, c’est certain, reprend Marwen. Je n’ai rien contre le CAOM, mais ce qui me dérange, c’est qu’ils occupent tout le bas du virage Nord ! »

Et qu’ils cassent, donc, l’ambiance mise par les groupes placés dans la partie supérieure, notamment les bouillants Fanatics ou les très chauds MTP (Marseille Trop Puissant). Les Yankee étaient certes agités, mais ils faisaient aussi beaucoup de bruit. Ils pourraient d’ailleurs être réintégrés par le tribunal au mois de juin, après une saison hors du virage Nord du Vélodrome.

En 2013, l’association rennaise Rouge Mémoire a analysé 171 matchs disputés au stade de la route de Lorient afin de savoir, là aussi, si Rennes marquait plus face à son kop. La réponse est positive : 59 % des buts sont marqués face à la tribune Mordelles. Explication : le capitaine Romain Danzé choisissait, quand il gagnait le toss, de terminer le match face au kop, afin d’être soutenu au maximum par les plus chauds de ses supporters.

Un pilier du virage Sud sceptique

Une théorie qui s’appliquerait aussi à Marseille ? « Je suis sceptique, lance un des piliers du virage Sud. C’est un peu la stat' qui tue, c’est peut-être juste un hasard ! Je pense évidemment que le soutien d’un stade est déterminant mais j’ai pas l’impression que par nos chants on les fasse marquer devant nous. Mais je suis peut-être trop modeste… »

On n’a pas osé soumettre à cet ultra de la première génération notre théorie du feng shui dans le stade… Et le voilà, de lui-même, qui embraye sur les vents dominants au Vélodrome. En blaguant, évidemment : « Normalement, vu qu’on les pousse, on devrait les aider à marquer devant le virage Nord, non ? »